Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Grande-Bretagne (suite)

Le roi, cependant, refuse obstinément d’abandonner l’épiscopalisme, mettant ainsi la majorité parlementaire dans une situation impossible. En juin 1647, l’armée, dont Cromwell a fini par reprendre le contrôle, s’empare du roi, puis entre dans Londres (août) : fort de son succès, Cromwell peut alors épurer l’armée. Mais il ne réussit pas mieux que les presbytériens à s’entendre avec le roi, qui entame alors des négociations avec les Écossais.

• La seconde guerre civile et l’exécution du roi (1648-49).

• Juillet-août 1648 : l’armée de Cromwell et de Fairfax n’a aucun mal à tailler en pièces les troupes disparates des presbytériens anglais et écossais (bataille de Preston).

• Septembre 1648 : Cromwell règle la situation en Écosse.

• Octobre 1648 : la majorité presbytérienne du Parlement penchant pour une reprise des négociations, le colonel Pride, sur l’ordre de Cromwell, interdit l’entrée de la salle des réunions aux presbytériens : seule subsiste la minorité parlementaire, qui reçoit le sobriquet de « Parlement croupion ».

• Décembre 1648 : un tribunal est constitué pour juger Charles, avec qui il s’avère que toute entente est impossible.

• 1649 : le 30 janvier, Charles Ier est exécuté.


La période républicaine

• 1649-1651 : Cromwell, chef de l’armée et oracle du Parlement, commence par pacifier l’Irlande. Dès mai 1650, il juge suffisants les résultats qu’il a obtenus (par des méthodes sanglantes), et il rentre en Angleterre.

Les Écossais se sont en effet ralliés à Charles II, le fils de Charles Ier : mais Cromwell écrase leurs troupes à la bataille de Worcester (sept. 1651). Charles II ne s’échappe que de justesse.

• 1653 : Cromwell dissout le Long Parlement. Il le remplace par le « Parlement nommé », que ses opinions religieuses l’obligent à dissoudre également. Le 16 décembre, l’Instruction of Government (la première Constitution écrite qu’ait eue l’Angleterre) établit le Protectorat.

Sous le Protectorat, l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande se trouvent unies et sont représentées par le même Parlement.

Cromwell commence par réorganiser l’Église, l’ouvrant à plusieurs tendances (presbytériens, « indépendants », baptistes), n’en excluant que les anglicans épiscopaliens et les catholiques, qui ne seront d’ailleurs pas persécutés.

• 1654 : cette année voit la fin de la guerre contre les Provinces-Unies. Celles-ci reconnaissent la validité de l’Acte de navigation qui, depuis 1651, interdit aux navires étrangers de commercer avec les colonies anglaises. Une politique strictement mercantiliste prévaut alors.

• 1654 : le Parlement élu cette année-là voulant remettre en question l’Instruction of Government, Cromwell doit le dissoudre, s’appuyant avant tout sur une administration militaire (division de l’Angleterre en 11 districts dirigés par les majors généraux).

• 1655 : les Anglais s’emparent de la Jamaïque.

• 1656-57 : le second Parlement réuni par Cromwell ne réussit pas mieux que le premier. Le Protecteur le dissout en février 1658 : il n’arrive pas à faire fonctionner le régime qu’il a lui-même créé.

• 1657-58 : la guerre contre l’Espagne est facilitée par l’alliance avec la France. Tandis que l’amiral Blake écrase la flotte espagnole à Santa Cruz de Tenerife (1657), les Français remportent la victoire des Dunes (1658). L’Angleterre y gagne Dunkerque.

• 1658 : le 3 septembre, mort de Cromwell. Son fils Richard (1626-1712) le remplace alors : mais il est incapable de se maintenir. Le 25 mai 1659, il abandonne ses fonctions. Les dissensions entre les chefs de l’armée créent un véritable vide du pouvoir, qui va faciliter la restauration. L’échec constitutionnel de Cromwell est ainsi consacré.


Les derniers Stuarts


La Restauration* et le règne de Charles II*

La Restauration est désirée par l’immense majorité des Anglais. Deux faits vont la rendre possible :
— en Grande-Bretagne, le général qui occupe l’Écosse, George Monk, descend sur Londres, où il évince son plus dangereux rival, le général John Lambert. Il convoque un Parlement « libre et complet », qui ne peut qu’être monarchiste et entame d’ailleurs aussitôt des négociations avec Charles II ;
— en Hollande, où il est réfugié, Charles II, sur les conseils d’Edward Hyde (1609-1674, comte de Clarendon en 1661), publie la « déclaration de Breda », qui promet une amnistie générale, le paiement des troupes de Monk, la liberté religieuse et la reconnaissance des prérogatives parlementaires ; la restauration devient dès lors possible ; le Parlement accepte en effet la déclaration.

• Mai 1660 : retour de Charles II à Londres.

• 1660-1667 : Charles II et Clarendon, lord chancelier, essaient d’appliquer la déclaration de Breda et de faire fonctionner une monarchie réellement parlementaire.

• 1661 : élection d’un Parlement dont la majorité épiscopalienne empêche le roi d’appliquer ses principes de tolérance.

• 1662 : l’Acte d’uniformité rend obligatoire le livre de prières de Laud, amendé. Les prêtres qui refusent de s’y conformer (non-conformistes) rejoignent les presbytériens en dehors de l’Église d’Angleterre. La Déclaration d’indulgence que propose le roi pour maintenir malgré tout une certaine tolérance est refusée.

La même année, Charles épouse Catherine de Bragance, qui lui apporte en dot Tanger et Bombay : il offrira cette dernière cité à la Compagnie des Indes orientales, installée déjà à Madras et dans la région de Calcutta. Autre preuve de son intérêt pour le destin colonial de l’Angleterre : il fait don en 1663 de la Caroline à un groupe de grands seigneurs pour qu’ils y installent une colonie.

• 1663 : le Staple Act oblige tous les produits coloniaux à transiter par la Grande-Bretagne, ruinant ainsi le commerce intercolonial.

• 1665 : la grande peste.

• 1666 : l’incendie de Londres dévaste une grande partie de la ville.