Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

gastro-entérologie (suite)

L’histoire de la gastro-entérologie

La gastro-entérologie a été servie, au cours des âges, par des noms fort célèbres. Parmi les plus connus, après Hippocrate*, Aretê de Cappadoce et Galien*, citons :

Léonard de Vinci, qui, en 1504, décrit l’appendice et donne également de nombreux dessins du foie, de la vésicule et de leurs vaisseaux ;

André Vésale (1514-1564), qui précise la morphologie de l’appendice en le comparant à un ver ;

Gabriel Fallope (1523-1562) puis Adriaan Van der Spieghel (1578-1625), qui complètent les descriptions du foie ;

Francis Glisson (1597-1677), qui isole en 1654 la capsule du foie qui porte son nom ;

Marcello Malpighi (1628-1694), qui démontre en 1686 que la bile provient du foie et non de la vésicule biliaire ;

Félix Tassy dit Félix († 1703), qui opère en 1687 Louis XIV d’une fistule anale, affection connue et traitée par ailleurs dès l’Antiquité ;

Abraham Vater (1684-1751), qui décrit en 1720 l’abouchement du cholédoque dans le duodénum ;

Giambattista Morgagni (1682-1771), qui rend compte en 1761 de l’existence de diverticules duodénaux et de kystes hydatiques du foie ;

René Laennec*, qui individualise en 1804 le squirre encéphaloïde de l’estomac et en 1819 la cirrhose à petits nodules, déjà observée par Aretê, Vésale et Morgagni ;

Jacques Lisfranc de Saint-Martin (1790-1847), qui propose dès 1826 l’exérèse des cancers coliques ;

Jean Cruveilhier (1791-1874), qui attache en 1830 son nom à l’ulcère gastrique vrai et qui, plus tard, décrira encore les diverticules de l’œsophage, les hernies hiatales et distinguera le cancer du pylore et la gastrite polypeuse ;

Gabriel Andral (1797-1876), qui découvre en 1832 les polyadénomes gastriques, dont Pierre Eugène Ménétrier (1859-1935) précisera l’histologie ;

Francis Kiernan (1800-1874), qui décrit en 1833 l’histologie du foie normal et de la cirrhose ;

Claude Bernard*, qui, de 1848 à 1855, consacre ses études à la fonction glycogénique du foie ;

Armand Trousseau (1801-1867), qui décrit en 1862 la phlébite annonciatrice des cancers gastriques ;

Harald Hirschprung (1830-1916), qui étudie successivement l’atrésie congénitale de l’œsophage (1861), le mégacôlon (1885) et la sténose pylorique du nourrisson (1887) ;

Karl von Kupffer (1828-1902), qui découvre en 1876 les cellules réticulo-endothéliales du foie ;

Friedrich Albert von Zenker (1825-1898), qui décrit l’année suivante les diverticules du haut œsophage et les œsophagites peptiques par reflux ;

Charles McBurney (1845-1913), qui propose vers 1885 l’appendicectomie à chaud ;

Ruggero Oddi, qui montre l’existence d’un sphincter à la terminaison du canal cholédoque (1887) ;

Victor Hanot (1844-1896), qui précise l’existence des cancers secondaires du foie (1888) et isole la cirrhose hypertrophique (1890) ;

Hans Kehr (1862-1916), qui introduit en 1896 la cholécystectomie avec drainage en T, qui est toujours d’actualité ;

Julius Heller (1864-1931), qui propose en 1913 de traiter le mégaœsophage par œsophagotomie extramuqueuse ;

Burrill B. Crohn, qui décrit en 1932 une iléite terminale dont les frontières nosologiques restent encore floues de nos jours.

Gastropodes ou Gastéropodes

Classe de Mollusques comprenant des animaux pourvus d’une tête, d’un pied et d’une masse viscérale caractérisée par l’asymétrie de la disposition de ses organes et logée dans une coquille spiralée.


Cette asymétrie résulte du phénomène de la torsion (v. Mollusques), auquel s’est surajouté celui de l’enroulement. Les Gastropodes se rencontrent en mer, dans les eaux douces ou saumâtres et sur terre. Ils représentent environ les trois quarts des formes actuelles de Mollusques et comprennent au moins 1 650 genres répartis en trois sous-classes : les Prosobranches, surtout marins, à cavité palléale et à branchies orientées vers l’avant ; les Pulmonés, adaptés à la vie terrestre et chez lesquels les branchies, disparues, sont remplacées par un « poumon » ; les Opisthobranches, animaux marins à cavité palléale souvent virtuelle, orientée vers le côté droit ou vers l’arrière.


Les Prosobranches


Caractères généraux

Deux caractères extérieurs se retrouvent dans la grande majorité des Prosobranches : la présence d’une coquille dextre et celle d’un opercule, production du pied propre à obturer l’ouverture.

L’originalité des Prosobranches réside surtout, pour les caractères extérieurs, dans la coquille, qui, rarement interne (Lamellaria) ou absente (Titiscania, Pterotrachea), offre, par son mode d’enroulement, son ornementation, ses riches coloris, une infinie diversité ; elle tient aussi à la forme du corps, à l’extension que prennent le pied, le manteau, les tentacules ou les papilles qui les ornent, et, dans ce tableau succinct, on ne saurait omettre la profusion du pigment des formes exotiques.

Chez ces animaux, à anse nerveuse viscérale longue, les effets de la torsion sont très nets, cette anse, disposée en 8, ayant déplacé au côté gauche du corps des organes qui, en l’absence de ce phénomène, se situeraient à droite. Mais si les formes inférieures de ce groupe ont encore un cœur à deux oreillettes, deux reins, deux cténidies, deux glandes hypobranchiales, deux osphradies (Archæogastropodes), il ne subsiste plus ailleurs que les organes situés au côté gauche.

À l’exception des « operculés terrestres », qui s’accommodent fort bien d’une existence aérienne, les Prosobranches sont astreints à vivre en milieu aquatique, et leur organisation se trouve être en harmonie avec d’évidentes nécessités, dont la plus impérieuse est le besoin de disposer d’une eau toujours renouvelée, oxygénée, aussi pure que possible. Les nécessités alimentaires sont favorisées par les aptitudes au déplacement, mais souvent la capture des proies s’effectue grâce à des courants ciliaires ou, lorsque les animaux sont sédentaires (Vermétidés), au moyen de filets muqueux où s’engluent les particules alimentaires.