Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

Gombrowicz (Witold) (suite)

L’œuvre de Gombrowicz est centrée autour de deux grands thèmes, la forme et l’immaturité, qu’il charge graduellement de significations nouvelles. Pour lui, l’homme n’est jamais lui-même : soumis au regard des autres, il se plie (tel le héros de Ferdydurke) aux coutumes, formes et conventions sociales engendrées par les innombrables relations interhumaines. Indépendamment du jeu de ces relations, il existe une logique interne de la forme que pressent l’individu, sans pouvoir toutefois discerner s’il déchiffre les rapports réels des êtres ou s’il s’embrouille parmi les illusions de son esprit : d’où l’énigme de Cosmos, parabole hautement sophistiquée dont le (les) sens semble(nt) s’annuler en se développant. La liberté s’exprime par le pouvoir de détruire les formes, notamment par le rire. C’est pourquoi toute forme doit être considérée au niveau de l’homme concret (même terrifié par sa puissance, comme dans le Mariage), et non au niveau des entités abstraites telles que Dieu, la Nature ou l’Histoire. La vie oscille entre la forme, qui se pétrifie, et le chaos, qui attire par son énergie aveugle et désarmée à la fois : ainsi, l’immaturité se trouve être, paradoxalement, un facteur de développement. C’est de l’obsession de l’immaturité que semble découler chez Gombrowicz la fascination de la laideur (Yvonne, princesse de Bourgogne), des sous-cultures (Ferdydurke), du primitivisme sarmate (le Transatlantique). Elle se charge progressivement de résonances érotiques (la Pornographie) pour aboutir, dans l’Opérette, à une apothéose quelque peu ambiguë de la jeunesse et de la « nudité », don de renouveau et d’indifférence. L’art naît de l’informe pour aboutir nécessairement à la convention la plus strictement réglée : Gombrowicz conseille de dépasser la contradiction en adoptant une attitude méfiante, juvénile et sceptique de « distance envers la forme ». Voulant unir l’insignifiance et la grandeur, le ridicule et le sérieux, le caprice et l’ordre, il propose, dans son Journal, un modèle de personnalité dynamique et intérieurement ambivalent : l’authenticité de l’individu (et particulièrement de l’artiste, opposé au savant, qui, lui, est voué à l’esprit de système) s’y mesurerait à la richesse et à la qualité des métamorphoses qu’il serait capable d’assumer dans un renouvellement continuel.

J. B.

 D. de Roux, Entretiens avec Gombrowicz (Belfond, 1969) ; Gombrowicz (U. G. E., 1971). / Gombrowicz, numéro spécial de la revue l’Herne (1971).

gomme

Hydrate de carbone polymérisé naturel extrait des végétaux, appartenant au groupe des polysaccharides.


Il ne faut pas confondre les gommes avec les résines, appelées par erreur gommes, qui entrent dans la fabrication des vernis et qui sont de nature entièrement différente : les gommes sont solubles dans l’eau et insolubles dans les solvants organiques, alors que l’inverse a lieu pour les résines ; les gommes sont essentiellement des hydrates de carbone, alors que les résines naturelles sont des composés aromatiques complexes. En revanche, les gommes sont très voisines des mucilages et ne s’en distinguent que par leur origine et leur commerce.


Constitution

Les gommes sont composées d’unités de monosaccharides acides ou neutres liées par des liaisons glucosidiques. Des groupes acides (—CO2H, —SO3H), quand ils sont présents, existent généralement sous forme de sels (Ca, Mg, Na, K). Dans certains cas, des groupes substituants acétyle et méthyle peuvent exister dans la molécule.


Classification

Les gommes peuvent être groupées en différentes catégories suivant que l’on tient compte de leur origine ou de leur constitution.

• Selon leur origine, les gommes peuvent exister dans les parties intracellulaires des plantes ou dans les exsudats extracellulaires. Dans le premier cas, elles fournissent, à l’intérieur des graines ou des racines, des substances permettant à la plante de traverser sa période de dormance ; elles peuvent aussi constituer un réservoir d’eau ou assurer la protection des graines en période de germination. Les gommes trouvées dans les exsudats extracellulaires des arbres ou arbustes sont le résultat d’une blessure provoquée à la plante par des insectes ou par des moyens mécaniques, mais on ne sait pas encore si ces exsudats se forment sur les lieux de la blessure ou à l’intérieur des plantes.

D’après leur composition chimique, on peut répartir les gommes en deux catégories :
— les gommes acides, qui contiennent des constituants acides ; acides glucuronique L, glucuronique D, galacturonique D et leurs éthers ; des groupes sulfate et phosphate et des constituants neutres : hexose, pentose, désoxyhexose, alcools et éthers ;
— les gommes neutres, qui renferment des hexoses, des pentoses, des désoxyhexoses, des alcools et des éthers.


Préparation

Les gommes d’exsudats sont récoltées par cueillette, triées, parfois blanchies au soleil, puis broyées. Elles sont classées d’après leur coloration et la présence d’impuretés : bois et écorce. Dans certains cas, elles sont purifiées par dissolution dans l’eau et par précipitation alcoolique. C’est le cas de la gomme arabique, provenant de divers acacias de l’Afrique tropicale et de l’Inde ; de la gomme adragante, fournie par des plantes du genre astragale (Asie Mineure et Inde) ; de la gomme karaya, fournie par certaines espèces de sterculies, obtenue par saignée et utilisée à la place de la gomme adragante (Inde) ; de la gomme kutira, analogue à la précédente ; de la gomme mesquite, fournie par des arbres et des arbustes épineux du genre prosopis (Amérique du Nord). Les gommes contenues dans les racines, les tubercules et les graines sont généralement extraites à l’eau chaude, séchées et pulvérisées. Les graines sont parfois broyées afin d’éliminer la coque avant extraction. On procède alors à une purification par précipitation alcoolique.