Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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Gastropodes ou Gastéropodes (suite)

Basommatophores

Ils sont surtout représentés dans nos eaux douces par les Limnées, à coquille spiralée, les Planorbes, enroulées dans un plan, les Ancyles, à coquille en nacelle et, sur notre littoral, par des espèces qui habitent le haut de la zone des marées (Otina) ou qui, à la façon des Patelles, vivent en sédentaires sur les roches battues (Siphonaire). Les rivages des mers chaudes, la mangrove sont peuplés de nombreuses autres formes à coquille assez épaisse, dont l’ouverture porte des dents ou des lamelles (Ellobiidés), mais que l’on connaît moins. Pour ces êtres à poumon, la vie en milieu aquatique semble être un paradoxe, car, comme chez les Prosobranches, la survie dépend avant tout de la satisfaction des besoins respiratoires. La cavité pulmonaire est fortement vascularisée, la zone la plus efficace se trouvant au plafond. Le poumon tend à se refermer en ne laissant subsister que le pneumostome, orifice obturable par un lobe tégumentaire ou qui forme un entonnoir ou un tube chez les Limnées. Cette cavité s’enfonce profondément dans la coquille des Planorbidés ; par contre, elle se réduit et ne comporte pas de pneumostome chez les Ancyles. L’échange des gaz s’effectue par diffusion à travers sa paroi. En été, les animaux montent périodiquement en surface, rejettent l’air chargé de gaz carbonique, captent de l’air atmosphérique, puis redescendent. Ce type de respiration n’est, toutefois, pas exclusif, car ces animaux respirent aussi l’air dissous dans l’eau, surtout lorsqu’ils possèdent des branchies adaptatives, mais même en l’absence de celles-ci, lorsqu’en hiver les échanges respiratoires ont diminué. Dans les eaux très oxygénées, des Limnées et des Planorbes ne sont plus tenues de remonter en surface ; il y a substitution de la respiration tégumentaire, qui s’exerce par toute la surface libre du corps, à la respiration pulmonaire. On explique ainsi le fait que le poumon de certains Basommatophores adaptés à la respiration aquatique demeure plein d’eau en permanence. Ailleurs, les branchies adaptatives, volumineuses et complexes chez Miratesta, plus discrètes chez les Ancylidés, participent certainement pour une bonne part à la respiration.

La présence d’air dans le poumon a une incidence directe sur la locomotion sous l’eau. L’animal qui glisse sur les végétaux doit, au cours de la reptation, faire effort pour ne pas abandonner le support.

L’appareil digestif des Basommatophores comprend un appareil radulaire, un œsophage suivi parfois d’un gésier, qui est volumineux et musculeux chez les Limnées, un estomac relativement simple, à ciliature faible, rarement compliqué d’un stylet cristallin, et un intestin postérieur. L’appareil reproducteur, hermaphrodite, évacue les produits génitaux par deux orifices, l’un mâle, l’autre femelle ; le premier donne accès à une poche au fond de laquelle fait saillie une papille complexe, le pénis. Dans l’accouplement, il y a évagination de ce dispositif.


Stylommatophores

Ce sont des animaux dépourvus d’opercule, adaptés à la respiration aérienne, mais dont certains représentants vivent au bord de la mer, où ils se laissent recouvrir par le flux (Onchidiidés), ou au bord des pièces d’eau (Succinée). Leur tégument est riche en glandes. Ils respirent par un poumon simple ou complexe ainsi que par leur tégument. Leur coquille est spiralée, peu épaisse, dextre, parfois sénestre, conique et plus ou moins élevée ou plane. L’ouverture est fréquemment rétrécie par des dents ou des lamelles, mais peu de formes peuvent l’obturer (clausilium des Clausilies). Bien des Pulmonés peuvent se rétracter entièrement dans leur coquille et sécréter, lors de l’hibernation ou des périodes de sécheresse, un épiphragme muqueux qui, en durcissant, compense l’absence d’opercule. La coquille des Testacelles, très réduite, est reportée à l’extrémité postérieure du corps. Les Oncidies en sont dépourvues, et maintes Limaces ne produisent plus qu’une mince plaque coquillière recouverte par le manteau (Arionidés, Limacidés) ou des granulations calcaires qui en tiennent lieu (Tracheopulmonata, certains Arionidés).

Le poumon, vascularisé surtout vers le pneumostome, est une cavité simple ou en U, mais il montre parfois une tendance à devenir alvéolaire. Celui des Onchidiidés, à pneumostome postérieur, émet des diverticules vers le cœur. On le dit « trachéen » chez les Anthoracophoridés des tropiques, car il émet de fins tubules respiratoires jusque dans un grand sinus dorsal.

Le manteau n’apparaît plus à l’extérieur que sous la forme d’un « champ palléal » situé vers le milieu du dos chez les formes à test interne ou inexistant (Arionidés, Limacidés). La face dorsale des Onchidiidés se modifie en un notum hérissé de papilles, dont certaines portent des yeux.

Herbivores dans leur grande majorité, les Pulmonés contiennent des représentants qui se nourrissent de détritus et d’autres qui sont carnivores. Les Testacelles chassent les Lombrics ou des Mollusques et les ingurgitent.

Comme les Basommatophores, les Stylommatophores sont tous hermaphrodites, et, au cours de l’accouplement, qui est unilatéral ou réciproque, il y a passage — ou échange — de spermatophores entre les conjoints. Ces animaux sont redoutés pour les dégâts qu’ils font subir aux cultures (Achatines, Limaces, Escargots).


Les Opisthobranches


Caractères généraux

Le terme d’Opisthobranches s’applique à des Gastropodes marins dont le complexe palléal semble avoir subi une détorsion telle que les organes qui avaient été reportés au côté gauche chez les Prosobranches se situent au côté droit, en arrière des orifices génitaux. La cténidie des Opisthobranches naît en arrière du cœur, dont le ventricule est antérieur par rapport à l’oreillette. À ces caractères fondamentaux (sujets à d’importantes fluctuations) s’ajoutent dans ce groupe très hétérogène maintes particularités qui affectent toutes les parties du corps.

La coquille, spiralée, est dextre ou sénestre, mais elle peut être patelliforme, conique ou globuleuse et symétrique par rapport à un plan ; elle est formée de deux valves dans la famille des Juliidés, exactement comme chez les Lamellibranches. Elle devient interne dans plusieurs formes, et il n’en existe plus aucune trace dans différents groupes.