Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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France (suite)

La chimie organique, fondée sur le charbon ou sur les hydrocarbures, connaît une expansion rapide. Elle livre une série de produits de base, réutilisés immédiatement pour la fabrication de biens d’équipement et de biens de consommation : entre autres le méthanol, le butadiène, le propylène et surtout l’éthylène (761 000 t). La pétrochimie, donnant des produits plus purs et à des prix de revient plus bas que la chimie du charbon, enregistre des progrès très nets. Par conséquent, non seulement elle s’est développée à proximité de puissants foyers de raffinage (Basse-Seine, étang de Berre, Lyon) et sur le gaz naturel de Lacq, mais aussi elle s’insinue au cœur des régions charbonnières.

La parachimie fournit des produits plus valorisés. Déjà anciennes sont la parfumerie de la Région parisienne, la fabrication des produits pharmaceutiques (Paris, Lyon) et celle des produits photographiques. Les industries récentes, dérivées de la chimie organique, sont en pleine expansion. Amorcée en 1958 sur la Basse-Seine et sur l’étang de Berre, la fabrication du caoutchouc synthétique a été portée à plus de 275 000 t. Plus récente encore est la production des matières plastiques : la région lyonnaise s’inscrit en tête, dans un bilan régional, devant la Basse-Seine, la Région parisienne, le Nord et Lacq.

La chimie parisienne est la première de France. L’ampleur du marché de consommation et les possibilités de vente à l’étranger y ont suscité le développement d’activités très variées, desquelles émergent la fabrication des produits photographiques et pharmaceutiques, celle des peintures et des vernis et la parfumerie ; à Paris sont les sièges des grandes sociétés et des laboratoires de recherche. Presque aussi diversifiée est la chimie lyonnaise. Partout ailleurs, on trouve surtout de grosses usines exploitant une richesse naturelle et employant des effectifs limités de main-d’œuvre.


Les industries du bois

Bois et forêts couvrent plus de 13,5 Mha, près du quart du pays : c’est en partie le résultat d’un reboisement spontané, lié à plus d’un siècle d’abandon agricole, mais aussi au boisement de terres incultes (Landes, Sologne) et à une politique systématique de reboisement (1,3 Mha de 1947 à 1969). Les grandes régions forestières sont situées au sud-est d’une ligne La Rochelle-Charleville : est du bassin de Paris et Vosges (40 p. 100 de la superficie française), Jura et Alpes du Nord, Massif central, Landes et Pyrénées. Mais cette forêt est de valeur très inégale : n’est véritablement exploitée de façon rationnelle que la forêt contrôlée par l’administration des Eaux et Forêts (plus du tiers). L’exploitation donne chaque année un peu plus de 17 M de grumes (dont 45 p. 100 de feuillus et 55 p. 100 de résineux), dont on tire ensuite des bois de sciage et des bois de papeterie et d’industrie.

Bois français, bois importés des pays du Nord et des pays tropicaux sont utilisés par une industrie très diversifiée. Très étroitement localisées sont certaines activités : exploitation du chêne-liège (Roussillon, Landes), production de résine (moins de 50 000 hl par an, surtout dans les Landes). La production de bois de mine, déjà ancienne, se maintient plus ou moins, pour des marchés intérieurs et extérieurs, dans les Landes et surtout dans le Nord-Est. Prospère aussi est la fourniture de bois de sciage, qui est essentiellement le fait de petites entreprises, dont la plupart sont volantes. La production de contre-plaqué, qui traite des bois de France et du Gabon (une cinquantaine d’usines), est en pleine expansion. Utilisant de plus en plus de bois importés, l’industrie du meuble reste en partie artisanale ; Paris (faubourg Saint-Antoine) est de très loin le premier centre d’une industrie qu’on trouve aussi dans le Nord, en Alsace, dans la région lyonnaise et à Bordeaux.

Si la fabrication de papier de paille et de chiffon est très ancienne, celle de cellulose ne fut entreprise qu’au lendemain de la Première Guerre mondiale. 300 usines environ, employant 50 000 personnes, produisent un peu plus de 1,7 Mt de pâte à papier, transformée sur place en papier et en carton. La plus grande partie de ces usines est située à proximité des gros utilisateurs de papier, ainsi que dans les ports d’importation : le Nord, la Basse-Seine et la Région parisienne fabriquent près de la moitié de ce papier.


Les industries alimentaires

Les industries agricoles et alimentaires travaillent à 90 p. 100 pour le marché français. Une gamme assez variée d’industries valorise des produits récoltés en France. Plus de 4 Mt de farine sont obtenues chaque année dans près de 3 500 moulins et surtout dans de grosses minoteries, notamment autour de Paris. La plus grande partie des semoules (près de 400 000 t) est fabriquée à Marseille, qui reçoit le blé dur nord-africain ; sont aussi livrées plus de 300 000 t de pâtes, pour 75 p. 100 à Marseille, Paris et Lyon. 80 p. 100 de la bière sont fabriqués dans le Nord-Est, dans le Nord et à Paris. Moins de 75 usines ont, en 1970, produit près de 2,5 Mt de sucre : près de 50 p. 100 sur les confins de la Picardie et du Soissonnais (Somme et Aisne), 20 p. 100 dans le Nord, 20 p. 100 dans la Région parisienne (Brie). Le développement des cultures légumières et fruitières s’est accompagné de celui de la conserverie, notamment dans la moyenne Garonne, la Bretagne méridionale et le Sud-Est.

L’élevage est à l’origine d’une industrie alimentaire importante et diversifiée : près de 500 000 t de beurre, plus de 650 000 t de fromage (et 314 000 t de yaourt), 175 000 t de lait concentré entier et 650 000 t de lait sec écrémé. Alors que la production de beurre plafonne, celle de fromage continue à augmenter et celle de lait croît très vite. Les pays de l’Ouest consacrent la plus grande partie de leur lait à la fabrication de beurre (plus de 50 p. 100 en Bretagne et dans les Charentes, de 50 à 70 p. 100 dans le reste du Centre-Ouest et en Normandie), mais l’ampleur de la production permet la fabrication de fromages (Basse-Normandie). Les plus grosses quantités de fromage sont en fait produites dans les départements de l’Est (Lorraine) et du Jura, en Savoie, où plus de la moitié du lait y est consacré. Notable est la fabrication des fromages dans le Massif central (Cantal, Aveyron).