Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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faune (suite)

La grande île de Madagascar, ce sous-continent, est un fragment de socle continental qui n’aurait jamais été en contact avec l’Afrique, mais qui aurait fait partie d’un continent oriental rattaché à l’Inde et peut-être à d’autres territoires situés plus à l’est. Mais de nombreux éléments africains peuplent la grande île. Il n’est donc pas possible d’admettre cette hypothèse d’emblée, d’autant plus que les éléments asiatiques sont, dans l’ensemble, mal représentés. Pourtant, si nous admettons que la faune de Madagascar est essentiellement d’origine africaine, il faut aussi reconnaître que, dans cette faune, les lacunes sont nombreuses. Les Simiens, les Ongulés, de nombreux Carnivores, les Serpents venimeux sont absents de la grande île. La faune de Madagascar apparaît davantage comme une faune africaine incomplète, où se seraient différenciés, à la faveur de l’insularité, de nombreux éléments propres : l’endémisme y atteint parfois plus de 80 p. 100 dans certains groupes d’Invertébrés !

Les Rongeurs de Madagascar comptent une vingtaine d’espèces, toutes endémiques et résultant d’une évolution rayonnante au sein d’un groupe unique, les Nésomyinés. Les Carnivores sont représentés par une dizaine d’espèces, toutes endémiques également. La plupart sont des Viverridés. Mais il existe aussi une forme très archaïque, le Cryptoprocte, ou Fossa, qui s’apparente aux Félins les plus primitifs. Les Insectivores forment une famille à part, les Tenrécidés. Mais les Lémuriens sont incontestablement l’élément le plus représentatif de la faune de Madagascar. On connaît une quarantaine d’espèces de Lémuriens propres à la grande île, dont les Microcèbes (Microcebus), les Makis (Lemur), les Indris (Indri), les Propithèques (Propithecus), les Ayes-Ayes (Daubentonia).

Les Oiseaux sont pauvrement représentés (200 espèces environ). On compte, bien entendu, un grand nombre d’endémiques ; certains sont parfois difficiles à classer (Mesœnas, Monias). Les Vangidés constituent parmi les Oiseaux un bon exemple d’évolution insulaire (12 genres différents), comparable d’ailleurs à celle du Pinson de Darwin des Galápagos, que nous verrons plus bas. Cette évolution particulière des Vangidés est encore mieux marquée que celle des Pinsons des Galápagos.

À Madagascar, les Amphibiens ne comprennent que des Grenouilles. Dans ce groupe, le genre Rhacophorus, avec 44 espèces, témoigne également de ce type d’évolution insulaire. Les Reptiles comptent 4 Tortues endémiques sur 7 espèces représentées. Sur les quelque 30 espèces de Caméléons, la plupart sont également propres à l’île. Une cinquantaine d’espèces de Colubridés avec de nombreux endémiques existent également.

La faune des Galápagos ne compte pratiquement pas de Mammifères. On n’y a observé qu’une Chauve-Souris (Histiotus) et que quelques Rongeurs (Nesoryzomys) voisins d’un groupe sud-américain, les Oryzomys. Les éléments les plus intéressants de cette faune sont les Tortues géantes (une quinzaine d’espèces appartenant au genre Testudo) et les Iguanes (Amblyrhynchus cristatus et Conolophus subcristatus).

Parmi les Oiseaux, les Pinsons des Galápagos (Pinsons de Darwin) figurent parmi les éléments insulaires les plus intéressants. Ils forment une famille propre à ces îles, les Géospizidés, qui comptent 14 espèces. Les Pinsons des Galápagos réalisent, un peu comme les Marsupiaux de l’Australie, plusieurs types morphologiques à partir d’une forme sans doute unique et comptent même parmi leurs représentants le seul cas connu chez les Oiseaux d’une espèce utilisant un outil. Ce Pinson a en effet recours à une longue épine pour extraire les larves d’Insectes du fond de leurs galeries.

Notons encore la présence d’un Manchot (Spheniscus mendiculus) et d’un Cormoran aptère (Nannopterum Harrisi).


La faune marine

Sur les quelque 190 000 espèces animales qui peuplent les mers et les océans, 2 000 à 3 000 seulement vivent à une profondeur supérieure à 3 000 m. Le nombre n’est plus que de 200 au-delà de 7 000 m. La différence est presque aussi importante si l’on envisage cette distribution de l’équateur vers les pôles. On a donc distingué deux formes de vie : le benthos, formé par les espèces qui vivent près des fonds, et le pelagos, constitué par les espèces qui vivent au sein même des eaux océaniques. La proximité du rivage forme la zone néritique, ou côtière, et la mer, prise au large, la zone océanique. Dans les eaux marines, on distingue deux principales formes de vie : la vie planctonique, dans laquelle les êtres vivants se laissent porter passivement par l’eau, et la vie nectonique, où les êtres vivants assurent par leurs propres mouvements l’essentiel de leurs déplacements. La flore planctonique, qui joue un rôle important dans la vie des animaux marins, est exclusivement composée d’êtres unicellulaires.

Le Zooplancton comprend surtout des Protozoaires (Ciliés, Flagellés, Radiolaires, Foraminifères). Les Cnidaires sont représentés par les Méduses et les Siphonophores. On trouve encore dans le Plancton, comme élément essentiel, des Crustacés (Copépodes, Amphipodes, Isopodes, Décapodes, Mysidacés, Euphausiacés). Quelques espèces d’Annélides, des Némertes et des Holothuries pélagiques figurent en outre dans la composition du Plancton, ainsi que des Mollusques (Gastropodes et Hétéropodes), quelques Céphalopodes et des Tuniciers pélagiques. Les Chétognathes, qui ne comptent qu’une trentaine d’espèces, sont d’actifs prédateurs du Plancton. Quelques Poissons, tels que les larves d’Anguilles, font également partie de la faune planctonique.

La faune nectonique comprend d’abord la faune des eaux côtières. Les Clupéiformes se classent au premier rang en raison de la densité des populations qu’ils forment sur le littoral. Ils se classent en deux familles : les Clupéidés et les Engraulidés, qui se nourrissent surtout de Plancton. Parmi les premiers, nous citerons les Harengs, les Sardines, le Sprat. Les Scombriformes forment un autre groupe important de Poissons nectoniques. Ils se divisent en deux familles : les Scombridés, où se placent les Maquereaux (genre Scomber, Pneumatophorus, Rastrelliger), et les Thunnidés, qui groupent les Thons et les Bonites. Ces derniers figurent parmi les plus grands Poissons : Thynnus thynnus, ou Thon rouge, et Germo alalunga, ou Thon blanc. Près des Thons se placent les Poissons à rostre : l’Espadon (Xiphias gladius), le Merlin (Tetrapterus belone) et le Voilier (Istiophorus americanus). Les Béloniformes rassemblent les Poissons volants. Parmi les Poissons des eaux profondes, la famille des Trachyptéridés est particulièrement remarquable. Les Regalecus ressemblent à un long ruban d’un brillant argenté et peuvent atteindre 6 m de longueur. Ils vivent habituellement au-dessous de 500 m de profondeur. Les Squales sont souvent de très grands Poissons. Le Requin-Baleine (Rhynchodon typicus) et le Pèlerin (Cotorhinus maximus), espèces géantes de ce groupe, peuvent atteindre respectivement 18 m et 15 m de long. L’un et l’autre se nourrissent de Plancton. Les autres espèces sont parfois des Carnassiers voraces. Le Requin bleu, prédateur de Poissons, est un animal de 8 m de longueur (Prionace glaucus). Il appartient à la famille des Carcharhinidés, où figurent les espèces qui s’attaquent à l’Homme. On place également parmi les espèces des eaux profondes les Mammifères marins que sont les Cétacés, alors que les Pinnipèdes (Phoques, Otaries...) et les Siréniens (Dugongs, Lamantins) vivent, eux, près des côtes. Les Céphalopodes pélagiques font partie du necton. Il existe des Calmars géants, tels les Architeuthis, dont la taille peut atteindre 12 m ; ils sont très recherchés par les Cachalots.

La vie marine sur le plateau continental est bien particulière. La faune benthique qui peuple les rivages est très différente de la faune pélagique. Parmi les éléments caractéristiques du peuplement citons les importantes populations de Moules (Mytilus edulis), d’Huîtres, de Cirripèdes (Lepas anatifera), des Crustacés tels que de nombreux Crabes, etc.