Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

glande

Association de cellules épithéliales, les cellules glandulaires, spécialisées dans la fonction de sécrétion.


La sécrétion consiste en la synthèse (ou élaboration), par une cellule glandulaire, de substances spécifiques diverses (glucidiques, lipidiques ou protéiques), suivie de l’élimination (ou extrusion) de ces substances hors de la cellule.


Cellules glandulaires et mécanisme de la sécrétion

Une cellule glandulaire ne diffère d’une cellule épithéliale banale que par la présence de granules ou de gouttelettes spécifiques, représentant l’accumulation intracytoplasmique de précurseurs de la sécrétion, et par le développement particulier de deux organites : le réticulum endoplasmique et l’appareil de Golgi. Bien que la sécrétion glandulaire soit généralement un phénomène continu, elle peut être décomposée en quatre phases : la pénétration dans la cellule de métabolites apportés par voie sanguine, la synthèse de substances spécifiques, l’accumulation de ces substances sous forme de grains de sécrétion, l’élimination de ces grains de sécrétion hors de la cellule.


Synthèse et accumulation de substances spécifiques

La biologie moléculaire et la microscopie électronique ont permis de préciser le rôle de quelques organites cellulaires dans la synthèse de trois catégories de substances sécrétées : les protéines, les polysaccharides, les stéroïdes.

• Synthèse de protéines : rôle du réticulum endoplasmique granulaire. La cellule pancréatique exocrine, qui sécrète une grande quantité de suc digestif contenant plusieurs enzymes protéiques, constitue le matériel de choix pour l’étude de cette synthèse (fig. 1).

Les protéines sont synthétisées au niveau d’associations de ribosomes, ou polysomes, liés aux membranes du réticulum endoplasmique. Elles sont ensuite transférées dans la lumière du réticulum, où elles s’accumulent, puis transportées par un véritable labyrinthe de canalicules vers l’appareil de Golgi. La cellule caliciforme à mucus de l’épithélium intestinal sécrète une glycoprotéine, la mucine, qui, en solution dans l’eau, constitue le mucus, lubrifiant de beaucoup de surfaces épithéliales (fig. 2).

La partie protéique de cette glycoprotéine est synthétisée au niveau des polysomes du réticulum granulaire et concentrée dans les saccules golgiens selon le mécanisme précédemment décrit.

• La partie polysaccharidique est faite de chaînes courtes, constituées par un petit nombre de molécules de sucres simples et sulfatés. Ces chaînes sont synthétisées dans les saccules golgiens et s’accrochent latéralement aux chaînes protéiques qui s’y sont accumulées. Ces saccules, dans lesquels la glycoprotéine est élaborée, fusionnent en de volumineux globules de mucine, qui migrent vers le pôle apical de la cellule.

• Synthèse des stéroïdes : rôle du réticulum endoplasmique agranulaire. Contrairement aux deux exemples précédents, les cellules glandulaires qui élaborent des stéroïdes (cellules de la corticosurrénale, cellules interstitielles du testicule...) n’accumulent aucun précurseur visible de leur sécrétion. Le cytoplasme de ces cellules contient des mitochondries à crêtes tubuleuses et un réticulum endoplasmique lisse tubulaire très développé. Les membranes de ces deux organites contiendraient les enzymes impliquées dans la synthèse des stéroïdes à partir du cholestérol.


Élimination des produits de sécrétion

Le produit de sécrétion spécifique accumulé au pôle apical de la cellule glandulaire est déchargé à l’extérieur de la cellule selon trois modalités.

• Sécrétion mérocrine. La membrane entourant les grains de sécrétion prend contact avec la membrane plasmique de la cellule, s’ouvre à ce niveau et s’incorpore à la membrane plasmique en libérant son contenu (fig. 3). Un tel mode de sécrétion est caractéristique de toutes les sécrétions protéiques (sécrétions pancréatique, parotidienne...).

• Sécrétion holocrine. Il s’agit d’un mode de sécrétion très particulier, qui résulte de l’élimination et de la destruction de la cellule glandulaire elle-même, bourrée des produits de sécrétion qu’elle a élaborés. Cette libération passive des grains de sécrétion, consécutive à la mort de la cellule, est caractéristique des glandes sébacées annexées aux poils des Mammifères.

• Sécrétion apocrine. Elle a longtemps été considérée, à la suite d’observations en microscopie photonique, comme intermédiaire entre la sécrétion holocrine et la sécrétion mérocrine ; d’où son autre appellation d’holomérocrine. Le produit de sécrétion paraissait libéré par la suite d’une destruction partielle de la cellule glandulaire, d’une sorte de décapitation de son pôle apical. La microscopie électronique a considérablement réduit l’importance de cette perte de cytoplasme accompagnant la sécrétion des lipides du lait des Mammifères (fig. 4). Ces lipides apparaissent sous forme de gouttelettes libres dans le cytoplasme, qui augmentent de volume, gagnent le pôle apical de la cellule mammaire, puis se projettent dans la lumière de la glande, entourées d’une mince couche de cytoplasme. Le pédicule qui les relie à la cellule se rompt et les libère, entourées d’une partie de la membrane plasmique et de la mince couche de cytoplasme.


Les principaux types de glandes

Les glandes se répartissent en deux grandes catégories, selon le lieu où est déversé leur produit de sécrétion.


Les glandes exocrines

Elles déchargent leur sécrétion à la surface d’un épithélium externe (épiderme) ou interne (épithélium digestif). Elles proviennent d’invaginations épithéliales plus ou moins complexes et sont entourées d’une capsule conjonctive richement vascularisée (fig. 5 et 6).

Les glandes exocrines simples sont reliées directement ou par l’intermédiaire d’un canal unique à la surface de l’épithélium d’origine. Elles sont tubuleuses si l’invagination épithéliale est en doigt de gant (glandes de Lieberkühn de l’intestin grêle, glandes sudoripares) ou acineuses si l’invagination épithéliale est sacculaire (glandes cutanées des Amphibiens, glandes sébacées des Mammifères).