Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
F

Frisch (Max) (suite)

Les œuvres de Frisch

Récits et romans

1943

Die Schwierigen (J’adore ce qui me brûle, Gallimard, 1963 ; trad. de Maurice Beerblock).

1950

Tagebuch 1946-49 (Journal 1946-1949, Gallimard, 1964 ; trad. de M. Besson et P. Pilliod).

1954

Stiller (Je ne suis pas Stiller, Grasset, 1957 ; trad. de S. de Lalène).

1957

Homo faber (Gallimard, 1961 ; trad. de P. Pilliod).

1964

Mein Name sei Gantenbein (le Désert des miroirs, Gallimard, 1966 ; trad. d’A. Cœuroy).

Théâtre

Santa Cruz, « farce », créée en 1946.

Die Chinesische Mauer (la Grande Muraille, 1re version créée à Bâle en 1946 et publiée en 1947 ; 2e version publiée en 1955 ; Gallimard, 1969 ; trad. d’A. Adamov et J. Autrusseau).

Als der Krieg zu Ende war (La guerre était finie, pièce créée en 1949, jouée en France sous le titre Agnès).

Graf Öderland. Eine Moritat in zwölf Bildern (le Comte Öderland, histoire atroce et morale en douze tableaux, 1re version en 1951, 2e en 1961 ; Gallimard, 1968 ; trad. d’H. Bergerot).

Don Juan oder die Liebe zur Geometrie (Don Juan ou l’Amour de la géométrie, 1re version en 1953 ; 2e en 1963 ; Gallimard, 1969 ; trad. d’H. Bergerot).

Biedermann und die Brandstifter. Ein Lehrstück ohne Lehre (Monsieur Bonhomme et les incendiaires, pièce didactique sans doctrine, créée à Zurich en 1958, publiée la même année, créée en France par J.-M. Serreau en 1960 sous le titre M. Biedermann et les incendiaires ; Gallimard, 1961 ; trad. de P. Pilliod).

Die grosse Wut des Philipp Hotz (la Grande Rage de Philippe Hotz, un acte, créé à Zurich en 1958, créé en France par le Centre dramatique de la Comédie de l’Ouest en 1963, publié dans la revue Théâtre populaire en 1961 [no 41]).

Andorra, pièce créée à Zurich en 1961, publiée la même année, créée en France au théâtre de la Commune par G. Carran en 1965 ; Gallimard, 1965 ; trad. d’A. Jacob.

Biographie : Ein Spiel (Biographie, jeu théâtral, pièce créée à Zurich en 1968, créée en France par le Centre dramatique de la Comédie de l’Ouest, mise en scène de Guy Parigot, en 1970 ; Gallimard, 1970, sous le titre Biographie : un jeu ; trad. de B. Lortholary).

G. S.

 H. Bänziger, Frisch und Dürrenmatt (Berne, 1960 ; nouv. éd., 1967). / E. Stäuble, Max Frisch, ein schweizer Dichter der Gegenwart (Amriswil, 1960).

Frise

En néerl. Friesland, province du nord des Pays-Bas ; 3 381 km2 ; 522 000 hab. Capit. Leeuwarden.


La Frise est certainement la province des Pays-Bas qui présente la plus forte originalité, avec sa langue (qui n’est pas un simple dialecte du néerlandais) et sa culture particulières. Les Frisons, peuple d’origine germanique, seraient arrivés par la mer dans les régions côtières du Nord vers le iie s. av. J.-C. Par la suite, ils étendent leur influence vers le sud-ouest (le nom de « Frise-Occidentale » est resté à une partie de la Hollande-Septentrionale), résistent à la romanisation et longtemps à la christianisation. Ce sont les premiers colonisateurs des terres basses, d’abord à l’aide de buttes artificielles, les terpen, puis par endiguement et poldérisation.

Région essentiellement agricole aujourd’hui, la Frise a connu au Moyen Âge une intense activité urbaine et commerciale qui menait ses marchands de la Baltique à la Rhénanie. Dès le xviie s., un net déclin se manifeste : quelques ports conservent une activité notable comme annexes d’Amsterdam ou exportateurs de produits laitiers, d’autres centres se replient sur une fonction de marché agricole ou périclitent. Des onze « villes » historiques frisonnes, plusieurs ne méritent plus ce nom aujourd’hui ; une seule (Leeuwarden) a plus de 50 000 habitants ; et Franeker a perdu l’université où séjourna Descartes. Voici plusieurs décennies que la Frise est une terre d’émigration, ses centres urbains, peu industrialisés, ne pouvant retenir qu’une faible partie de l’exode rural (de 1960 à 1969, le déficit migratoire s’élève à 3,7 p. 100 de la population de 1960) ; et en 1965 son revenu par tête était le plus bas de toutes les provinces néerlandaises.

Pourtant, la Frise passe à juste titre pour une riche région agricole. La plus grande partie de son territoire (dont le point le plus haut n’est qu’à 27 m d’altitude) comporte un sous-sol argileux donnant des terres lourdes qui conviennent mieux aux herbages qu’aux labours. Les prairies couvrent 90 p. 100 de la superficie agricole : 60 p. 100 environ sur la bordure nord (où l’on cultive le blé et surtout la pomme de terre), mais près de la totalité ailleurs. Ces herbages entretiennent un troupeau de près de 600 000 bovins, surtout des vaches laitières de la célèbre race frisonne, qui donne lieu à un commerce d’animaux sélectionnés. L’éloignement des grands centres urbains a maintenu la tradition de transformer le lait sur place, opération qui se fait, aujourd’hui, dans un cadre coopératif solidement organisé. La Frise était surtout célèbre par son beurre, mais, depuis quelques dizaines d’années, elle a progressivement diversifié sa production : fromage, lait condensé, lait en poudre, boissons chocolatées. Toutefois, les exploitations agricoles, qui ne sont pas de très grande taille pour une économie herbagère, ne parviennent pas à fournir du travail à une population dont le croît naturel est souvent encore voisin de la moyenne néerlandaise. À la suite d’un fort exode rural, qui se poursuit, la plupart des villages connaissent un déclin démographique marqué, qui met en cause l’équilibre même de la société rurale.

Du passé marchand de la Frise, il ne reste guère que l’activité du port de Harlingen (en outre, centre d’élevage des moules et de pêche de la crevette), petite ville stagnante de 12 000 habitants, et la fonction de commercialisation des produits de l’élevage, assurée par certaines villes historiques ou par des noyaux plus récents comme Wolvega.

Les petits centres tertiaires anciens n’atteignent pas 10 000 habitants (Bolsward, Franeker, Dokkum, celui-ci étant le seul à connaître une expansion récente), à l’exception de Sneek (26 000 hab.), qui s’affirme comme centre sous-régional, et surtout naturellement de Leeuwarden.