Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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France (suite)

Outre Godard et Resnais, les leaders de la nouvelle vague sont François Truffaut, Claude Chabrol, Jacques Demy, Agnès Varda, Eric Rohmer, Jacques Rivette, Philippe de Broca. Loin de former une école cohérente, ces cinéastes ne se sont unis un moment que pour protester contre les structures sclérosantes d’un certain cinéma français. Il s’agit donc plus d’un amalgame de jeunes cinéphiles brûlant d’envie de filmer que d’un mouvement homogène décidé à imposer un programme esthétique ou thématique. En dehors des cinéastes de la nouvelle vague (auxquels on doit certaines des œuvres les plus importantes des années 60, mais aussi certains échecs et de nombreuses tentatives avortées) et de quelques francs-tireurs de talent (Alain Cavalier, Alain Robbe-Grillet, Christian de Chalonge, Alain Jessua, René Allio, Jean-Louis Bertucelli), le cinéma traditionnel n’a pas abdiqué. De Henri Verneuil à Gérard Oury en passant par Jacques Deray et Michel Audiard continue à s’imposer un cinéma-spectacle qui collectionne les succès au box-office. Plus difficiles à classer, Louis Malle, Claude Lelouch, Michel Deville, Claude Sautet, Édouard Molinaro, Robert Enrico, Jean-Pierre Mocky, Costa Gavras, Pierre Granier-Deferre, Jean-Pierre Melville hésitent entre des œuvres de recherche personnelle et des œuvres plus commerciales.

Quand survient mai 1968, le cinéma s’insurge, lui aussi. Mais les états généraux, qui siègent dans l’enthousiasme, ne survivent pas à leurs programmes utopiques. Le germe de la contestation va, toutefois, s’installer au sein de l’industrie cinématographique, donnant naissance à des groupes de réalisation (Slon, Dziga Vertov, Medvekine, Jeune Collectif) qui produisent des œuvres militantes. Parallèlement s’élabore un jeune cinéma d’avant-garde (Philippe Garrel), préoccupé essentiellement par des recherches d’écriture et qui se heurte à d’épineux problèmes de distribution. Quant à l’école documentaire, elle est principalement représentée par Jean Rouch, François Reichenbach et Frédéric Rossif.

Mais, malgré son niveau honorable, le cinéma français pèche sans doute par excès de timidité lorsqu’il s’agit d’aborder des thèmes controversés et semble moins combatif que le jeune cinéma italien ou britannique. La nouvelle vague a eu davantage d’influences bénéfiques sur les jeunes cinéastes étrangers que sur tous ceux qui ont bénéficié en France même de son sillage.

G. H. et J.-L. P.


Les principaux metteurs en scène français


Marc Allégret

(Bâle 1900). Premier film en 1927 (Voyage au Congo, court métrage documentaire). Principaux longs métrages : Fanny (1932), Lac aux dames (1934), Orage (1937), Entrée des artistes (1938), les Petites du quai aux Fleurs (1943), Julietta (1953), Futures Vedettes (1954).


Yves Allégret

(Asnières 1907). Premier long métrage en 1941. Principaux films : les Démons de l’aube (1945), Dédée d’Anvers (1947), Une si jolie petite plage (1948), Manèges (1949), Les miracles n’ont lieu qu’une fois (1950), la Jeune Folle (1952), les Orgueilleux (1953), la Meilleure Part (1955), Germinal (1963).


Claude Autant-Lara

(Luzarches 1903). Débute comme décorateur et créateur de costumes. Réalisateur de deux courts métrages expérimentaux : Faits divers (1923) et Construire un feu (1925). Principaux films : Ciboulette (1933), le Mariage de Chiffon (1942), Douce (1943), le Diable au corps (1947), Occupe-toi d’Amélie (1948), l’Auberge Rouge (1951), le Blé en herbe (1954), Marguerite de la nuit (1955), la Traversée de Paris (1956), En cas de malheur (1958), la Jument verte (1959), Tu ne tueras point (1960).


Jacques Becker.

V. l’article.


Robert Bresson.

V. l’article.


Philippe de Broca.

V. vague (nouvelle).


Albert Capellani

(Paris 1870 - id. 1931). Premier long métrage en 1905. Dirige certains films comiques avec André Deed, Prince Rigadin et Max Linder. Directeur artistique de la S. C. A. G. L. (Société cinématographique des auteurs et gens de lettres) en 1908. Principaux films : l’Assommoir (1909), les Deux Orphelines (1910), les Misérables (1912), Germinal (1913), Quatre-vingt-treize (1914), Hors de la brume (1919, aux États-Unis).


Marcel Carné.

V. l’article.


André Cayatte

(Carcassonne 1909). Ancien avocat et journaliste. Premier long métrage en 1942. Principaux films : les Amants de Vérone (1948), Justice est faite (1950), Nous sommes tous des assassins (1952), Avant le Déluge (1953), le Dossier noir (1955), le Passage du Rhin (1960), la Vie conjugale (2 films, 1964), les Risques du métier (1967), Mourir d’aimer (1970).


Claude Chabrol.

V. vague (nouvelle).


Christian-Jaque

(Christian Maudet, dit) [Paris 1904]. Premier long métrage en 1932. Principaux films : François Ier (1936), les Pirates du rail (1937), les Disparus de Saint-Agil (1938), l’Assassinat du Père Noël (1941), la Symphonie fantastique (1942), Boule de Suif (1945), la Chartreuse de Parme (1947), Fanfan la Tulipe (1952), les Bonnes Causes (1963).


René Clair.

V. l’article.


René Clément.

V. l’article.


Henri Georges Clouzot.

V. l’article.


Jean Cocteau.

V. l’article. — Premier long métrage, en 1930 (le Sang d’un poète). Principaux films : la Belle et la Bête (1946, avec René Clément), l’Aigle à deux têtes (1946), les Parents terribles (1948), Orphée (1950), le Testament d’Orphée (1959).


Émile Cohl.

V. l’article.


Louis Daquin

(Calais 1908). Premier long métrage en 1941. Principaux films : Nous les gosses (1941), le Voyageur de la Toussaint (1942), Premier de cordée (1943), le Point du jour (1948), Bel Ami (1954), les Chardons du Baragan (1957).


Henri Decoin

(Paris 1896 - id. 1969). Premier long métrage en 1933. Principaux films : Battements de cœur (1939), Premier Rendez-vous (1941), les Inconnus dans la maison (1942), Entre onze heures et minuit (1948), la Vérité sur Bébé Donge (1951).


Jean Delannoy

(Noisy-le-Sec 1908). Premier long métrage en 1935. Principaux films : Pontcarral (1942), l’Éternel Retour (1943), la Symphonie pastorale (1946), Les jeux sont faits (1947), Dieu a besoin des hommes (1950), la Minute de vérité (1952), Notre-Dame de Paris (1956), la Princesse de Clèves (1960).


Louis Delluc