Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

éthylène (suite)

Chimie de l’éthylène

La double liaison située au centre de la molécule d’éthylène s’ouvre très facilement pour s’associer à des molécules d’oxygène, de chlore, etc., ou à d’autres molécules d’éthylène (polymérisation).

L’oxyde d’éthylène (CH2)2O est obtenu par oxydation directe avec de l’air ou, dans les unités les plus récentes, avec de l’oxygène. C’est un gaz incolore, facile à liquéfier, puisqu’il s’évapore à 10,7 °C, et très dangereux à manipuler, car il forme un mélange détonant à l’atmosphère. Produit intermédiaire de grande importance, il sert de matière première à de nombreux procédés aboutissant à toute une gamme de fabrications les plus diverses : antigels, détergents, solvants, fibres textiles synthétiques, fluides hydrauliques pour freins et autres transmissions, etc. Avec le chlore, l’éthylène forme un intermédiaire, le dichloréthane, ou chlorure d’éthylène C2H4Cl2, d’où l’on tire ensuite le chlorure de vinyle CH2=CHCl, qui est la plus importante de toutes les matières premières servant à fabriquer des « plastiques » : polychlorure de vinyle (PVC) et résines vinyliques (verres, isolants, vernis ou cuirs de synthèse).

Avec le benzène C6H6, et en présence d’un catalyseur comme le chlorure d’aluminium, l’éthylène se combine aisément pour donner l’éthylbenzène C6H5—C2H5 ; de ce dernier dérive ensuite, par déshydrogénation, le styrène (styrolène), dont le rôle est fondamental dans l’industrie des matières plastiques (polystyrène) et du caoutchouc (élastomères au butadiène-styrène copolymérisés).

Enfin, l’éthylène a de plus en plus tendance à remplacer l’acétylène comme point de départ de la chimie de l’acétaldéhyde CH3—CHO et des acétates.


Les polyéthylènes

Les polymères de l’éthylène sont de deux espèces très différentes.

• Le polyéthylène à haute densité (0,96 environ), dit également « basse pression », parce qu’il est obtenu par une réaction catalytique à la pression de l’atmosphère ou à une pression voisine, est constitué par des molécules droites, longues chaînes de 500 à 1 000 atomes de carbone :

Il est utilisé pour mouler des objets assez durs et devant résister à l’eau bouillante : moulage par extrusion (flacons, bidons, jerricans, tubes, films, sacs, sachets d’emballage), par injection (jouets, pièces pour automobiles, appareils ménagers et sanitaires) ou par compression (plaques).

• Le polyéthylène à basse densité (0,93 environ), dit « haute pression », car il est polymérisé dans des réacteurs fonctionnant à des pressions pouvant atteindre plusieurs milliers de bars, est constitué par une longue chaîne ramifiée comportant de 800 à 2 500 atomes de carbone. Plus mou et moins thermorésistant que le type à haute densité, il permet, par moulage, d’obtenir de multiples objets de grande consommation domestique ou industrielle.

La production mondiale de polyéthylène, de l’ordre de 5 millions de tonnes dès 1970, dépasse désormais celle du chlorure de polyvinyle.


Stockage et transport

La diversité d’emploi de l’éthylène est généralement impossible dans la raffinerie elle-même ; d’autre part, l’abaissement du prix de revient exige des unités de vapocraquage géantes, capables de produire chacune jusqu’à 500 000 t d’éthylène par an. Plusieurs techniques ont été mises au point pour réaliser le stockage de ce gaz à l’état liquide.

• Réservoir sous pression. Cette solution est très onéreuse en raison du coût des récipients à paroi épaisse en acier et ne peut être envisagée que pour de petits stockages en usine.

• Réservoir atmosphérique. L’isolement calorifique nécessaire pour éviter l’évaporation s’obtient grâce à une double enveloppe : la paroi interne est en alliage au nickel ou à l’aluminium, la paroi externe en acier ou en béton et l’isolant intermédiaire en mousse de polyuréthanne.

• Stockage cryogénique en sol gelé. L’éthylène étant liquide à son point d’ébullition (– 104 °C), le refroidissement des parois de la caverne est suffisant pour en assurer l’étanchéité.

• Stockage dans le sel. Cette solution, qui a été utilisée en France près de Bourg-en-Bresse, consiste à trouver un gisement de sel à une profondeur de plus de 250 m, dans lequel on lessive une cavité que l’on remplit ensuite d’éthylène.

Quant au transport de l’éthylène, il s’effectue par wagon, par camion, par chaland, par navire et, de plus en plus, par pipe-line : en Europe comme aux États-Unis se créent maintenant des réseaux interconnectant les producteurs des différentes régions.


Importance économique

Le rôle de l’éthylène dans l’économie industrielle moderne est tel qu’on a pu le proposer comme critère de classement.

A.-H. S.

➙ Alcènes / Craquage / Pétrochimie / Polyéthylène / Vapocraquage / Stockage.

 Chon Tōn-Phan, l’Éthylène. Métabolisme et activité métabolique (Masson, 1971).

Étienne Ier (saint)

(Esztergom v. 970 - Buda 1038), roi de Hongrie de 1000 à 1038.


Fils de Géza, quatrième duc des Magyars, et d’une princesse chrétienne, Vajk, il est baptisé (vers 980 ?) par Adalbert de Prague. Il reçoit alors le nom de Stephanus (en hongrois István). Quelques années plus tard, il épouse Gisèle, fille d’Henri II, duc de Bavière, futur empereur. En 997, Étienne succède à son père.

L’œuvre essentielle d’Étienne va consister dans la christianisation de son pays. Pour cela, il a besoin de l’aide de missionnaires étrangers : l’un d’eux, Aschéric ou Asztric, aurait été chargé par lui d’une mission auprès du pape Sylvestre II ; il aurait rapporté de Rome des pouvoirs pour créer des évêchés en Hongrie et aussi une couronne, qu’Étienne — considéré comme le premier roi de Hongrie — aurait reçue à la Noël de l’an 1000 et qui, désormais, servira au couronnement des souverains hongrois. Le nom d’Étienne signifie d’ailleurs « couronne », si bien que, pour les Hongrois, la « sainte couronne » de l’an 1000 représentera une entité mystique, symbole du corps national.