Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

environnement (suite)

L’homme moderne et son environnement - cadre de vie


Altération du cadre par les déchets de production et de consommation

• Pollution des eaux douces. Cette pollution* peut être chimique, physique, physiologique (odeur par exemple) ou biologique (v. eau). Elle est due à la combinaison des déversements des déchets des consommations, principalement urbaines (égouts, problème des détergents), et des eaux usées industrielles. On y inclut aussi d’autres phénomènes, comme l’élévation de la température de l’eau après utilisation dans des refroidisseurs (pollution thermique), la prise en suspension d’une quantité élevée de particules solides arrachées par l’érosion (envasements) ou entraînées par des lavages industriels (mines), ou encore la prise en solution de produits chimiques (engrais, pesticides) employés en agriculture.

• Pollution atmosphérique. Cette importante nuisance, décrite ailleurs en détail (v. pollution), est le résultat de trois facteurs principaux : les dégagements de l’industrie, ceux des chauffages domestiques, ceux des engins de transport (avions, automobiles, etc.). Certains auteurs ont été jusqu’à affirmer que l’augmentation de dégagement de CO2 par les combustions et la diminution de production d’oxygène consécutive aux déboisements peuvent conduire à des réchauffements de climat susceptibles de conduire à la fonte des calottes glaciaires et à une montée catastrophique du niveau des océans.

• Pollution des eaux marines. Ce phénomène est également décrit ailleurs (v. pollution). Trois causes principales interviennent : les décharges urbaines (égouts), les rejets industriels et les pertes d’hydrocarbures (nettoyage illégal de réservoirs, naufrages, etc.) pour les navires. Depuis un petit nombre d’années, la pollution des mers a considérablement gagné en extension. Établissant un parallèle avec la forêt, on peut noter qu’au détriment du tiers monde, qui souffre si durement de carence de protéines et de graines, l’homme est en train de compromettre dans l’océan l’existence de ressources considérables avant même d’avoir entamé leur exploitation.

• Déchets solides. L’environnement - cadre de vie est fréquemment altéré en zone industrialisée par une incorrecte ou insuffisante élimination des déchets solides de la société de consommation : entassement d’immondices (au lieu de les incinérer ou, mieux, de les recycler), cimetières de voitures, terrils miniers. Le problème s’aggrave avec la multiplication des « emballages perdus » : abandon de bouteilles et bocaux en verre, de boîtes métalliques, de récipients en plastique, souvent indestructibles, etc.


Radio-activité dans le milieu

Cette pollution radio-active étant particulièrement dangereuse, des précautions sévères sont intervenues très tôt pour l’éviter. Des éventualités principales subsistent : l’accident, notamment aux centrales nucléaires, et des phénomènes accidentels de concentration de radionuclides à travers certaines chaînes alimentaires particulières amenant à portée de l’homme des substances — notamment des vivres — présentant un taux excessif de radio-activité.


Altération du cadre par des effets accessoires de nouvelles actions de l’homme

• Produits chimiques. L’industrie chimique a mis à la disposition de l’homme une multitude de produits nouveaux qui ont rendu de grands services à sa santé, à son agriculture, à ses diverses activités de producteur ou de consommateur.

Mais, l’emploi de ces produits a aussi provoqué des phénomènes, notamment d’intoxication, qui n’étaient ni prévus ni souhaités, et qui parfois se sont montrés nuisibles aux intérêts humains. Des médicaments comportent des effets accessoires, imprévus, certains décelés, d’autres pressentis, d’autres encore totalement ignorés. Des produits de conservation, de coloration, etc., sont l’objet de vives protestations de la part de ligues de consommateurs. Des épandages d’engrais ou de pesticides — surtout quand les effets de ces derniers sont persistants — ont parfois conduit à des accidents de santé — éventuellement mortels — chez l’homme et plus encore parmi la faune sauvage jugée anthropocentriquement utile : Mammifères, Oiseaux, Poissons, Crustacés, Insectes (Abeilles), etc. On se souvient du livre Printemps silencieux, que Rachel Carson a consacré en 1962 à cette incontestable nuisance.

• Ruptures d’équilibres biologiques. Parmi les interventions de l’homme figure aussi souvent la décision de modifier les écosystèmes de son environnement - cadre de vie, soit en y supprimant une espèce qu’il estime nuisible à ses intérêts, soit en y introduisant une espèce exotique qu’il juge utile. De telles ruptures d’équilibres biologiques sont toujours dangereuses. On a évoqué ci-dessus les campagnes d’extermination menées contre des prédateurs comme le Léopard ou les Oiseaux Rapaces. La réussite de ces campagnes a conduit à des proliférations (Cochons sauvages el Babouins dans le cas du Léopard ; Rongeurs, dans le cas de Rapaces) qui s’avèrent plus nuisibles qu’auparavant. Quant aux introductions ayant trop bien réussi, on en connaît de nombreux exemples : le Lapin en Australie, la Mangouste dans les Caraïbes, le Rat musqué en Europe, l’Écureuil gris en Angleterre, la Jacinthe d’eau...


Agressions contre l’équilibre psychologique de l’homme

Parmi les qualités que l’homme demande au cadre dans lequel il vit et travaille, il en est plusieurs qui concourent au maintien de son équilibre psychique : un minimum de silence, de calme, de régularité de vie, de beauté.

On a déjà noté ci-dessus que l’augmentation du nombre des hommes et leur concentration dans des mégalopolis peuvent conduire à des phénomènes d’encombrement portant déjà gravement préjudice à l’équilibre psychique des individus.

Mais il faut encore citer une série de facteurs, nés cette fois des activités récentes de l’humanité, qui constituent autant d’agressions nouvelles contre cet équilibre psychique : le bruit, l’agitation, la rupture du rythme de vie, l’enlaidissement du cadre. On peut se demander si ces agressions contre le psychisme ne contribuent pas à expliquer l’augmentation dans certains pays industrialisés de la consommation des stupéfiants.