Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

Grande-Bretagne (suite)

Le difficile maintien d’une hégémonie contestée

Avec la crise économique de 1873 et l’apparition des nouveaux appétits territoriaux, l’Angleterre, gênée à l’intérieur par la question irlandaise, va avoir beaucoup de mal à maintenir ses positions.

Gladstone et Disraeli (1874-1894)

• 1874 : ministère Disraeli, où figurent aussi Edward Stanley (1826-1893), 15e comte de Derby, et Robert Gascoyne Cecil (1830-1903), marquis de Salisbury.

• 1875-76 : toute une série de mesures sociales sont prises par le gouvernement conservateur. Certes, celui-ci représente les intérêts de l’aristocratie foncière, mais Disraeli estime que la classe ouvrière, si l’État se préoccupe d’améliorer son sort, ne sera pas forcément révolutionnaire, et qu’en Angleterre du moins elle restera attachée aux traditions nationales.

• 1876 : Victoria prend le titre d’impératrice des Indes ; cet événement est symbolique de la nouvelle option impériale de l’Angleterre, qui est alors engagée sur tous les continents dans de nouvelles aventures coloniales (Égypte, Béloutchistan, Transvaal, Chypre, Afghānistān, etc.). Cette même année, les effets de la crise économique deviennent aigus.

• 1879 : fondation par Michael Davitt de la Ligue agraire irlandaise. Charles Stewart Parnell* devient le chef incontesté des nationalistes irlandais.

• 1880 : retour des libéraux au pouvoir ; ministère Gladstone, où figurent les « nouveaux radicaux » (Joseph Chamberlain* et Charles Wentworth Dilke [1843-1911]).

• 1881 : mort de Disraeli. Deuxième loi agraire pour l’Irlande (loi des trois F).

• 1884 : le gouvernement voit sa popularité baisser par suite de la mollesse qu’il a mise à intervenir au Soudan, où le général Charles Gordon est assassiné (1885), ainsi que pour ses insuccès en Afghānistān. En outre, le mouvement socialiste connaît alors un regain de succès. La nouvelle réforme électorale accorde pratiquement le suffrage universel et rend, à peu de chose près, la représentation proportionnelle à la population.

• 1885 : gouvernement conservateur de Salisbury.

• 1886 : troisième ministère Gladstone. La raison de ces changements de ministère est en fait le déplacement des votes irlandais. Gladstone se décide, pour vider l’abcès, en faveur du Home Rule. Mais le parti libéral se scinde alors, ceux qui, avec Joseph Chamberlain*, restent attachés à l’union (les « unionistes ») apportant le soutien de leurs voix aux conservateurs : formation du ministère Salisbury.

• 1888 : réforme de l’administration locale (Local Government Act) ; les conseils des comtés jouent dès lors un rôle de premier plan.

• 1889 : le Naval Defence Act favorise le renforcement de la flotte de guerre britannique. La même année, la grève des dockers démontre que le syndicalisme britannique a désormais aussi une grande emprise sur les ouvriers non qualifiés.

• 1890 : rupture entre les membres du parti irlandais à la suite du scandale Parnell.

• 1891 : mort de Parnell.

• 1892-1894 : quatrième ministère Gladstone, qui a pour but le vote du Home Rule. Mais son projet, accepté par les Communes, est repoussé par les lords en 1893. Déçu, Gladstone se retire après avoir prononcé un violent discours contre les lords ; Archibald Philip Primrose (1847-1929), comte de Rosebery, le remplace en 1894.

• 1893 : James Keir Hardie (1856-1915), l’un des leaders du nouveau syndicalisme, fonde l’Independent Labour Party.

Impérialistes et libéraux (1895-1914)

• 1895 : ministère conservateur et unioniste de lord Salisbury, où figurent en particulier Arthur James Balfour (1848-1930) et Joseph Chamberlain. Toute la période est marquée par une nouvelle intensification de l’action impériale, en particulier en Afrique australe, ce qui ne va pas sans créer de violentes tensions avec la France (Fachoda, 1898), tandis que sa politique méditerranéenne oppose la Grande-Bretagne à la Russie et à la Turquie.

• 1900 : le Labour Representation Committee regroupe des représentants de tous les mouvements ouvriers, partis ou syndicats ; il est destiné à faire élire aux Communes des députés défendant les intérêts de la classe ouvrière (le secrétaire est James Ramsay MacDonald*).

• 1901 : mort de Victoria. Règne d’Édouard II*.

• 1902 : ministère Balfour. La paix de Vereeniging met fin à la deuxième guerre des Boers (annexion de l’Orange et du Transvaal). Une réforme scolaire fait passer les écoles sous le contrôle des commissions de comtés. Le Sinn Fein est fondé en Irlande.

• 1903 : Chamberlain fait campagne en faveur du retour au protectionnisme, préconisant ainsi la création d’un marché impérial. Début du mouvement féministe. Pour l’Irlande, vote du Land Purchase Act.

• 1905 : le ministère conservateur, affaibli par les prises de position de Chamberlain, qui l’a d’ailleurs quitté, cède la place au ministère libéral de Henry Campbell-Bannerman (1836-1908).

• 1906 : les élections confirment le renouveau libéral, tandis que le Labour Committee réussit à faire élire 29 députés. Le parti travailliste est ainsi fondé. D’ailleurs, une nouvelle série de lois sociales est votée de 1906 à 1908, pour venir en aide aux accidentés du travail et aux vieillards sans ressources et limiter la journée de travail à huit heures dans les mines.

• 1908 : Herbert Henry Asquith (1852-1928) Premier ministre.

• 1909 : David Lloyd George* présente un budget qui est considéré comme révolutionnaire par les lords, car il institue un impôt progressif sur le revenu et taxe lourdement les profits des propriétaires qui ne participent pas à la mise en valeur de leurs biens (propriétaires absentéistes des grands domaines, propriétaires des terrains sur lesquels opèrent les compagnies minières). Les lords refusent de voter le budget.