Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

gravitation (suite)

On a aussi tenté de les observer en supposant que des sources de ce rayonnement existent dans l’Univers. On a construit des antennes d’ondes de gravitation : ce sont des cylindres très lourds, suspendus, et aussi isolés que possible des perturbations d’origine terrestre. Les ondes de gravitation ont pour effet de leur communiquer des vibrations que l’on détecte par effet piézo-électrique. On a ainsi récemment détecté un certain nombre d’événements qui se sont manifestés sur diverses antennes séparées de plusieurs milliers de kilomètres. On les a attribués à des ondes de gravitation provenant de la Galaxie.

Loránd Eötvös

Physicien hongrois (Budapest 1848 - id. 1919). Auteur de travaux sur la capillarité, il a utilisé, en 1888, le pendule de torsion en vue de mesures gravimétriques.

J. K.

 A. Lichnerowicz, Théories relativistes de la gravitation et de l’électromagnétisme (Masson, 1954). / H. Arzeliès, Relativité généralisée, gravitation (Gauthier-Villars, 1962-1964 ; 2 vol.). / M.-A. Tonnelat, les Vérifications expérimentales de la relativité générale (Masson, 1964). / M. Doligez, Gravitation. Contribution à la théorie corpusculaire de la gravitation (Blanchard, 1965).

Graz

Deuxième ville d’Autriche, capitale de la Styrie, sur la Mur ; 253 000 hab.


Le nom de Graz dérive du slovène gradée, qui signifie « petit château » (fort). Il traduit la fonction première de la localité : assurer la protection le long de la rivière Mur. Les textes qualifient Graz de marché dès 1172 et de civitas à partir de 1281. À l’extinction de la dynastie comtale de Traungau, la Styrie passe à celle des Babenberg, assurant l’appartenance de la province à l’Autriche. La ville gagne alors en importance. Au xiiie s., la cité est dirigée par un conseil. Le développement de Graz est ralenti dans la première moitié du xvie s. La quasi-totalité des nobles et des grands bourgeois passent à la Réforme. La menace turque confère à la ville un rôle militaire accru. Une période brillante s’amorce à partir de 1564 après le partage de l’héritage habsbourgeois, qui fit de Graz la ville résidentielle des possessions d’« Autriche intérieure ». Sous l’archiduc Ferdinand (le futur empereur Ferdinand II [1619-1637]), la ville est embellie. C’est l’époque des grands architectes italiens qui donnent à Graz son aspect méridional (Domenico dell’Allio, Pietro de Pomis), mais aussi celle des états provinciaux, qui appellent à l’importante école qu’ils ont fondée des savants comme Johannes Kepler*. La Contre-Réforme entraîne la construction d’églises et de couvents. Les Jésuites obtiennent, en 1586, l’autorisation de créer une université. La fin du xviie s. est marquée par de nombreuses constructions en style baroque. Les états provinciaux firent remplacer l’Opéra en bois par un édifice luxueux qui constitue avec la Burg (dominant majestueusement la ville), la cathédrale, le Mausolée (avec le tombeau de Ferdinand II) et l’université la « couronne urbaine » (Stadtkrone) de Graz. L’empereur Joseph II (1765-1790) donna une nouvelle impulsion à la ville. Celle-ci fut une des premières en Europe, en 1784, à démolir ses fortifications et à aménager les terrains ainsi dégagés en espaces verts. L’Altstadt est de ce fait cernée par une ceinture de verdure qui fait son charme. Le xixe s. vit l’installation — c’est une tradition qui est restée — de fonctionnaires et de militaires retraités dans la ville.

La population s’élevait à 15 000 habitants à la fin du xviie s. L’industrialisation toucha, timidement, la ville au xixe s. Au milieu du xixe s., on ne dénombrait encore que 55 000 habitants. En 1900, on comptait 138 000 habitants, et 157 000 en 1920. L’Anschluss entraîne l’annexion de communes suburbaines, ce qui permet à la ville d’atteindre 207 000 habitants en 1937. Aujourd’hui, la population dépasse 250 000 personnes. Ces dernières années, l’excédent des décès, révélateur d’une mauvaise situation démographique, a été compensé par l’immigration. Celle-ci, cependant, démontre le pouvoir d’attraction de la cité. Située à 364 m d’altitude. Graz peut être considérée comme une ville alpine. Sa position de carrefour est remarquable, située sur les routes Vienne-Ljubljana-Trieste et Belgrade-Salzbourg-Munich.

Graz est le plus grand centre d’activité de la Styrie. La population active s’élevait à 109 000 personnes en 1967, contre 83 000 en 1953. La moyenne entreprise domine. La métallurgie est une vieille tradition styrienne. Elle est liée à la fonction de défense, face au danger turc surtout. Le minerai de l’Erzberg (région de Eisenerz - Leoben) fut utilisé dès le xve s. Une importante industrie de l’armement vit aussi le jour. Graz devint le principal entrepôt d’armes des possessions autrichiennes. Le danger turc passé, l’armurerie perdit de l’importance. L’Arsenal (Zeughaus), témoin de cette ancienne activité, est devenu l’un des musées les plus importants pour l’armurerie (plus de 29 000 pièces). Aujourd’hui, la métallurgie fabrique des machines et équipements et elle reste la principale branche industrielle. Elle est suivie par l’industrie alimentaire, l’industrie textile, qui repose sur une vieille tradition du travail de la laine. Les industries graphiques traduisent l’importance administrative et culturelle de la ville. Au total, l’industrie occupe 35 000 personnes. Le bâtiment et les travaux publics emploient 12 500 salariés. Mais Graz est surtout le grand centre tertiaire de la Styrie et de ce qu’on pourrait appeler l’Autriche méridionale. Le commerce, avec 17 600 salariés, est une des activités les plus importantes. Les maisons de gros de Graz fournissent toute la province de Styrie. La proximité des frontières hongroise et yougoslave donne à la ville un rôle international. Cette dernière fonction explique le chiffre élevé des travailleurs dans les transports et télécommunications (9 300). La ville est aussi une place bancaire non négligeable. Administrations et services publics font travailler 10 700 personnes. Ainsi, on s’aperçoit que Graz est une métropole active et diversifiée. Son rôle culturel est un héritage de l’époque où la vie de cour était active. L’université en constitue le noyau principal. Il faut y ajouter la Technische Hochschule, qui, sur 3 800 étudiants, en 1968, comptait 38 p. 100 d’étrangers. Le théâtre présente une fréquentation qui le place parmi les premiers d’Europe. Bibliothèques, musées (notamment Joanneum), tout en étant des témoignages du passé, renforcent les équipements culturels. Par sa situation géographique et ses richesses historiques, architecturales et artistiques, Graz est un centre touristique en pleine expansion parmi les plus grands d’Autriche. L’amélioration des relations politiques entre l’Autriche, d’une part, la Hongrie et la Yougoslavie, d’autre part, ne peut qu’être favorable à l’évolution de la vie économique et culturelle de Graz.

F. R.