Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
F

feuille et film

Forme plate, de longueur généralement supérieure à la largeur.


L’épaisseur d’une feuille est égale ou supérieure à 25/100 mm ; celle d’un film est inférieure à 25/100 mm. Le terme de feuil a été recommandé pour remplacer le mot d’origine anglaise. Le terme de pellicule concerne plus spécialement l’application à la photographie ou à l’emballage et au conditionnement.


Fabrication

Les films et les feuilles sont préparés par diverses techniques.


Coulée d’une dispersion colloïdale dans un agent de coagulation liquide

C’est la technique de préparation des pellicules de cellulose régénérée connues sous les noms de Cellophane et de Vitrocelle. La cellulose de pâte de bois est transformée en alcalicellulose sous l’action d’alcalis, puis, par addition de sulfure de carbone, en xanthate ou viscose qui est alors coagulé dans des bains où est régénérée une cellulose filmogène et susceptible d’être filée.


Coulée et évaporation

Une solution colloïdale est coulée sur un support provisoire, et, après évaporation du solvant, on procède au décollage du film sec. Ce procédé est employé pour fabriquer les pellicules photographiques et cinématographiques à base de nitrocellulose ou d’acétate de cellulose. Il y a deux types de machines à couler.

• Machine à tambour. On coule la solution au sommet, en lame mince, au moyen d’une trémie, un peu en arrière du point supérieur par rapport au sens de rotation ; le tambour est chauffé, enveloppé dans une gaine étanche ; après un tour complet, le film est détaché, sort de la gaine par une fente et passe sur des rouleaux refroidisseurs avant d’être bobiné.

• Machine à bande. Elle est plus employée ; une bande sans fin en cuivre (1,4 m de large, 28 m de long, 0,9 mm d’épaisseur) tourne sur deux tambours ; elle est protégée par un revêtement épais de gélatine qu’on renouvelle périodiquement ; la solution de nitrocellulose est coulée sur la bande enfermée dans une gaine étanche, où est insufflé de l’air chaud ; le tambour de tête est chauffé, et celui de sortie, ou tendeur, est refroidi ; les solvants évaporés sont récupérés par condensation ou sur du charbon actif.


Enduction et coagulation

On coule sur un support provisoire une dispersion de résine dans un plastifiant que l’on coagule ensuite par la chaleur. Ce procédé s’applique aux plastisols vinyliques ; le support provisoire peut être un papier siliconé, une feuille de Cellophane ou une bande métallique sans fin siliconée.


Fusion de poudre

On projette une poudre d’un polymère fusible, polyéthylène par exemple, sur un support métallique ou autre, revêtu de silicone, dont le passage dans un tunnel chauffant assure la fusion des particules et leur cohésion. Dans le cas du polystyrène, qui n’a pas de point de fusion défini, la poudre est répartie sur une bande sans fin et soumise à une forte pression autour d’un cylindre chauffant ; la poudre s’agglomère ; après refroidissement, le film est décollé de la bande. Une technique voisine utilise le Téflon ; on projette une dispersion de la résine sur une bande et l’on cuit dans un four pour obtenir le film continu.


Tranchage ou déroulage d’un bloc de matière

Ce procédé remonte aux débuts du Celluloïd ; la matière est d’abord préparée par malaxage à chaud des composants ; après filtration sous pression, la pâte est tirée en plaques brutes sur un laminoir à deux cylindres ; on utilise ensuite une presse pour obtenir un bloc de 1,5 m de long, de 0,6 m de large et d’environ 0,3-0,4 m d’épaisseur. Encastré sur un plateau en fonte nervuré, ce bloc est débité en feuilles par une trancheuse ; celles-ci sont séchées à l’air, puis redressées dans une presse à plateaux multiples. Cette méthode a été appliquée aux dérivés cellulosiques, à la caséine et même au chlorure de polyvinyle ; elle est lente et ne produit que des feuilles de dimensions limitées, mais la matière n’a pas ou peu d’orientation et ne présente aucune tension interne. Dans une variante expérimentée pour le polyéthylène, une extrudeuse plastifie la matière et la force dans un cylindre pour faire un bloc qu’on tranche en continu sur une dérouleuse à bois.


Calandrage

Cette technique fut employée pour le caoutchouc avant de l’être pour le chlorure de polyvinyle et pour d’autres élastomères. La calandre est une machine comportant au moins deux cylindres superposés, plus généralement trois ou quatre ; selon les constructeurs, les cylindres en fonte polie sont soit en L droit ou renversé, soit en Z ; leur largeur peut atteindre 2,5 m et leur diamètre 0,6 m ; leur écartement et leur vitesse de rotation sont réglables. Une calandre produit des feuilles de 8/100 mm à 1 mm d’épaisseur ; la vitesse périphérique atteint 100 m/mn ; compte tenu de l’étirage à la sortie, c’est une production de feuilles au régime de 200 m/mn. Cette technique convient pour les grosses productions, car les investissements sont importants.


Extrusion-laminage, extrusion-soufflage d’une gaine tubulaire

La seconde technique permet d’obtenir des films rétractables lorsqu’on les porte dans un four à 170-220 °C durant cinq à dix secondes. Le retrait se produit dès que la matière atteint 105-115 °C. Ces films servent à l’emballage de volailles, de produits de boulangerie, de produits fermiers, d’articles ménagers ; les dimensions du film ne doivent pas dépasser de 15 p. 100 celles de l’objet.


Applications des films et des feuilles

L’emballage est le plus grand consommateur, suivi par l’agriculture (serres, tunnels de culture, paillage). Un nouveau marché important est celui des sacs-poubelles pour collecter les ordures ménagères.


Complexes

Pour résoudre des problèmes particuliers, on superpose deux ou trois matières distinctes dont on combine ainsi les caractéristiques : polyéthylène sur papier, Cellophane, aluminium ou polyamide ; polypropylène sur polyester ou chlorure de polyvinylidène.

J. D.

➙ Cellulosique (dérivé) / Enduction / Extrusion / Plastique (matière) / Vinylique (résine).