Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
F

Floride (suite)

L’histoire

Juan Ponce de Léon (v. 1460-1521) découvre et baptise la Floride en 1513 (le jour de la Pascua florida). Si les Espagnols ne trouvent pas d’or, ils assurent, grâce à la position stratégique de la péninsule, la sécurité de leurs galions. En 1565, ils fondent, à Saint Augustin, le premier établissement européen dans les limites actuelles des États-Unis. Pendant deux siècles, ils combattent la convoitise des Français et des Anglais. Mais ces derniers obtiennent, en 1763, au terme de la guerre de Sept Ans, que l’Espagne leur livre la Floride.

Les Britanniques apportent au pays un début de prospérité. Des plantations produisent de l’indigo et des oranges ; les forêts sont exploitées. Au cours de la révolution des treize Colonies, la Floride reste royaliste et passe en 1783 de nouveau sous l’autorité du roi d’Espagne.

Les États-Unis sont des voisins peu commodes, qu’attirent les terres inoccupées de la Floride ; pour les Américains, une nouvelle frontière s’ouvre au sud de la Géorgie. Après avoir acheté la Louisiane à la France (1803), ils grignotent la Floride occidentale en 1812-1814, laissent agir l’agressif général Andrew Jackson* en 1818 et, en 1819, obtiennent de l’Espagne la cession de la Floride. En 1845, celle-ci devient le vingt-septième État de l’Union.

C’est un État sudiste. Coton, canne à sucre, tabac, légumes, oranges sont cultivés par une main-d’œuvre servile, tandis que les Indiens Séminoles sont tués ou déportés au-delà du Mississippi (1835-1842) ; 1 400 000 ha de terres ont été allotis. Bien que les deux tiers des Blancs ne possèdent pas d’esclaves, ce sont les planteurs qui dominent la vie politique et sociale ; en 1861, ils entraînent la Floride dans la sécession. La guerre apporte à l’État le développement économique des pays fournisseurs aux armées, mais aussi les destructions des champs de bataille.

En fait, la Floride est une frontière jusqu’en 1920. Sa population atteint alors 1 million d’habitants, contre 270 000 en 1880 et 140 000 en 1860. Les chemins de fer lui ont amené les touristes, les fermiers, les commerçants. La guerre de Cuba (1898) a stimulé son expansion. Mais le boom date de la prospérité : de 1920 à 1940, la population double.

A. K.

 R. W. Patrick et A. Morris, Florida under Five Flags (Gainesville, 1967).

Floris de Vriendt (les)

Famille d’artistes flamands, illustrée au xvie s. par l’activité de deux frères : Cornelis et Frans.



Cornelis Floris de Vriendt
(Anvers 1514 - id. 1575)

Architecte et sculpteur, franc-maître en 1539, il séjourna en Italie entre 1540 et 1545. Il apparaît comme le grand ornemaniste de la Renaissance flamande, unissant dans un éclectisme fécond les données décoratives d’inspiration italienne à l’esprit septentrional (v. Belgique, Art).

L’hôtel de ville d’Anvers* (1560-1565), son chef-d’œuvre, conserve pour l’essentiel les structures de tradition flamande : toit à lucarnes, fenêtres croisillonnées, pignon central. Cependant, les modèles florentins et romains dictent à l’artiste sa travée bramantesque de l’avant-corps, la superposition des ordres dorique et ionique, les pilastres des ailes à la façon d’Alberti. Les emprunts à l’Italie, habilement combinés aux motifs autochtones, se retrouvaient dans la Maison hanséatique, aujourd’hui détruite.

Cornelis Floris, dans ses recueils de gravures consacrés aux grotesques, reste fidèle au fond naturaliste flamand, malgré un goût affirmé pour l’antique d’inspiration romaine. Pour son tabernacle de Léau (Zoutleeuw) [1550-1552], il sculpte, dans un décor italien, une multitude de figures pleines de vérité. Dans le jubé de la cathédrale de Tournai (1568-1573), il utilise les colonnes toscanes et une arcature italienne, tandis que les sculptures conservent une fantaisie plus nordique. Enfin, il est l’auteur de grands tombeaux princiers, comme celui de Christian III de Danemark (cathédrale de Roskilde), achevé après sa mort ; il s’inspire ici des œuvres françaises d’un Michel Colombe ou d’un Pierre Bontemps.


Frans Floris de Vriendt
(Anvers v. 1516/1520 - id. 1570)

Chef de file de l’école anversoise de peinture de la seconde moitié du xvie s., il fut le plus ardent romaniste flamand à la suite de son maître, le Liégeois Lambert Lombard (1506-1566). Séjournant à Rome en 1541, il s’enthousiasma vivement pour le Jugement dernier de Michel-Ange, dont la fresque était inaugurée le jour de Noël cette année-là. Floris exécuta maintes études d’après le chef-d’œuvre ; celles-ci servirent de modèles en Flandre. L’artiste resta sept ans en Italie. Esprit profondément éclectique, il subit surtout l’influence de Federico Zuccari, du Tintoret, du Pontormo et de Vasari ; celui-ci le surnomma « le Raphaël flamand ». Carel Van Mander (1548-1606), l’historiographe de la peinture flamande, écrivit une élogieuse biographie de Floris ; au début du xviie s., quand triomphe Rubens, ses œuvres sont encore très recherchées. Au comble de sa gloire, il avait compté jusqu’à 120 élèves, dont Marten de Vos* et Frans Pourbus l’Ancien (1545-1581).

Floris, humaniste de la Renaissance septentrionale, exerçait une véritable dictature artistique. Sa Chute des anges rebelles (1554, Anvers, musée des Beaux-Arts) ou sa Visite d’Athéna chez les Muses (hôtel de ville de Condé-sur-l’Escaut) semblent aujourd’hui fort emphatiques dans leur exclusive application à imiter le « grand style » italien. Souvent élégant, mais maniéré, Floris nous paraît beaucoup plus original dans ses portraits. Sa Dame assise (1558, musée de Caen) prélude à l’art de Frans Hals*, auquel ce tableau fut longtemps attribué. La Famille Van Berchem (1561, Lierre) ou le Portrait de femme (Munich) sont dépouillés de toute rhétorique et préludent à l’art du portrait flamand du xviie s.

P. H. P.

fluidique

Mise en œuvre de certaines propriétés dynamiques des fluides pour réaliser des effets d’amplification ou commuter un écoulement entre diverses configurations stables.
Traitement de l’information par les fluides en utilisant ces propriétés.


Par extension, on englobe parfois sous le vocable fluidique l’ensemble des moyens, y compris certains dispositifs à pièces mobiles, permettant de traiter avec des fluides des signaux de faible puissance.