Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

Euphorbiales (suite)

Les espèces non cactiformes sont surtout remarquées en horticulture grâce à leurs bractées, qui simulent parfois de belles inflorescences. On peut citer E. marginata (bractées entièrement blanches), E. splendens (petites bractées rouges), E. pulcherrima, beaucoup plus connue sous le nom de Poinsettia (arbrisseau dont les bractées florales, très grandes, sont d’un rouge vermillon éclatant).

Les Phyllanthus, arbres ou arbustes à rameaux parfois aplatis (cladodes), sont employés comme plantes d’ornement dans les jardins d’hiver et les appartements ; les Andrachnes, arbres ou plantes vivaces d’Amérique du Nord et d’Asie, à petites fleurs en glomérules, sont cultivés assez souvent en pleine terre dans le midi de la France.

Les Crotons horticoles (Codiæum) sont des petits arbres (quatre espèces dans la nature) originaires de Malaisie ; ils ont donné de très nombreux clones dont les feuilles, découpées, coriaces, ont des coloris variés très vifs qui les font rechercher en horticulture.

Diverses espèces du vrai genre Croton donnent des colorants et des huiles (huile-croton de Tigli, purgatif extrêmement énergique).

Les Aleurites, arbres originaires de l’Asie tropicale, produisent des graines oléagineuses qui fournissent l’huile du Bois de Chine et de Tung.

Le Ricin, commun en Inde et dans tout le Bassin méditerranéen, est annuel sous le climat parisien, mais vivace dans les régions chaudes, où il devient arbustif. C’est une plante ornementale, mais de ses graines on extrait une huile très employée depuis l’Antiquité et qui sert maintenant dans la fabrication des plastiques. Les Jatropha sont des herbes ou arbustes vivant sous les tropiques. Leurs graines possèdent une huile servant en savonnerie et qui est d’autre part beaucoup plus active que l’huile de Ricin.

Le Manioc (Manihot utilissima) est une plante alimentaire originaire d’Amérique du Sud, mais cultivée depuis fort longtemps dans tous les pays tropicaux ; ses racines, renflées, bourrées d’amidon, sont ramifiées comme celles des Dahlias, mais elles peuvent atteindre près de 10 cm de diamètre et 1 m de long ; cette espèce est vénéneuse, mais la cuisson lui fait perdre facilement sa toxicité (glucoside cyanogénétique : manihotoxine) ; la fécule extraite de ces grosses racines sert à fabriquer le tapioca. M. aipi est une autre espèce (Manioc doux) : il est non vénéneux, à tubercules plus petits et peut remplacer la Pomme de terre.

Une espèce du genre Crozophora, C. tinctoria, donne un colorant, le tournesol, qui sert beaucoup en chimie comme indicateur coloré pour préciser la plus ou moins grande acidité d’une solution.

On peut encore citer les Mercuriales, dont une espèce, M. annua, est extrêmement fréquente en France, et le genre Macaranga, qui possède des espèces myrmécophiles, c’est-à-dire qui peuvent abriter, dans de gros renflements des tiges, des colonies de Fourmis du genre Azteca. Le Buis est un arbuste à petites feuilles persistantes, opposées, à fleurs unisexuées, sans pétales ; les fleurs mâles ont quatre sépales, et les fleurs femelles cinq. L’ovaire est à trois loges ; le fruit est une capsule ayant trois petites cornes à sa partie inférieure. Le Buis toujours vert (B. sempervirens) est la seule espèce qui vive en France, dans les lieux arides surtout calcaires. Son bois, très dur et à grain très fin, est recherché en ébénisterie, par les graveurs et les tourneurs. Les autres espèces, une trentaine, habitent le monde entier, surtout les régions tempérées chaudes.

Cinq autres genres sont réunis au Buis pour former la famille des Buxacées.

J.-M. T. et F. T.

Eure. 27

Départ. de la Région Haute-Normandie ; 6 004 km2 ; 422 952 hab. Ch.-l. Évreux*. S.-préf. Les Andelys et Bernay. Le département doit son nom à la rivière l’Eure (225 km), qui se jette dans la Seine à Pont-de-l’Arche.


Entièrement situé sur les terrains sédimentaires aux horizons calmes du Bassin parisien, le département ne comporte ni haut relief, ni forte dénivellation. Son climat fait transition entre celui de la Normandie maritime et le climat du centre du Bassin parisien (moins de 700 mm de pluies à Évreux, tombant en 160 jours). Les saisons sont relativement contrastées. Les paysages opposent trois types de régions.

Les plateaux de l’Eure constituent le cœur du département : Vexin normand, au nord de la Seine ; plateaux du Roumois, du Neubourg, d’Évreux et de Saint-André, au sud du fleuve. Leur soubassement, constitué de craie du Crétacé, est recouvert par un manteau d’argile à silex. Sur les plateaux du nord (Vexin, Roumois, Neubourg), des limons quaternaires d’une grande fertilité surmontent l’argile à silex.

Toutes ces régions s’ouvrent sur de larges horizons plans où domine la grande culture mécanisée dans un paysage de champs ouverts. De grosses fermes isolées s’intercalent entre hameaux ou petits villages qu’entourent quelques herbages et des cours plantées de pommiers. La tradition normande se juxtapose à celle du centre du Bassin parisien.

Les vallées fragmentent la monotonie des plateaux, avec lesquels elles contrastent par leur fraîcheur bocagère, leurs prairies humides dans les fonds, les forêts de leurs hauts versants. Topographiquement, l’opposition est aussi assez nette : les vallées s’encaissent de plusieurs dizaines de mètres dans des plateaux situés un peu au-dessus de 150 m d’altitude. Elles concentrent les activités industrielles et les villes. À la vallée de la Seine, la plus ample, s’ajoutent les vallées des affluents de rive droite, l’Epte et l’Andelle, et celles des affluents de rive gauche, l’Eure et la Risle, auxquelles il faut joindre l’Avre et l’Iton, eux-mêmes affluents de l’Eure.

Les plateaux bocagers du Lieuvin et du pays d’Ouche prolongent et ferment vers l’ouest les plateaux de l’Eure, en transition avec le pays d’Auge calvadosien. Le climat est sensiblement plus humide ; vers le sud-ouest, dans le pays d’Ouche, les altitudes s’élèvent progressivement jusqu’à 241 m à Mesnil-Rousset, point culminant du département. Sous un climat plus rude, des sols argileux compacts remplacent les bons limons des plateaux. Des forêts encore assez vastes, le bocage et ses haies, avec l’économie d’élevage, se substituent aux cultures céréalières et aux horizons découverts.