Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Grèce (suite)

• 1912-13 : la première guerre balkanique se solde par des succès pour les Grecs, qui prennent Ioánnina Párgha, Sámos et surtout Thessalonique (ou Salonique) [nov. 1912], qui est d’ailleurs à l’origine de difficultés entre les Alliés. Finalement, au traité de Londres (30 mai 1913), la Turquie laisse les îles égéennes à la disposition des puissances et cède la Macédoine à la ligue balkanique. Mais la mésentente s’installe au sein de celle-ci ; la répartition entre les vainqueurs des territoires conquis sur les Turcs se révèle en effet difficile, si bien que la Bulgarie, poussée par l’Autriche, attaque ses anciens alliés (juin) et aussi la Turquie et la Roumanie.

• 18 mars 1913 : assassinat de Georges Ier à Thessalonique ; son fils Constantin Ier lui succède.

• 1913 : la seconde guerre balkanique se termine dès août 1913 par la défaite des Bulgares et la signature du traité de Bucarest (10 août), qui assure à la Grèce une grande partie de la Macédoine avec Thessalonique (Salonique), la Chalcidique, Kavála, l’Épire méridionale, la Crète et les îles de Sámos, de Khíos, de Mytilíni et de Limnos.

• 1914-15 : l’union des Grecs se défait lors de la Première Guerre mondiale. Les germanophiles se groupent derrière le roi, d’ailleurs partisan de la neutralité grecque ; les républicains, derrière Venizélos, sont favorables à l’Entente. La crise éclate en septembre 1915, quand la Bulgarie mobilise contre la Serbie ; Venizélos avait dû démissionner (6 mars), mais il était revenu dès août à la faveur des élections : il avait alors secrètement conseillé aux Alliés de débarquer à Thessalonique, ne protestant ensuite que pour la forme.

• 5 octobre 1915 : Venizélos est remplacé par Zaímis, puis, par Stéfanos Skouloúdhis (1838-1928), qui maintient une neutralité favorable aux Empires centraux. Le roi dissout la Chambre ; les libéraux s’abstiennent aux élections de décembre. Les Alliés multiplient les ultimatums à la Grèce.

• Septembre 1916 : Venizélos constitue à Thessalonique un gouvernement républicain. Le roi songe à une alliance avec les Empires centraux ; le 1er décembre, les troupes alliées, qui avaient débarqué au Pirée, font feu sur les troupes royales. Des partisans du roi organisent une guérilla en Thessalie.

• 1917 : le général Sarrail occupe la Thessalie (mai) et exige l’abdication de Constantin, qui se soumet (juin) ; celui-ci est remplacé par son second fils, Alexandre, qui rappelle Venizélos : ce dernier déclare la guerre aux Empires centraux (29 juin).

• 1917-18 : dix divisions grecques renforcent le corps expéditionnaire français en Macédoine ; les forces helléniques participent activement à l’offensive finale, puis à l’expédition française en Ukraine (déc.).

• 1919 : délégué à la conférence de la paix à Paris, Venizélos obtient la présence de troupes grecques à Smyrne (Izmir) [mai 1919] ; des gains territoriaux sont obtenus par lui lors de la signature du traité de Neuilly avec la Bulgarie, en novembre (Thrace occidentale et une zone de la côte égéenne), et du traité de Sèvres avec la Turquie, en août 1920 (Thrace orientale, îles d’Imroz [Imbros] et de Bozcaada [Tenedos]).

• 1920 : Venizélos dissout la Chambre (sept.) ; Alexandre Ier meurt (oct.) ; « le grand Crétois », battu aux élections, s’installe à Paris. Un plébiscite rappelle Constantin Ier (déc).

• Janvier 1921 : poussé par les Alliés, le Premier ministre Dhimítrios Ghoúnaris (1867-1922) lance une offensive générale en Anatolie. Commence alors la guerre gréco-turque (1921-22), marquée par d’éclatants succès (Inönü, Afyonkarahisar) de l’armée turque, animée par le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal*.

• 1922 : la cavalerie kémaliste entre à Smyrne (9 sept.) ; à Athènes, une révolution éclate (26 sept.), qui remplace Constantin Ier par son fils Georges II ; Ghoúnaris et les généraux tenus responsables de la défaite sont exécutés (nov.).

• 1923 : au traité de Lausanne (24 juill.), la Grèce doit renoncer à Smyrne (Izmir) ainsi qu’à la Thrace à l’est de la rivière Evros et accepter d’échanger les minorités avec les Turcs : 1 500 000 réfugiés grecs doivent ainsi être assimilés par une Grèce exsangue. C’est la fin de la « Grande Idée ». Le 18 décembre, le général Nikólaos Plastíras (1883-1953) oblige le roi Georges II à quitter le pays, tandis que des élections sort un gouvernement constitutionnel libéral.

• 1924 : retour de Venizélos, qui, malade, laisse la place à Aléxandhros Papanastassíou (1876-1936) : celui-ci proclame la république (25 mars), dont Pávlos Koundouriótis (1855-1935) est le premier président. Un plébiscite confirme cette révolution.


La république grecque (1924-1936)

• L’anarchie s’installe en Grèce, où les partis se multiplient, à gauche notamment (Union démocratique, parti communiste appuyé sur une C. G. T.). Le pays est à la merci des coups d’État militaires.

• 1925 : le général Theódhoros Pángalos (1878-1952) s’empare du pouvoir (26 juin) en attendant, six mois plus tard, d’assumer des pouvoirs dictatoriaux. La S. D. N. écarte de justesse la menace d’une nouvelle guerre gréco-bulgare.

• 1926 : le général Gheórghios Kondhýlis (1879-1936) renverse Pángalos (août), mais rétablit Koundouriótis à la tête de la République (août). Des élections (nov.) amènent un gouvernement de coalition dirigé par Zaímis. Kondhýlis se retire.

• 1927 : une nouvelle Constitution est promulguée (3 juin) : elle est d’inspiration parlementaire. À l’extérieur, le gouvernement est gêné par les revendications territoriales albanaises. À l’intérieur, la situation économique et sociale se dégrade : on doit stabiliser d’autorité la drachme et multiplier les emprunts à l’étranger.

• 1928 : Venizélos, redevenu Premier ministre (3 juill.), dissout la Chambre ; les élections d’août lui assurent une large majorité, qui lui permet d’exercer un pouvoir personnel.

• Venizélos se voue surtout au rétablissement des bonnes relations de la Grèce avec ses voisins : convention avec l’Albanie (nov. 1928) ; traité d’amitié avec la Yougoslavie (1929) ; visite à Sofia et échanges de population avec la Bulgarie (1929) ; traité de conciliation avec la Hongrie et l’Autriche (1930).