Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

Grande-Bretagne (suite)

Quelques grands chefs britanniques de la seconde guerre mondiale


Maréchal Harold Alexander.

V. l’article.


Amiral Andrew Cunningham

(Dublin 1883 - Londres 1963). Commandant la flotte de Méditerranée en 1939, vainqueur à Tarente (1940), puis au cap Matapan (1941) de la flotte italienne, dont il reçut la reddition en 1943, il fut chef d’état-major de la Royal Navy de 1944 à 1946.


Maréchal John Dill

(Belfast 1881 - Washington 1944). Chef d’état-major impérial en 1940-41, il dirigea ensuite la mission britannique à l’état-major combiné anglo-américain de Washington.


Maréchal Hugh Dowding

(Moffat, Dumfries, 1882 - Tunbridge Wells, Kent, 1970). Commandant la chasse britannique, il fut le vainqueur de la bataille aérienne d’Angleterre (1940).


Maréchal John Gort

(Londres 1886 - id. 1946). Chef du corps expéditionnaire anglais en France (1939-40), il fut ensuite gouverneur de Gibraltar (1941-42) et surtout de Malte (1942-1944), dont il dirigea la défense de 1941 à 1943.


Maréchal Bernard Montgomery.

V. l’article.


Amiral Louis Mountbatten.

V. l’article.


Amiral Bertram Ramsay

(Hampton Court, Middlesex, 1883 - en France 1945). Il dirigea l’évacuation de Dunkerque en 1940, puis commanda en 1944 les forces navales lors du débarquement de Normandie.


Maréchal Arthur Tedder

(Glenguin, comté de Stirling, Écosse, 1890 - Banstead, Angleterre, 1967). Commandant la RAF au Moyen-Orient et en Libye (1940-41), puis en Tunisie et en Italie (1943), il fut adjoint à Eisenhower au commandement des forces de libération de l’Europe (1944-45).


Maréchal Archibald Wavell

(Colchester 1883 - Londres 1950). Commandant les forces du Moyen-Orient, il dirigea les opérations en Libye (1940-41), puis devint commandant en chef allié dans le Sud-Est asiatique (1941-1943) et vice-roi des Indes (1943-1947).


Maréchal Henry Wilson

(Stowlangtoft Hall, Suffolk, 1881 - près d’Ayiesbury, Buckinghamshire, 1964). Il commanda en Grèce (1941), puis au Moyen-Orient (1943), avant de devenir commandant en chef allié en Méditerranée (1944) ; il dirigea à ce titre les opérations en Italie et le débarquement de Provence.


La littérature

Saisir le génie de l’Angleterre au travers de ses lettres, c’est découvrir, sous l’apparente simplicité du dualisme « raison-imagination », l’aspect profondément original d’une littérature qui, oscillant sans cesse entre l’affirmation d’un solide pragmatisme appuyé sur une froide lucidité et l’abandon aux forces obscures de l’émotion et du rêve, ne perd cependant jamais le sens des valeurs essentielles et de l’humour.


« La découverte de la certitude... »

Entré dans la littérature anglaise à la suite des pèlerins de Chaucer* (Canterbury Tales, v. 1387) et autres Merry Vives of Windsor (v. 1600) élisabéthaines, le bon sens populaire anglais obtient sa consécration officielle et la langue nationale son premier manuel de sagesse pratique et utilitaire avec les Essays (1597 ; 3e éd. augmentée, 1625) de Bacon*. Moins de cinquante ans plus tard, T. Hobbes apporte à sa génération un système philosophique entièrement fondé sur la raison, et J. Locke*, révélant une modération plus conforme au génie national, sans rien sacrifier de l’essentiel, marque son époque par son Essay Concerning Human Understanding (1690) et déborde largement le xviie s. Sa pensée nourrit non seulement le scepticisme religieux d’un Shaftesbury (A Letter Concerning Enthusiasm, 1708), mais, pour une bonne part, l’esprit philosophique et scientifique du siècle, dans lequel D. Hume*, fortement imprégné de la pensée française, introduit goût de la rigueur dans l’observation et analyse en matière de connaissance. D. Hartley et J. Priestley* s’efforcent d’appliquer le rationnel à l’étude des mécanismes intellectuels, E. Gibbon à l’histoire (The History of the Decline and Fall of the Roman Empire, 1776-1788). La propension à l’utilitarisme, auquel Stuart Mill fournit sa contribution, concourt au succès de H. Martineau, traductrice d’A. Comte, comme de History of England (1848-1861), où les contemporains de T. Macaulay peuvent puiser la justification d’un optimisme que ne gâte guère Culture and Anarchy (1869) de M. Arnold. Dans sa célèbre On the Origin of Species (1859). Darwin* donne la mesure de la confiance des penseurs en la toute-puissance de l’esprit rationnel. Spencer — qui trouvera un brillant disciple en J. G. Frazer (The Golden Bough, 1890) — étend la théorie de l’évolutionnisme à l’ensemble des connaissances humaines (The Principles of Psychology, 1855 ; The Principles of Sociology, 1876-1896), et T. H. Huxley, ajoutant l’élégance littéraire à l’expression scientifique, parvient aux portes de l’athéisme.


« Connais-toi toi-même, ne va pas sonder Dieu, l’étude la plus propre à la race humaine est l’Homme... »

On ne saurait donc s’étonner que la grande majorité des œuvres de la période commencée vers 1660 soit marquée par la primauté des facultés intellectuelles sur les élans du cœur, l’étude des réalités concrètes accessibles à l’entendement humain. Le Diary (1660-1669) de S. Pepys traduit bien ce penchant, tout comme la floraison journalistique politique, whig ou tory (Flying Post, 1695-1733 ; The Post Boy, 1695-1736), ou s’intéressant au monde et à l’économie (A Review..., 1704-1713) de Defoe*. Le théâtre « sérieux » — sous l’influence de W. Davenant — se plaît dans le genre « noble » (Almanzor and Almahide or The Conquest of Granada [1669-70], de Dryden*) importé d’Espagne et vu à travers Corneille. Mais les plus grands succès vont à la comédie, porte-parole de la peinture sociale : Marriage À-la-mode (Dryden, 1671) ; The Gentleman Dancing-Master (W. Wycherley, 1673) ; The Man of Mode (G. Etherege, 1676). Si on s’inspire de Molière, scepticisme, voire cynisme s’imposent, et Dryden prépare la pièce maîtresse de l’édifice classique, le « distique héroïque », qu’il révèle dans ses satires (Absalom and Achitophel, 1681-82), à la place du « vers blanc » de Shakespeare, pourtant admiré (Of Dramatic Poesy, An Essay, 1668). La poésie aspire à la noblesse, à l’équilibre des Anciens. Impitoyablement surveillée, elle devient la poetic diction, d’une parfaite distinction, mais souvent figée dans la périphrase et le cliché. Recherche de l’ordre dans la raison, le couronnement du classicisme se situe dans l’œuvre de Pope*, champion du bon sens (Peri Bathous, 1728). Il repousse les envols baroques des poètes métaphysiques (The Rape of the Lock, 1712-1714), excelle dans la satire (The Dunciad, 1728), qu’il défend d’une plume virulente (Epistle to Dr. Arbuthnot, 1735), et s’emploie à exorciser toutes les forces obscures (Essay on Man, 1733-34). Avec The Vanity of Human Wishes (1749) ou Rasselas (1759) de S. Johnson*, poète, essayiste, dramaturge, philosophe, grammairien (Dictionary of the English Language, 1755) et grand et redouté mainteneur du mouvement après Pope, se précisa et s’affirma dans les lettres anglaises une notion nouvelle rattachée à la raison et lourde de conséquences : la morale.