Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

Europe (suite)

• L’Union européenne occidentale (U. E. O.).
Nom : Union occidentale (U. O.), puis Union européenne occidentale (U. E. O.).
Création : 4 mars 1947, à Dunkerque, signature du traité d’alliance entre la Grande-Bretagne et la France ; 17 mars 1948, pacte de Bruxelles constituant l’U. O. ; 23 octobre 1954, signature à Paris du protocole instituant l’U. E. O. (ce nouvel accord est marqué par l’échec de la C. E. D.).
Pays membres : Allemagne occidentale, Belgique, France, Grande-Bretagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas.


La coopération scientifique et technologique

• La collaboration européenne en matière nucléaire. Elle est assurée par le Cern.
Nom : Conseil européen pour la recherche nucléaire, puis Organisation européenne pour la recherche nucléaire.
Création : Conseil provisoire en février 1952 ; le 1er juillet 1953 à Paris, sous l’égide de l’Unesco, signature de la Convention qui entre en vigueur en septembre 1954.
Pays membres : Allemagne occidentale, Autriche, Belgique, Danemark, France, Grèce, Italie, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, Suisse ; la Pologne, la Turquie et la Yougoslavie ont un statut d’observateur.
Institutions : elles regroupent un Conseil, des comités et le groupe des directeurs de 7 départements.

L’objectif du Cern était d’établir à Genève un laboratoire de recherche fondamentale travaillant sur deux accélérateurs de particules ; tous les travaux pouvant être de nature militaire sont exclus, et les résultats théoriques et expérimentaux sont publiés. À l’heure actuelle, un nouveau laboratoire est en passe d’être construit. La collaboration avec des centres américains semblables est étroite depuis le début, et, en juillet 1967, un accord a été signé avec le Comité d’État pour l’application de l’énergie atomique soviétique.

• La coopération dans le domaine spatial. Dans le domaine de l’espace, la coopération européenne prend deux formes. La première est celle de l’ESRO (ou C. E. R. S.), la seconde celle de l’ELDO (ou C. E. C. L. E. S.).

• L’ESRO.
Nom : Organisation européenne de recherches spatiales (C. E. R. S. pour l’euphonie) ou European Space Research Organization (ESRO, sigle le plus employé).
Création : convention, 14 juin 1962 ; entrée en vigueur, 20 mars 1964.
Pays membres : Belgique, Danemark, Espagne, France, Pays-Bas, République fédérale d’Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Suisse. L’Autriche, la Norvège et l’Islande bénéficient d’un statut d’observateur.
Institutions. Elles comprennent un Conseil, un directoire, un siège central à Paris et trois établissements (ESTEC, ESOC, ESRIN).

Les objectifs sont d’assurer et de développer, à des fins exclusivement pacifiques, la collaboration entre États européens dans le domaine de la recherche et de la technologie spatiale ; l’Organisation procure aux milieux scientifiques des pays membres les moyens techniques nécessaires pour réaliser des expériences spatiales qui vont de l’étude de l’environnement proche de la Terre à celle de l’astronomie stellaire ; elle conçoit et construit des charges utiles de fusées-sondes et de satellites portant à leur bord du matériel d’expériences conçu par les instituts scientifiques des pays membres, assure leur lancement, l’acquisition et le traitement des données fournies par les fusées-sondes et les satellites de son programme.

À l’origine de l’Organisation se trouve le COSPAR (Committee on Space Research), réuni en conférence à Nice en 1960. En décembre 1960 à Meyrin (Suisse), un accord signé instituait la C. O. P. E. R. S. (Commission préparatoire européenne de recherches spatiales), qui prit effet le 27 février 1961 et prépara la convention constitutive du C. E. R. S. (ESRO).

La structure comporte d’abord un Conseil qui se réunit au moins deux fois par an pour établir la ligne de conduite scientifique, technique et administrative, et déterminer tous les trois ans le niveau des ressources. Chaque pays envoie deux délégués (soit deux voix) et des conseillers. Le Conseil est assisté d’un comité administratif et financier (AFC) et de comités spécialisés : scientifique et technique (STC), intérimaire des programmes d’application (IAPC), consultatif des programmes de lancement (LPAC), assistés d’un certain nombre de groupes ad hoc (structure de l’atmosphère, astronomie solaire...). Le directoire de l’organisation comprend le directeur général, le directeur des programmes et des plans, le directeur de l’administration (tous les trois du siège parisien), le directeur du Centre européen de recherche et de technologie spatiales (Noordwijk) et le directeur du Centre européen d’opérations spatiales (Darmstadt).

Les établissements de l’organisation sont au nombre de trois : l’ESTEC (Centre européen de recherche et de technologie spatiales), situé à Noordwijk aux Pays-Bas, est chargé de la mise au point des véhicules spatiaux et de la recherche appliquée ; l’ESOC (Centre européen d’opérations spatiales), installé à Darmstadt (Allemagne), s’occupe des moyens de lancement et du traitement des données des satellites qu’il acquiert grâce à un réseau mondial de poursuite et de télémesure comportant 4 stations : Fairbanks (Alaska), Ny-Alesund (Spitzberg), Port Stanley (îles Falkland), Redu (Belgique) ; c’est de l’ESOC que dépend la base européenne de lancement des fusées-sondes Esrange, à Kiruna, en Suède ; l’ESRIN (Institut européen de recherche spatiale), enfin, situé à Frascati (Italie), est chargé des recherches théoriques et expérimentales de physique et de chimie fondamentale dans les domaines touchant aux phénomènes spatiaux.

En 1970, l’organisation employait plus de 1 300 personnes, et son budget pour 1971 dépassait 63 millions de dollars.

Les réalisations à l’actif du C. E. R. S. sont nombreuses : 4 satellites envoyés ainsi que de nombreuses fusées-sondes et des réalisations d’application.

• L’ELDO.
Nom : Organisation européenne pour la mise au point et la construction de lanceurs d’engins spatiaux (C. E. C. L. E. S.) ou European Space Vehicle Launcher Development Organization (ELDO, sigle le plus employé).
Création : convention, 29 mars 1962 ; entrée en vigueur, 29 février 1964.
Pays membres : Australie, Belgique, France, Italie, Pays-Bas, République fédérale d’Allemagne, le Royaume-Uni depuis décembre 1971 ; le Danemark et la Suisse ont qualité d’observateur.
Objectifs : doter l’Europe de moyens autonomes en matière d’engins spatiaux destinés à des utilisations pacifiques.