Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

alliage (suite)

➙ Acier / Aluminium / Antifriction / Chrome / Cobalt / Cuivre / Étain / Fonderie / Fonte / Frittage / Magnésium / Métal / Nickel / Plomb / Poudres (métallurgie des) / Sidérurgie / Titane / Traitement / Zinc.

 M. Hansen, Der Aufbau des Zweistofflegierungen (Berlin, 1936). / E. Jänecke, Kurzgefasstes Handbuch aller Legierungen (Leipzig, 1937). / W. H. Rothery, Electrons, Atoms, Metals and Alloys (Londres, 1948, nouv. éd. 1955 ; trad. fr. Électrons, atomes, métaux et alliages, Dunod 1959). / F. N. Rhines, Phase Diagrams in Metallurgy (New York, 1956). / W. H. Rothery et G. V. Raynor, The Structure of Metals and Alloys (Londres, 1962). / L. Guillet, Diagrammes de phases en métallurgie (Masson, 1964). / M. Eudier, les Alliages métalliques (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1965). / A. Prince, Alloy Phase Equilibria (Londres, 1966). / H. de Leiris, Métaux et alliages (Masson, 1971 ; 3 vol.). / J. Manenc, Thermodynamique structurale des alliages (P. U. F., 1972).

Allier. 03

Départ. de la Région Auvergne ; 7 327 km2 ; 378 406 hab. Ch.-l. Moulins (26 906 hab.). S.-préf. Montluçon*, Vichy*.


Son territoire, originellement partagé entre les Arvernes et les Bituriges, forma au Moyen Âge la province du Bourbonnais, qui s’étendait aussi sur quelques cantons du Cher. L’Allier est formé de trois régions naturelles. À l’ouest, le Bocage bourbonnais occupe les deux tiers de la superficie totale. C’est un plateau cristallin, coupé en deux par la grande faille orientée N.-E.-S.-O., partant de Souvigny, passant à l’est de Commentry et en bordure de laquelle se situe l’échine culminante (la Bosse, 771 m). Son altitude moyenne s’abaisse de 550 m au sud-ouest (Combraille bourbonnaise) à 300 au nord, où le socle disparaît sous les terrains permiens dans la région de Bourbon-l’Archambault (200-260 m), puis, au-delà, sous les premières auréoles sédimentaires du Bassin parisien. La limite occidentale du Bocage est le fossé tertiaire de Montluçon, suivi par le Cher, au-delà duquel commencent les plateaux marchois. À l’est, le Bocage domine par un net talus la vallée de l’Allier.

L’est du département est constitué principalement par une plaine. Celle-ci est formée par la riche Limagne bourbonnaise marneuse (Gannat, Escurolles), la Forterre (collines marneuses au nord-est de Vichy) et surtout la Sologne bourbonnaise, qui se prolonge jusqu’à la Loire et au Nivernais, couverte de sables tertiaires issus des reliefs du Massif central et semée d’étangs. Enfin, la Montagne bourbonnaise, au sud-est, est l’extrémité septentrionale du grand bloc granitique faillé des monts du Forez : limitée par des cassures à l’est et à l’ouest, elle s’abaisse de 1 292 m au sud (puy du Montoncel) à moins de 500 m au nord.

Longtemps peu peuplé (on estime à 23 habitants au kilomètre carré sa densité dans la seconde moitié du xviiie s.), l’Allier vit croître sa population à partir de 1830, grâce aux bonifications agricoles, à l’industrialisation (Montluçon, bassins houillers de Commentry, de Bézenet, de Buxières-les-Mines, de Bert, etc.) et au développement touristique de Vichy. Il atteignit son maximum en 1886 (425 000 hab.), mais, depuis la chute consécutive à la Première Guerre mondiale (370 000 hab. en 1921), il stagne, malgré l’accroissement de ses principaux centres (les agglomérations de Montluçon, de Vichy et de Moulins représentent la moitié du total départemental). Un dépeuplement lent mais continu frappe le Bocage, la Sologne et la Montagne ; la population tend à se concentrer dans l’axe des principales vallées (Cher, Loire et surtout Allier).

L’agriculture était autrefois misérable : vastes landes où l’on élevait les moutons, maigres cultures de seigle et d’avoine (sauf dans la Limagne et la Forterre, vouées au blé). Elle a été transformée au xixe s. par le chaulage, le drainage, les engrais, les prairies artificielles et les défrichements. Actuellement, l’Allier, où les bois ne couvrent guère plus de 10 p. 100 du sol, malgré les reboisements en résineux dans la Montagne bourbonnaise et l’existence de belles futaies de chênes (forêts de Tronçais, de Gros-Bois), est à peu près également partagé entre les champs et les prairies. Il fournit avant tout du bétail de boucherie (race charolaise), traité dans d’importants abattoirs (Villefranche-d’Allier), aux régions parisienne, lyonnaise, etc. L’élevage des porcs (surtout en Sologne) et des volailles est très important ; celui des moutons semble connaître un renouveau, en petits troupeaux familiaux, dans le Bocage. Les céréales (blé, maïs, avoine, orge) ne se limitent plus aux régions traditionnelles de Forterre et de Limagne, mais donnent aussi de beaux rendements dans le Bocage. Un vignoble réputé subsiste autour de Saint-Pourçain-sur-Sioule. Le métayage, autrefois caractéristique, a reculé au profit de l’exploitation directe et du fermage.

Les mines de houille et la métallurgie traditionnelle ont pratiquement disparu : d’où une crise de l’emploi qui touche surtout Montluçon et Commentry, malgré les efforts de reconversion. L’ensemble Montluçon-Commentry demeure néanmoins le premier groupe industriel (pneumatiques, métallurgie de qualité, machines et mécanique de précision). Cependant, Vichy (constructions mécaniques) et Moulins (grues, matériel de radio) s’industrialisent et progressent plus rapidement. Moulins est, en outre, un centre administratif et commercial important. Les autres villes, beaucoup plus petites, sont dotées d’un dynamisme très inégal : Varennes-sur-Allier (meubles), Dompierre-sur-Besbre (mécanique) et Gannat croissent ; Saint-Pourçain-sur-Sioule, Saint-Germain-des-Fossés, Lapalisse, Bourbon-l’Archambault stagnent. Le tourisme thermal est très important : à Vichy surtout (plus de 130 000 curistes), qui tend à devenir un centre résidentiel, à Néris-les-Bains, à Bourbon-l’Archambault.

P. B.

➙ Bourbonnais.