Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
G

gallium (suite)

État naturel

On le trouve dans la plupart des échantillons de blende, de bauxite et d’aluminium commercial. Il ne constitue que 10−4 p. 100 de la lithosphère.


Atome

La structure électronique de l’état fondamental de l’atome est 1s2, 2s2, 2p6, 3s2, 3p6, 3d10, 4s2, 4p1. Il se trouve dans le groupe III B de la classification périodique. Il a un rayon de 1,25 Å, et son cation Ga+3 a un rayon de 0,61 Å. Les énergies successives d’ionisation sont respectivement 6,0 eV, 20,4 eV et 30,6 eV.


Corps simple

C’est un métal qui fond à 29,8 °C et a une densité de 5,93. Il a des propriétés chimiques très voisines de celles de l’aluminium : ainsi, il brûle dans le chlore en donnant un trichlorure, dans l’oxygène en donnant un sesquioxyde Ga2O3 ; chauffé avec le soufre, le gallium donne le sulfure Ga2S3 ; vers 1 000 °C, il donne avec l’azote un nitrure GaN ; il se dissout dans les alcalis caustiques, etc.


Composés

Les composés sont très analogues à ceux de l’aluminium. Mais on connaît aussi, en plus du trichlorure GaCl3, plus fusible que le trichlorure d’aluminium, les chlorures GaCl2 et GaCl. GaCl2 contient l’ion (GaCl4). On a pu obtenir aussi Ga2O ; l’oxyde Ga2O3, analogue à Al2O3, est plus facilement réduit.

François Lecoq de Boisbaudran

Chimiste français (Cognac 1838 - Paris 1912). En 1875, il a découvert et étudié le gallium, premier élément manquant au tableau de Mendeleïev, puis le samarium, le dysprosium et l’europium.

H. B.

 P. de La Bretèque, Gallium, propriétés principales (Soc. fr. pour l’industrie de l’aluminium, Marseille, 1962).

Galois (Évariste)

Mathématicien français (Bourg-la-Reine 1811 - Paris 1832).


Deuxième fils d’un maître de pension, Galois entre en 1823 comme boursier au collège royal Louis-le-Grand et y reste pensionnaire jusqu’en 1829. Son goût pour les mathématiques se révèle en 1827. Il lit alors d’un trait la Géométrie d’Adrien Marie Le Gendre (1752-1833) et étudie l’œuvre de Louis de Lagrange*. Cette même année, il obtient au concours général le premier prix de mathématiques et un accessit de grec. Suivant la coutume de l’époque, il fait sa rhétorique en même temps que la deuxième année de mathématiques préparatoires (1827-28) et se présente à l’École polytechnique, où il échoue.

À la fin de 1829, il présente à l’Académie des sciences, par l’intermédiaire d’Augustin Cauchy*, ses premières études sur les équations algébriques de degré premier. Mais, le 2 juillet, son père se suicide, et, quelques jours après, Galois subit son deuxième échec au concours d’entrée à l’École polytechnique. En octobre, il entre à l’École préparatoire, nom de l’École normale supérieure sous Charles X. Bachelier ès lettres et ès sciences en décembre, il présente en février 1830, à l’Académie des sciences, un important mémoire sur les conditions pour qu’une équation soit résoluble par radicaux. Il postule par ce mémoire au grand prix de mathématiques. Soumis au jugement de Joseph Fourier (1768-1830), ce travail est égaré à la mort du rapporteur ; le grand prix est décerné à Carl Jacobi* et, à titre posthume, à Niels Abel*. Lorsque éclate la révolution, en juillet, Cauchy, un des rares membres de l’Académie aptes à comprendre Galois, quitte la France. Quant à celui-ci, il se lie à des étudiants républicains et entre dans l’artillerie de la garde nationale. En opposition politique avec le directeur de l’École normale, il est exclu de cette école le 4 janvier 1831. Il ouvre un cours de mathématiques à la librairie Caillot, rue de la Sorbonne, et remet le 17 à l’Institut un mémoire Sur les conditions de résolubilité des équations par radicaux. Le 4 juillet, sur le rapport de Denis Poisson*, le mémoire n’est pas approuvé par l’Académie. Entre-temps, ayant dans un banquet porté avec un poignard un toast à Louis-Philippe, il est arrêté le 10 mai, mais acquitté le 15 juin. Le 14 juillet, il est de nouveau arrêté à la tête d’un petit groupe d’étudiants républicains. Détenu à Sainte-Pélagie, il est condamné le 23 octobre à six mois de prison, puis transféré à la Force, par mesure disciplinaire, fin janvier 1832. Le choléra menace alors Paris, et il est gardé à vue dans une maison de santé où il reprend ses travaux.

Le 14 mai voit la fin de son amour malheureux avec une demoiselle Stéphanie. Il va être libéré, mais il est provoqué en duel. Le 23, il rédige son testament mathématique, la Lettre à Auguste Chevalier. Le 30, au matin, il se rend près de l’étang de la Glacière, où on le retrouve vers 6 heures du soir, abandonné par ses témoins, mortellement atteint. Le 31 mai 1832, à dix heures du matin, il meurt à l’hôpital Cochin.

En septembre, la Lettre à Auguste Chevalier est publiée dans la Revue encyclopédique. À la séance du 4 juillet 1843, Joseph Liouville (1809-1882) annonce à l’Académie : « J’ai trouvé dans les papiers d’Évariste Galois une solution aussi exacte que profonde de ce beau problème : étant donné une équation irréductible de degré premier, décider si elle est ou non soluble par radicaux. »

J. I.

 A. Dalmas, Évariste Galois, révolutionnaire et géomètre (Fasquelle, 1956). / E. Bourgne et J.-P. Azra, Écrits et mémoires mathématiques d’Évariste Galois (Gauthier-Villars, 1963).

Gama (Vasco de)

Navigateur portugais, découvreur de la route maritime vers l’Inde (Sines v. 1469 - Cochin 1524).


C’est au dernier des fils d’une noble famille, très réputé pour la fermeté de son caractère et sa science de la navigation, que le roi Manuel, au pouvoir depuis deux années, confie en 1497 la direction de la grande expédition qui doit enfin ouvrir au Portugal la route des épices et procurer les immenses profits que l’on attend de leur trafic : la témérité lusitanienne va être récompensée. Il en a fallu beaucoup, depuis la lointaine prise de Ceuta (1415) et durant toute la lente descente des côtes d’Afrique, qui a permis enfin à Bartolomeu Dias de franchir le cap des Tempêtes (le cap de Bonne-Espérance) en 1487.