Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

Gers. 32

Départ. de la Région Midi-Pyrénées ; 6 254 km2 ; 181 577 hab. (Gersois). Ch.-l. Auch. S.-préf. Condom et Mirande.


Situé dans le centre du bassin d’Aquitaine, le Gers est peu arrosé (600 mm de précipitations), et les étés y sont suffisamment secs pour nécessiter l’irrigation des cultures.

Le Gers est un des départements qui ont connu depuis un siècle la dépopulation et la dénatalité les plus fortes. Les effets d’une faible reprise de la natalité depuis 1948 y ont été annihilés par la persistance de l’exode rural : la population n’augmente guère ; 32 p. 100 seulement des Gersois sont des citadins vivant dans des petites cités aux caractères ruraux très marqués. Dans ce département, 51 p. 100 des actifs sont des agriculteurs, alors que 19 p. 100 travaillent dans l’industrie et 30 p. 100 dans le secteur tertiaire. Les exploitants agricoles sont en majorité propriétaires. Dans ce pays fortement déboisé (54 000 ha), il y a 350 000 ha de labours, 88 000 ha de prairies naturelles et 44 000 ha de vignes ; on compte 225 000 bovins et 38 000 ovins.

Le département s’identifie avec le cœur de la Gascogne. Il est drainé par une série de petits cours d’eau nés sur le plateau de Lannemezan et s’écoulant du sud vers le nord, notamment par le Gers au centre, la Save à l’est et la Baïse à l’ouest. Ces cours d’eau ont modelé d’amples vallées, dont les versants de rive droite sont courts et abrupts, et les versants de rive gauche plus longs et plus doux. Ces vallées isolent de longues échines de coteaux, les serres, dont l’altitude moyenne décroît de près de 600 m au voisinage de Lannemezan à 200 m environ dans le nord du département. Les versants sont tapissés de boulbènes, sols argilo-sableux, ou de terreforts argilo-calcaires ; les fortes précipitations sont génératrices d’écoulement rapide et de crues courtes et brutales submergeant les fonds de vallée. Partout, les petits villages blottis au pied d’un château ou issus d’une bastide médiévale ne rassemblent qu’une faible part de la population : la campagne gersoise est toute piquetée d’altières gentilhommières et d’opulentes fermes, mais aussi d’humbles masures fortement dégradées. C’est un des domaines d’élection de la polyculture aquitaine, fondée sur le blé, la vigne et l’élevage des bovins et des volailles.

Des nuances assez sensibles permettent d’individualiser plusieurs petits pays, dont les limites ne sont, du reste, pas toujours bien franches. Au sud, une petite paysannerie besogneuse a toujours peiné sur les terres peu fertiles de l’Astarac et du Magnoac ; dans cette région, où la dissymétrie des vallées est aussi la plus franche, les boisements occupent plus de place que partout ailleurs dans le département. Le nombre des fermes abandonnées et en ruine prouve le renoncement des hommes, qui restent cependant encore assez nombreux. L’élevage des veaux dans la région de Miélan et de Mirande (4 400 hab.), celui des volailles dans celle de Lombez et de Samatan sont devenus les principales ressources. Au nord-est du département, entre Gimont et Lectoure, les coteaux du sud de la Lomagne sont de riches terres à blé et un pays d’élevage, dont la vente des produits anime les marchés de Lectoure (4 500 hab.), de Fleurance (5 200 hab.) et de Gimont. La sécheresse estivale est toutefois un grave handicap : aussi, des lacs collinaires ont-ils été aménagés.

Au centre et au nord-ouest, l’Armagnac est plus vaste, mais aussi plus varié. Le modelé et le relief, d’une part, la place respective du blé et de la vigne, d’autre part, permettent d’individualiser deux ensembles qui correspondent à deux unités historiques anciennes. À l’ouest, d’Aire-sur-l’Adour (Landes) à Condom s’étend le bas Armagnac ou Condomois. De ce pays de collines souvent très douces, plus arrosé que le reste du département, se dégage un certain plaisir de vivre. Si le vignoble ne couvre qu’une faible superficie, il donne de l’armagnac, eau-de-vie tirée de vins produits par des cépages hybrides et dont les meilleures qualités sont obtenues sur les formations sableuses. L’armagnac, vendu après quelques années de vieillissement, est négocié sur les places d’Eauze (4 000 hab.) et de Condom (7 600 hab.). Dans le haut Armagnac, autour d’Auch, la présence de bancs calcaires donne un aspect plus vigoureux au relief ; la vigne s’efface devant le blé et l’herbe pour l’élevage bovin. Les canaux d’irrigation, développés par la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne au sud d’Auch, ont permis d’amorcer une diversification de l’agriculture régionale. Capitale de la Gascogne, Auch (24 000 hab.), édifié sur le long versant de la rive gauche du Gers, autour de sa magnifique cathédrale, est un centre administratif et un marché, possédant peu d’établissements industriels.

S. L.

➙ Gascogne / Midi-Pyrénées.

Gestalttheorie

Théorie psychologique et philosophique, élaborée conjointement par les psychologues allemands Max Wertheimer (1880-1943), Kurt Koffka (1886-1941) et Wolfgang Köhler (1887-1967), et dont l’objectif est de refuser la division des phénomènes psychologiques, physiologiques et même physiques en éléments distinctifs pour les considérer comme des touts indissociables, appelés formes (en allemand Gestalt signifie « forme »).



Historique

C’est en étudiant le rôle de l’intervalle temporel dans la perception de deux points lumineux que M. Wertheimer constate que les sujets ont tendance à effectuer des groupements et à organiser leur perception. En fait, ce fut le psychologue viennois Christian von Ehrenfels (1859-1932) qui, le premier, en 1890, consacra une étude sans lendemain aux qualités des formes et auquel se rattachèrent, lorsqu’ils le découvrirent, les théoriciens de la Gestalt.