Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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France (suite)

L’Assemblée législative* (1791-92)

• Les révolutionnaires bourgeois élus à cette assemblée se divisent en deux clans : les Feuillants, qui veulent « arrêter » la Révolution ; les Brissotins ou Girondins*, qui veulent la poursuivre dans l’union du peuple et de la bourgeoisie.

• Très vite, la guerre, en ajoutant aux tensions internes le poids du danger extérieur, précise et durcit les attitudes. Cette guerre est voulue à la fois par le roi et la Cour, qui jouent la politique du pire, par La Fayette, à la recherche de gloire, et les Girondins, qui veulent démasquer le roi. L’Europe, elle, s’inquiète (sept. 1791 : annexion par la France d’Avignon et du comtat Venaissin).

• Le 20 avril 1792, la guerre est déclarée « au roi de Bohême et de Hongrie ». Dès lors, les effets de la politique extérieure détermineront l’évolution de la politique intérieure, qui débouchera sur la chute de la royauté.

• Débandade française aux Pays-Bas devant les Autrichiens ; invasion prussienne en Lorraine.

• 11 juillet 1792 : l’Assemblée proclame la patrie en danger ; levée de volontaires.

• 10 août 1792 : la menace prussienne (Manifeste de Brunswick, 25 juill.) ; création de la Commune insurrectionnelle de Paris et émeute du 10 août. L’Assemblée proclame la suspension du roi, qu’elle remplace par un Conseil exécutif provisoire.

• Août-septembre 1792 : aggravation du péril extérieur (prise de Longwy [23 août], de Verdun [2 sept.]). La première terreur (massacres de Septembre).

• 20 septembre 1792 : arrêt de l’invasion (Valmy) et fin de la Législative.


La Convention* (1792-1795)

Le 22 septembre 1792, la république est proclamée.

De septembre 1792 à juin 1793 : Montagne contre Gironde
La cassure de la bourgeoisie révolutionnaire, amorcée le 10 août 1792, est confirmée par l’opposition des Girondins*, pour qui le retour à l’ordre est essentiel, le péril social primordial, et des Jacobins* (la Montagne), qui opposent à l’aristocratie intérieure et étrangère une révolution décidément populaire. Durant dix mois, ces deux courants s’affrontent à la Convention, tandis que grandit une « troisième force » : celle du petit peuple parisien, conduit parfois par des « enragés » et animé par les sections et les sociétés populaires.
Novembre 1792 : offensive française ; annexion de la Savoie et de la Belgique (Jemmapes, 6 nov. 1792).
Décembre 1792 - janvier 1793 : procès et exécution du roi (21 janv.).
Février 1793 : formation de la 1re coalition. Crise financière, inflation, crise des subsistances, misère ouvrière.
Mars-avril 1793 : après la défaite de Neerwinden (18 mars), les conquêtes sont perdues, et la France est menacée, d’autant qu’éclate l’insurrection vendéenne. Création d’un Comité de défense générale, d’un Tribunal révolutionnaire et d’un Comité de salut public, qui se substituent progressivement à l’Assemblée girondine, jugée inactive.
31 mai - 2 juin 1793 : chute de la Gironde. La Province se révolte (Lyon, Est, Midi, Ouest) ; mouvements fédéralistes.

Le gouvernement révolutionnaire. La terreur (juin 1793 - juill. 1794)
Devant la conjonction des périls, la Montagne — dominée par Robespierre*, Danton*, Marat*, Saint-Just* — fait bloc avec les forces populaires noyautées par l’hébertisme.
Des mesures exceptionnelles sont prises : le maximum, la Terreur*, la loi des suspects.
Un gouvernement révolutionnaire est constitué. La Convention est assistée de deux conseils : le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale (Paris) ; envoi en province de puissants représentants en mission.
Politique de déchristianisation sous l’influence d’Hébert* (calendrier révolutionnaire).
23 août 1793 : « levée en masse » et réquisition.
La situation à l’extérieur est renversée (victoire de Wattignies, oct. 1793 ; reprise de Toulon, déc. 1793) ; l’insurrection intérieure est matée : défaite vendéenne, reprise de Lyon en octobre 1793.
La bourgeoisie robespierriste prend dès lors les affaires en main ; elle élimine successivement les hébertistes (mars 1794), puis les indulgents, ou dantonistes (avr. 1794). C’est le « règne » de Robespierre (aggravation de la Terreur, culte de l’Être suprême...), que la victoire de Fleurus (26 juin 1794) et la reconquête de la Belgique rendent précaire et qui se termine le 9 thermidor.

La convention thermidorienne (juill. 1794 - oct. 1795)
C’est la rentrée dans l’ordre bourgeois, la fin des Jacobins et de la Terreur, la réaction antirévolutionnaire qui va jusqu’à l’insurrection royaliste, d’ailleurs réprimée à Quiberon par Hoche (juill. 1795) et à Paris par Bonaparte (vendémiaire an IV).
Mais c’est aussi le temps du luxe étalé par les « fripons » qui ont abattu Robespierre, le temps de la misère et des révoltes des sans-culottes parisiens (avr. et mai 1795), révoltes écrasées par la force.
La Convention thermidorienne tire parti de nouvelles victoires des armées révolutionnaires ; les traités de Bâle et de La Haye (avr.-juill. 1795) disloquent la 1re coalition, dont se retirent Prusse, Hollande et Espagne ; la France est maîtresse de la Belgique et de la rive gauche du Rhin.
La Constitution de l’an III (1795), qui instaure le Directoire*, est extrêmement conservatrice, car elle entérine le régime censitaire, propice au gouvernement des « propriétaires » ; le décret « des deux tiers » reconduit le personnel thermidorien.


Le Directoire* (oct. 1795 - nov. 1799)

Problèmes politiques
La Constitution de l’an III n’ayant prévu aucune procédure légale en cas de conflit entre les pouvoirs, le coup d’État va devenir un procédé de gouvernement ; procédé auquel la force militaire donne son appui.
Mai 1796 : répression par l’armée des « babouvistes », partisans d’un certain communisme (v. Babeuf).
Septembre 1797 : par le coup d’État du 18 fructidor an V, les députés royalistes sont arrêtés et déportés.
Mai 1798 : par le coup d’État du 22 floréal an VI, les députés jacobins sont invalidés.
Juin 1799 : par le coup d’État du 30 prairial, la majorité jacobine des Conseils contraint trois directeurs à démissionner.
Juillet-septembre 1799 : agitation royaliste (vallée du Rhône, Bretagne, Toulouse).

Problèmes économiques
Ruine de l’État, favorisée par l’anarchie et la corruption ; chute de l’assignat ; misère générale (brigandage, « chauffeurs »).
Septembre 1797 : l’État ne paiera plus que le tiers des rentes.
Juin-juillet : emprunt forcé sur les fortunes ; création d’un nouvel impôt (portes et fenêtres).

Problèmes religieux
Ils sont liés à la lutte contre le royalisme renaissant.
Après 1797 : mesures contre les anciens prêtres réfractaires. Contre le catholicisme, le Directoire tente même de favoriser de nouveaux cultes (théophilanthropie, culte décadaire). Résistance des populations, pénétrées de christianisme.