Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

Germanie (suite)

Sous la pression lointaine des peuples de la steppe se réalise alors une redistribution des ethnies barbares (v. Barbares) occupant la Germanie, dont la carte, à la veille des invasions du ive et du ve s., fait apparaître des noms nouveaux : Alamans, qui ont occupé les Champs Décumates dès 275 ; Burgondes, au confluent du Main et du Rhin ; Francs, autour de Cologne et sur le bas Rhin ; Vandales et Suèves, en Bavière et en Franconie, le long du Danube supérieur et moyen, et à l’est desquels apparaissent les Wisigoths, puis les Ostrogoths ; Frisons, Saxons et Lombards, établis respectivement dans les pays de la basse Ems, de la basse Weser et de la Silésie ; Angles, Varias et Jutes, en Slesvig et en Holstein ; Ruges, dans les confins carpatiques de la haute Tisza ; Skires, en Galicie, etc.

Amputée des territoires situés à l’est par les Slaves en progrès constant du ive au viiie s. apr. J.-C., dominée dans sa partie occidentale par les Saxons, la Germanie est finalement incorporée dans l’Empire carolingien. Elle est constituée en 817 en un royaume des Francs orientaux (dont le cœur est alors la Bavière) au profit de Louis, fils aîné de Louis Ier le Débonnaire, puis érigée en un royaume de Germanie, sous l’autorité de ce même souverain, en vertu du traité de Verdun de 843. Comprenant dès lors la Saxe, la Thuringe, la Franconie, l’Alamannie et la Bavière, agrandie en 870, en vertu du traité de Meerssen, de la majeure partie de la Lotharingie, la Germanie devient, avec l’Italie en 951 et le royaume d’Arles en 1032, à la fois l’un des trois royaumes constitutifs et le noyau du Saint Empire romain, restauré en 962 au profit de l’un de ses souverains, Otton Ier. En fait, jusqu’en 1806, à travers les vicissitudes de l’histoire, le royaume de Germanie restera le cœur du Saint Empire, avec lequel il s’identifie après la perte de l’Italie, qui se réalise progressivement du xiiie au xviiie s.

P. T.

➙ Allemagne / Barbares / Germains / Saint Empire romain germanique / Saxons.

 L. Halphen, les Barbares (P. U. F., 1926). / L. Harmand, l’Occident romain (P. U. F., 1960). / R. Chevallier, Rome et la Germanie au ier siècle de notre ère (Berchem, Bruxelles, 1962).
Voir aussi Germains.

germanium

Corps simple solide métallique.


Le germanium fut découvert en 1886 par Clemens Winkler (1838-1904) dans un sulfure trouvé à Freiberg (Allemagne), GeS2, 4 Ag2S. On le trouve en faible concentration dans les cendres de charbons et certains minerais de zinc ou complexes.


Atome

De numéro atomique 32, le germanium occupe la colonne IV B avec le carbone, le silicium, l’étain et le plomb. La structure électronique de l’état fondamental de l’atome est 1s2, 2s2, 2p6, 3s2, 3p6, 3d10, 4s2, 4p2. L’atome a un rayon de 1,22 Å. Les énergies des deux premières ionisations sont respectivement de 8,13 eV et 15,86 eV.


Corps simple

Le germanium est un solide cristallisé avec la structure du diamant, de densité 5,36, qui fond à 959 °C et qui a des propriétés semi-conductrices ; on exalte ces propriétés en substituant de très petites proportions d’atomes de germanium soit par des atomes du groupe V B (P, As, Sb), qui ont chacun un électron de plus que l’atome de germanium (semi-conducteur n), soit par des atomes du groupe III B (B, Al, Ga), qui ont chacun un électron de moins que l’atome de germanium (semi-conducteur p). Les quantités d’impuretés introduites à des fins électroniques sont très faibles et bien définies selon l’usage cherché.

Le germanium est peu réactif ; au rouge, il réagit avec l’oxygène. Il s’allie à de nombreux métaux en donnant soit des solutions solides de substitution, soit des phases intermédiaires ; ces phases, voisines des siliciures, constituent des germaniures.


Principaux dérivés

On connaît divers composés de germanium et d’hydrogène, les germanes, qui sont analogues aux alcanes et aux silanes. Il existe certains produits de substitution partielle d’un halogène à un hydrogène, tel le germanochloroforme GeHCl3. On connaît des dérivés organiques du type GeR4, où R est un radical hydrocarbure, tel le germanium-tétraéthyle Ge(C2H5)4. Il existe des halogénures de Ge II (GeCl2) et de Ge IV (GeCl4, GeF4) ainsi que des halogénures complexes, tel le fluogermanate de potassium K2GeF6.

L’oxyde GeO2 cristallise à température ordinaire sous une forme isomorphe de la cassitérite (SnO2) et à haute température sous une forme isomorphe du quartz α (SiO2). Il est indifférent, réagit avec les bases pour donner des germanates et peut participer à la formation d’hétéropolyacides, tels que les germanomolybdates.

H. B.

germination

Ensemble des phénomènes par lesquels l’embryon passe, dans la graine mûre, de la vie ralentie à la vie active pour donner la plantule, puis la jeune plante.


Lorsque la graine est mûre, elle atteint par des moyens divers le sol, où la germination pourra éventuellement commencer. Ce phénomène dépend de nombreux facteurs propres à la graine et aussi au milieu dans lequel celle-ci va se trouver.


Facteurs propres à la graine

Certaines semences sont aptes à la germination dès que les conditions externes deviennent favorables ; d’autres, au contraire, n’ont pas encore atteint la maturité vraie ; elles ne sont pas immédiatement aptes à germer ; elles sont en état de dormance. La dormance primaire est une inaptitude à germer pendant un certain temps, variable suivant les espèces ; elle se localise entre la période de dissémination et le moment à partir duquel la graine peut se développer. La dormance secondaire se manifeste par une perte temporaire de l’aptitude à la germination après une période favorable. Parfois on observe les deux types de dormance successivement.