Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
F

Froberger (Johann Jakob) (suite)

De retour à Vienne, Froberger y demeura de 1653 à 1657. On perd ensuite sa trace pour ne le retrouver que dix ans plus tard chez la duchesse Sibylle de Wurtemberg. Son œuvre, qu’il retouchait sans cesse, ne commença à paraître qu’en 1693. Cet organiste claveciniste tient une place éminente parmi les précurseurs de Bach, car il est parmi les premiers — sinon le premier — à avoir tenté et réussi une fusion entre les trois mondes qui se partageaient alors la musique en Europe : le monde germanique, le monde latin et le monde français.

N. D.

 K. Seidler, Untersuchungen über Biographie und Klavierstil Johann Jakob Froberger (Königsberg, 1930). / M. Reimann, Untersuchungen zur Formgeschichte der französischen Klaviersuite (Ratisbonne, 1940). / E. Bauer, Die Klaviersuite Johann Jakob Frobergers (Sarrebruck, 1962).

froid

Ensemble des moyens mis au point par l’homme pour abaisser la température et utilisation des basses températures ainsi produites. (On dit aussi technique frigorifique.)



Introduction

Depuis le Néolithique, l’homme cherche à conserver ses aliments. Ainsi fait-il d’abord appel au froid naturel : cavernes, neige, glace. La technique est d’abord intervenue dans l’emploi de la glace naturelle, pour conserver jusqu’à l’été, dans des « glacières », la glace récoltée l’hiver sur les lacs ou les fleuves. Au xixe s., les États-Unis ont « industrialisé » cette utilisation de la glace naturelle, et, vers 1850, la ville de New York consomme 100 000 t de glace naturelle par an.

Au milieu du xixe s. sont mises au point les premières machines à produire du froid, fondées sur des principes de physique découverts au xviiie s. Le « froid artificiel » est d’abord utilisé essentiellement dans le domaine alimentaire, pour conserver et transporter les denrées périssables. Par habitude d’utiliser la glace naturelle, on demande aux premières machines de fabriquer de la glace « artificielle », avant d’utiliser directement le froid produit. Les premiers entrepôts frigorifiques sont construits aux États-Unis vers 1860, et, à la même date, le premier équipement frigorifique de brasserie est installé en Australie. Dès avant 1870 s’établit entre l’ouest et l’est des États-Unis un trafic régulier de fruits en wagons refroidis par de la glace. En 1876, Charles Tellier (1828-1913) aménage le navire le Frigorifique et réussit à transporter de la viande réfrigérée entre la France et l’Argentine. En même temps, l’homme comprend que le froid peut être utilisé à d’autres fins, par exemple pour rafraîchir l’atmosphère où il vit, maîtriser des réactions chimiques : les premières installations frigorifiques pour le conditionnement d’air, pour le raffinage du pétrole, etc., sont mises en place notamment aux États-Unis et en Australie.

Le début du xxe s. met en relief un autre aspect de l’utilisation du froid : la commodité qu’il apporte à la vie domestique. La première machine frigorifique domestique (Audiffren) est fabriquée industriellement en France et aux États-Unis en 1911, et, vers 1923, les aliments surgelés sont introduits sur le marché américain (Clarence Birdseye). Au cours du siècle écoulé, l’évolution de la technique frigorifique est caractérisée d’une part par la multiplication et la diversification extrême de ses utilisations, d’autre part par l’emploi de températures de plus en plus basses : aujourd’hui, le froid est utilisé dans une gamme de températures très large (environ 300 °C), depuis les températures de conditionnement d’air jusqu’au voisinage du zéro absolu (– 273 °C). À l’échelle mondiale, les incidences économiques de l’emploi du froid ont été considérables : c’est le transport des viandes et des produits laitiers sous froid à travers les océans qui a permis le développement de l’élevage bovin et ovin en Amérique du Sud aussi bien qu’en Australie ou en Nouvelle-Zélande et, parallèlement, l’essor industriel de la Grande-Bretagne, dont l’approvisionnement se fait au meilleur prix auprès de fournisseurs lointains ; c’est la possibilité de faire franchir aux denrées agricoles, d’ouest en est, en wagons frigorifiques, les 5 000 km du continent américain qui a rendu possible la spécialisation agricole régionale aux États-Unis. Grâce au conditionnement de l’air, l’homme a mis en valeur des régions à climat hostile. Enfin, par la liquéfaction du gaz naturel et son transport par navires spécialisés, on a récemment pu mobiliser une nouvelle source d’énergie.


Production du froid

Assez nombreux sont les phénomènes physiques ou physico-chimiques sur lesquels sont fondés les procédés de production du froid ; mais l’immense majorité des installations frigorifiques, des plus petites aux plus grandes, utilisent les machines à compression de fluides liquéfiables. Pour l’obtention de températures modérément froides, on peut avoir recours économiquement au refroidissement par évaporation d’eau, procédé d’autant plus efficace que l’atmosphère est plus sèche (méthode utilisée pour le conditionnement d’air en climat désertique ou tropical).


Transmission, distribution et conservation du froid

Dans la généralité des cas, la machine frigorifique produit le froid dans les tuyauteries d’un évaporateur, échangeur de chaleur qui le transmet au milieu ou à l’objet à refroidir. L’évaporateur peut être placé directement dans l’air à refroidir, qu’il s’agisse d’un réfrigérateur ménager, d’une chambre froide, d’une enceinte à climatiser. Il peut aussi refroidir un liquide : par exemple du lait, un milieu liquide en industrie chimique ou encore un médium réfrigérant (eau, saumure, solution glycolée, etc.) qui, circulant à son tour dans un échangeur de chaleur, refroidit l’air d’une enceinte (système indirect de refroidissement). Il peut encore refroidir directement un solide (produit alimentaire par exemple) placé à son contact. La chaleur se transmet suivant les trois processus de conduction, de convection et de radiation. La transmission par convection est sensiblement activée par la circulation forcée du fluide à refroidir (ventilateur pour l’air, pompes et agitateurs pour les liquides).