Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
F

fusil (suite)

Toutefois, en raison de son imprécision due, en tir automatique, à sa forte réaction sur le tireur, le fusil de 7,62 mm apparaît peu efficace aux courtes distances, tandis que sa portée et sa puissance sont excessives aux moyennes distances, où son emploi est moins nécessaire. Aussi s’oriente-t-on vers une arme de calibre plus réduit (5,56 mm), rendue moins lourde par l’emploi d’alliages légers et de matières plastiques, et qui pourrait devenir une arme automatique unique, capable, jusqu’à 300 m, de tenir lieu à la fois de fusil, de pistolet mitrailleur et de fusil mitrailleur. Le premier type de cette génération a été réalisé par l’industrie américaine et expérimenté au cours de la guerre au Viêt-nam : c’est le fusil M 16 de 5,56 mm, dont le poids, avec un chargeur de trente cartouches, ne dépasse pas 3,4 kg et dont la vitesse de tir atteint cinquante coups par minute. Son calibre a été adopté par la Bundeswehr (fusil HK 33 à chargeur en aluminium) et, en 1970, pour le futur armement individuel de l’armée française.

Petit vocabulaire

arquebuse, première arme à feu portative utilisée de la fin du xve s. au début du xviie et servie le plus souvent par deux hommes. (La poudre était allumée soit avec une mèche, soit à l’aide d’une roue dentée appelée rouet.)

carabine, fusil court et léger à canon rayé, donné aux xviie et xviiie s. à certaines troupes à cheval. Ensuite furent fabriquées plusieurs carabines de calibre égal à celui du fusil, mais au canon plus court, tels les modèles français 1837, donné aux chasseurs à pied, et 1890, donné à la cavalerie, ainsi que le modèle américain 1942 de 7,62 mm, d’un poids de 2,75 kg et d’une portée de 200 m. Pour l’instruction du tir, on utilise fréquemment une carabine de 5,5 mm, dite « 22 long rifle », précise jusqu’à 100 m.

escopette, terme général désignant du xve au xviiie s. des armes à feu portatives, notamment celles dont la bouche était évasée.

fusil mitrailleur. V. mitrailleuse.

mousquet, arme à feu individuelle d’origine espagnole, apparue vers 1525 et devenue d’un usage courant à la fin du xvie s. et au xviie s. Plus lourd que l’arquebuse, reposant pour le tir sur une fourche (fourquine), il envoyait à 200 ou 300 m une balle de 30 g. Vers 1650, son calibre, réduit à 18 mm, permit de diminuer son poids, et la fourquine fut supprimée. Cadence de tir : un coup toutes les cinq minutes.

mousqueton, arme intermédiaire entre le fusil et la carabine, qui arma les sapeurs et les artilleurs au xixe s., puis les mitrailleurs et les troupes montées jusqu’en 1940.

pistolet mitrailleur. V. mitrailleuse.

H. de N. et R. S.

➙ Arme / Mitrailleuse / Tir.

 J. Boudriot, Armes à feu françaises, 1re série (1717-1836) [Petitot, 1961].

fusion

Passage d’un corps de l’état solide à l’état liquide. (Le passage inverse est la solidification.)



Généralités

Les lois du phénomène sont simples si le solide est un corps* pur cristallisé. Sous pression donnée p, la fusion du cristal s’effectue à une température déterminée tf, qu’on nomme sa température, ou point, de fusion. La cristallisation a lieu, sous cette même pression, à cette même température, de sorte que cristal et liquide constituent, dans les conditions p, tf, un système diphasé en équilibre univariant, pour lequel existe une relation f(tfp) = 0. Dans le repère t, p, cette relation se traduit par une courbe dite courbe de fusion du corps pur. En application des lois du déplacement de l’équilibre, la courbe est de pente positive si le corps augmente de volume en fondant : il en est presque toujours ainsi ; cependant, pour quelques corps (glace, bismuth), la fusion s’accompagne d’une diminution de volume, et la pente de la courbe de fusion est négative. Dans tous les cas, cette pente est importante, comparée à celle des autres courbes de changement d’état : 131 kilogrammes par centimètre carré et par degré pour la glace ordinaire au voisinage de 0 °C. Sous pression donnée, la pression atmosphérique par exemple, la température de fusion dépend largement de la nature du corps.

La courbe de fusion est limitée, vers les basses pressions, au point triple (v. corps pur) par sa rencontre avec les courbes de sublimation et de vaporisation ; vers les pressions élevées, par contre, aucune limite analogue à celle du point critique (v. vaporisation) ne peut apparaître, car aucune continuité n’est concevable entre les états fluide et cristallisé. Gustav Tammann, puis Percy Williams Bridgman ont soumis diverses substances à des pressions extrêmement élevées, parfois supérieures à 100 000 kg/cm2. Quelques résultats concernant la fusion sont indiqués sur les figures : dans le cas particulier de l’eau apparaissent six variétés allotropiques de glace, dont chacune possède un domaine de stabilité ; seule la glace ordinaire est moins dense que l’eau ; son point de fusion s’abaisse à – 22 °C sous 2 200 kg/cm2 ; pour des pressions plus élevées, le point de fusion croît de nouveau, pour dépasser 100 °C sous 25 000 kg/cm2.


Chaleur de fusion

La fusion s’accompagne d’une absorption de chaleur ; la chaleur latente de fusion, quantité de chaleur qu’il faut fournir à l’unité de masse du solide pour le fondre, à T et p constants, peut être mesurée par calorimétrie ; elle peut aussi être calculée par une formule de Clapeyron,
Lf = T (ul – us) dp/dT
où T est la température Kelvin de fusion sous la pression considérée, us et ul les volumes massiques du solide et du liquide, dp/dT la pente de la courbe de fusion. Lf étant toujours positif, ul – us et dp/dT sont toujours de même signe : on retrouve ce qui a été dit plus haut. La transformation étant isotherme et isobare, Lf est aussi la variation d’enthalpie qui accompagne la fusion ; comme la variation d’entropie est ΔS = Lf/T, la variation d’enthalpie libre ΔG = ΔH – T.ΔS est nulle, ce qui exprime l’équilibre entre les phases solide et liquide lors de la fusion.