Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

épaule (suite)

• La région axillaire (l’aisselle) est constituée par toutes les parties molles situées entre la paroi costale en dedans, l’humérus et l’articulation scapulo-humérale en dehors, l’omoplate en arrière. Elle a la forme d’une pyramide quadrangulaire tronquée, dont la paroi antérieure est constituée par le muscle grand pectoral, les muscles petit pectoral et sous-clavier ; les muscles sous-scapulaire, grand rond et grand dorsal en forment la paroi postérieure ; en dedans, la paroi costale recouverte du muscle grand dentelé ; en dehors, les muscles biceps et coraco-brachial. La base de la région répond à la peau du creux de l’aisselle.

La cavité axillaire est traversée par les vaisseaux et nerfs de l’aisselle : artère et veine axillaires, plexus brachial, dont les branches terminales donnent naissance aux nerfs du membre supérieur. De nombreux ganglions lymphatiques drainent les territoires du membre supérieur, de l’épaule, du thorax et du sein.

• La région scapulaire comprend toutes les parties molles placées en arrière de l’omoplate et de la région axillaire (trapèze, sus- et sous-épineux).

• La région deltoïdienne, enfin, occupe la partie externe et saillante de l’épaule (moignon de l’épaule) ; elle est constituée essentiellement par le muscle deltoïde. Innervé par le nerf circonflexe, le deltoïde est le facteur essentiel des mouvements d’abduction du membre supérieur.


Traumatismes de l’épaule

L’épaule est très exposée aux traumatismes ; un impératif doit guider leur traitement : la récupération de la mobilité du membre supérieur.

• Les fractures de la clavicule, fréquentes même chez l’enfant (l’os est consolidé de bonne heure), relèvent soit d’un choc direct, soit d’une cause indirecte (chute sur le moignon de l’épaule) ; le déplacement des fragments est d’importance très variable, l’atteinte de la veine sous-clavière, de la plèvre ou du plexus brachial absolument exceptionnelle. La consolidation se fait spontanément en 3 à 5 semaines : aussi, dans les fractures pas ou peu déplacées, la simple immobilisation par écharpe suffit-elle à calmer la douleur. Les fractures à gros déplacement peuvent généralement être réduites par un appareillage ambulatoire. L’intervention sanglante est rarement indiquée.

• Les luxations de la clavicule sont surtout fréquentes au niveau de l’extrémité externe (luxation acromio-claviculaire). Si leur réduction est facile, leur contention nécessite l’intervention sanglante, qui doit être réservée aux luxations avec gros déplacement.

• Les fractures de l’omoplate peuvent atteindre le corps, le col ou les apophyses ; elles ne demandent le plus souvent qu’une immobilisation du membre supérieur.

• La luxation de l’épaule est la plus fréquente des luxations, s’observant presque exclusivement chez l’adulte. Il s’agit, dans la grande majorité des cas, d’une luxation antéro-interne, où la tête humérale se place en avant et en dedans de la cavité glénoïde. La réduction d’urgence s’impose, et le pronostic est favorable dans les formes simples, mais il y a des luxations compliquées : fractures associées de l’omoplate, arrachement du trochiter, fractures du col anatomique ou du col chirurgical de l’humérus, qui peuvent entraîner une irréductibilité de la luxation, donc obliger à l’intervention chirurgicale pour lever l’obstacle à la réduction et au besoin agir sur la fracture associée. Les complications vasculaires sont exceptionnelles, mais plus fréquentes sont les lésions nerveuses : paralysies du plexus brachial, du nerf circonflexe.

Parfois, la luxation se reproduit chez le même sujet avec une facilité extrême, devenant une infirmité pénible : c’est la luxation récidivante, d’étiologie et de mécanisme encore discutés, imposant le traitement chirurgical.

• Les fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus, en dehors des fractures isolées des tubérosités, de pronostic généralement bénin, présentent deux grands types :
— les fractures du col chirurgical, surtout fréquentes chez les sujets âgés, correctement réduites et contenues, consolident en 4 à 5 semaines, mais la réduction est souvent difficile, et une rééducation précoce et bien conduite est indispensable pour éviter les séquelles (raideur articulaire, limitation de l’abduction, douleurs persistantes) ;
— les fractures du col anatomique sont beaucoup plus rares ; la simple immobilisation de faible durée, suivie d’une rééducation énergique, donne de bons résultats.

Quelle que soit leur nature, le pronostic de ces lésions traumatiques de l’épaule doit être réservé, surtout chez les sujets âgés, car, malgré un traitement orthopédique ou chirurgical correct et une rééducation bien conduite, il faut toujours redouter la persistance d’une limitation des mouvements de l’épaule et l’installation ultérieure d’une périarthrite chronique, de thérapeutique souvent décevante.

P. D.


Affections inflammatoires ou dégénératives de l’épaule

• La périarthrite scapulo-humérale. Elle est très fréquente chez l’adulte. Comme son nom l’indique, elle touche essentiellement les formations périarticulaires, c’est-à-dire les bourses séreuses et surtout les tendons des muscles de la partie supérieure de l’épaule, à proximité de leur insertion sur l’humérus (muscles de la « coiffe » de l’épaule). Les muscles sus-épineux, sous-épineux et longs biceps, les plus souvent en cause, sont le siège de lésions dégénératives avec parfois rupture des tendons ou calcifications tendineuses. C’est en général après un traumatisme, violent ou discret, parfois sans cause apparente que surviennent des douleurs de l’épaule, irradiant à la base du cou et au bras. Elles sont d’intensité variable, dans certains cas aiguës, entraînant l’insomnie et l’impossibilité d’effectuer le moindre mouvement avec le bras ; ailleurs modérées, elles sont compatibles avec une fonction peu diminuée. La radiographie de l’épaule est normale ou bien montre des calcifications au-dessus de la tête de l’humérus. La guérison est habituellement obtenue en quelques semaines grâce à des infiltrations périarticulaires de dérivés cortisoniques. Le traitement chirurgical est exceptionnel, il ne s’adresse qu’à des formes très rebelles et dont les lésions ont été authentifiées par une arthrographie : celle-ci montre en général une communication anormale entre la cavité articulaire et les bourses séreuses périarticulaires à travers les tendons musculaires perforés ou rompus.