Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

États-Unis (suite)

Les réserves totales de charbon sont pratiquement inépuisables : 2 000 milliards de tonnes, dont la moitié est exploitable dans les conditions actuelles, soit la production présente pendant 2 000 ans. Les États-Unis risquent cependant de manquer de charbon à brève échéance. En effet, ayant misé sur un accroissement considérable de l’énergie d’origine nucléaire, ils ont négligé l’exploration des réserves et la préparation de nouveaux points d’extraction. Les centrales thermiques ne peuvent s’approvisionner normalement et l’on envisage des coupures de courant. Il est question d’arrêter les exportations et de porter l’extraction annuelle à 580 ou 600 Mt.

• L’électricité. Plus des quatre cinquièmes (1 585 TWh sur 1947, en 1973) sont produits par les centrales thermiques, alimentées en charbon, lignite, pétrole, gaz naturel. Dispersées dans tout le pays, elles sont cependant plus nombreuses près des gisements d’hydrocarbures (Californie, Texas), dans les bassins houillers (Ohio, Illinois, Pennsylvanie), dans les régions urbanisées (les mêmes États, New York, Michigan) ou en cours de développement (Tennessee).

55 p. 100 des ressources en force hydraulique se trouvent dans les montagnes et plateaux de l’Ouest, plus du tiers dans les États riverains du Pacifique, principalement dans le Washington. Les ressources encore disponibles sont considérables, puisqu’on n’utilise que 23 p. 100 du potentiel des États du Pacifique et 15 p. 100 de celui des États des Rocheuses et plateaux intérieurs.

Le bassin du fleuve Columbia est le plus important ensemble hydro-électrique. L’intérêt porté aux ressources de la partie canadienne du bassin provoque des frictions entre les deux pays. Les eaux du Colorado*, turbinées avant dérivation vers les périmètres d’irrigation et les villes de Californie méridionale, produisent les deux tiers d’une capacité future de 13,4 TWh. De tous les bassins fluviaux, celui du Tennessee* (6 p. 100 du potentiel du pays) a le plus fort coefficient d’utilisation (80 p. 100) ; ses 19,5 TWh sont complétés par une production deux fois plus élevée d’électricité thermique.


L’exploitation minière

Dans une certaine mesure, c’est la production des matières premières minérales qui est subordonnée aux industries métallurgiques et chimiques qu’elles alimentent, et non l’inverse. La localisation de ces dernières est en effet indépendante de leurs sources d’approvisionnement, à de rares exceptions près : la plupart des mines sont dans l’Ouest et dans la région du lac Supérieur, et les industries utilisatrices dans le Nord-Est ; c’est le cas de la sidérurgie (à l’exception de Duluth), de la métallurgie du cuivre (sauf le premier traitement), des industries du sel, du soufre et des engrais (à part leur développement récent au Texas). En outre, les industries consommant des matières premières minérales se sont développées plus rapidement que la production minière, de sorte que les États-Unis doivent importer, par exemple, des minerais d’aluminium, de cuivre et de fer en quantités croissantes et que la position des mines américaines se trouve affaiblie d’autant.

Les principaux gisements de fer sont compris dans six bassins situés à l’ouest et au sud du lac Supérieur. Le plus important, le Mesabi Range, ouvert en 1890, a déjà livré aux aciéries de Gary, du lac Érié et de Pennsylvanie plus de 1,5 milliard de tonnes de minerai à 55-60 p. 100 de teneur (hématite). Ce minerai est en voie d’épuisement ; mais le Mesabi renferme aussi un gisement de 5 à 6 milliards de tonnes de taconite (magnétite et hématite), dont la faible teneur (27 p. 100) exige un enrichissement avant l’expédition. Dans le Mesabi, l’extraction des deux types de minerai se fait presque uniquement à ciel ouvert ; des excavatrices puissantes chargent directement les trains, dont le contenu est à son tour automatiquement déversé dans les minéraliers à Two Harbors. Ce port ainsi que Duluth, Ashland et Marquette expédient le minerai des autres gisements du lac Supérieur. La production des six bassins s’élève à 65 Mt de minerai. Les autres régions ferrifères sont en Alabama (1,5 Mt) et dans un nouvel État producteur, le Missouri (1,7 Mt). Au total, les États-Unis extraient 75 Mt de minerai (diminution sensible depuis 1955).

Le cuivre demandé par les fonderies de la mégalopolis et de Chicago vient de l’Ouest, Arizona et Utah produisant 70 p. 100 du minerai. Les principaux gisements de bauxite sont situés en Arkansas principalement, ainsi qu’en Alabama et en Géorgie. À peu près tous les autres minerais de métaux usuels sont extraits du sol des États-Unis : zinc (Tennessee, Idaho, Colorado), plomb (Missouri, Idaho, Colorado, Utah), étain (Colorado), nickel (Oregon), manganèse (Montana), mercure (Californie), molybdène (Colorado, Utah, Arizona), tungstène (Californie), titane (Floride). Divers États de l’Ouest produisent de l’argent (Idaho) et de l’or. Le minerai d’uranium est extrait du Nouveau-Mexique, du Wyoming, du Colorado.

La valeur de la production des minéraux non métalliques dépasse celle des minerais à cause de l’importance considérable des produits de carrière (calcaire à ciment et calcaire sidérurgique, sables et graviers, argiles à briqueterie et poterie, etc.), qui représentent à eux seuls la moitié de l’industrie extractive, combustibles exclus.

Les autres produits, matières premières de l’industrie chimique, sont d’abord le sel et le soufre, dont la plus grande partie est produite en bordure du golfe du Mexique (Louisiane et Texas) ; le New York, l’Ohio et le Michigan produisent aussi du sel. La production de potasse (2,4 Mt de K2O contenu) a doublé depuis 15 ans ; 85 p. 100 sont extraits dans l’est du Nouveau-Mexique (Llano Estacado), le reste en Californie et en Utah. De même, la production des phosphates (100 Mt de roche, 16 Mt de P2O5 contenu) a plus que triplé depuis 1950 ; les deux tiers proviennent de l’ouest de la Floride, le reste de l’Idaho, du Tennessee, du Montana.