Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

endocrinologie (suite)

médecin (Vevey 1874 - Paris 1948). D’origine suisse, il fut naturalisé français en 1906. Disciple du neurologue J. Déjerine (1849-1917), il décrivit avec celui-ci le syndrome thalamique (douleurs en rapport avec une lésion du thalamus, noyau sensitif du diencéphale). Son orientation neurologique lui permit d’établir les rapports qui existent entre l’hypothalamus et l’hypophyse. Il se consacra plus tard à la lutte contre le cancer et fonda l’institut qui porte son nom et qui est consacré à la lutte contre cette maladie. (Acad. des sc., 1939.)


Ernest H. Starling,

v. hormone.


Friedrich Stolz,

v. surrénal.


Jokichi Takamine,

v. surrénal.


Alfred Vulpian,

médecin français (Paris 1826 - id. 1887). Il a étudié le mécanisme de la vaso-motricité, sa régulation nerveuse, et pressenti le rôle de la sécrétion surrénale (l’adrénaline) dans la constriction des vaisseaux. (Acad. des sc., 1876.)

endoscopie

Méthode d’exploration optique de cavités naturelles de l’organisme. Les appareils permettant cet examen, les endoscopes, comportent un système optique de transmission de l’image et un système éclairant. Ils sont parfois dotés d’appareillages complémentaires permettant des prélèvements, le lavage ou la coagulation. Certains explorent un organe en utilisant un orifice naturel de l’organisme. D’autres nécessitent une voie d’abord artificielle, au moyen d’une petite incision des téguments, souvent faite sous anesthésie locale.



Technologie des endoscopes

Les endoscopes ont fait l’objet de très importants progrès, notamment dans la qualité de l’éclairage et dans l’évolution vers une plus grande souplesse des tubes : celle-ci a permis de rendre moins pénibles des examens déjà possibles et d’autoriser des explorations qu’il était impossible d’envisager avec les tubes rigides.


Endoscopes classiques

Ils étaient habituellement formés d’un tube rigide formant gaine hermétique renfermant un système optique constitué par une série de lentilles de verre. Il y avait deux procédés possibles d’éclairage. La lumière pouvait provenir d’une ampoule électrique placée en bout d’appareil, donc située dans la cavité à explorer. Cette technique procurait un éclairage diffus avec un bon relief, mais possédait de multiples inconvénients : les ampoules électriques, qui devaient être de très petite taille, étaient extrêmement fragiles : souvent, ces ampoules étaient aveuglées par une frange graisseuse, un dépôt de sang ou de sécrétions ; enfin, elles dégageaient une certaine chaleur qui pouvait incommoder le patient.

L’éclairage pouvait provenir d’une source extérieure de lumière, celle-ci étant transmise par une baguette de quartz. Ce procédé, plus encombrant, avait l’avantage de permettre, grâce à un survoltage, des prises de vues photographiques ou cinématographiques.


Fibroscopes

C’est d’abord l’éclairage qui a bénéficié de la transmission de la lumière à travers des tubes souples. Ces tubes sont formés d’une multitude de fibres de verre de quelques microns de diamètre dans lesquelles la lumière court en se réfléchissant en zigzag le long des parois. La lumière, comme dans une fontaine lumineuse, peut alors suivre les courbures imprimées au faisceau de fibres. Cette technique permet d’utiliser des sources de lumière à distance, qui peuvent de ce fait être plus lourdes, mieux ventilées, donc plus puissantes. La plupart des endoscopes, même rigides, ont maintenant des raccords souples entre le générateur de lumière et la baguette de quartz qu’ils renferment. Mais certains endoscopes eux-mêmes sont devenus souples par l’utilisation des fibres de verre non seulement pour la propagation lumineuse, mais aussi pour lai transmission de l’image. C’est le cas, notamment, des fibroscopes gastro-duodénaux. Enfin, certains endoscopes n’ont pu voir le jour que grâce à cette souplesse : c’est le cas des colonoscopes (v. plus loin) ou de certaines sondes endocardiaques par exemple. Le domaine des endoscopies s’est ainsi largement étendu récemment.


Endoscopies explorant une cavité en utilisant un orifice naturel

• La laryngoscopie est faite par les oto-rhino-laryngologistes. Elle permet de vérifier l’état du larynx et tout spécialement des cordes vocales, et d’y déceler la présence de polypes, d’un cancer ou d’une tuberculose.

• La bronchoscopie explore, à l’aide d’un tube rigide, la trachée et les bronches souches. À l’extrémité du tube, des optiques obliques permettent une vision à 60°, 90° ou même à 120°, ce qui donne une vue assez complète des divisions bronchiques. Les bronchoscopes souples en sont encore à leur début. La bronchoscopie recherche les cancers bronchiques, des compressions ganglionnaires et identifie, surtout chez l’enfant, des corps étrangers inhalés. L’introduction de pinces permet de retirer ces corps étrangers ou de faire des biopsies des parois bronchiques suspectes. On complète souvent l’examen par l’aspiration des sécrétions afin d’y rechercher des germes microbiens ou des cellules anormales.

• L’œsophagoscopie utilisait naguère un tube rigide à vision terminale (les fibroscopes l’ont remplacé). Elle permet de détecter des tumeurs œsophagiennes, des sténoses inflammatoires, quelquefois des varices œsophagiennes, mais l’examen doit être particulièrement prudent. Enfin, elle permet d’étudier la jonction œsogastrique et d’identifier des hernies hiatales.

• La gastroscopie, examen de la cavité gastrique, avait d’abord utilisé un tube rigide, d’introduction délicate et dangereuse, dont l’angle de vision était fort réduit. Vint ensuite le gastroscope semi-rigide, qui était constitué par une succession rapprochée de lentilles optiques à l’intérieur d’une gaine souple, et qui tolérait des inflexions de quelques degrés. Mais dès que la courbure était trop accentuée, la vision devenait elliptique ; en outre, une grande partie de l’estomac restait invisible. Les fibroscopes ont, ici, apporté beaucoup : d’une part, ils sont mieux tolérés, car d’introduction plus aisée ; d’autre part, on peut couder à volonté leur extrémité, ce qui permet d’embrasser du regard la totalité de l’estomac, y compris la grosse tubérosité et le cardia. Certains fibroscopes longs à vision terminale peuvent être descendus dans le duodénum et permettent d’y confirmer l’existence d’un ulcère ou d’une tumeur bénigne. Ces appareils sont dotés de pinces biopsiques qui permettent des prélèvements sous contrôle de la vue. On peut aussi prendre des photographies ou des vues cinématographiques. L’inconvénient de ces appareils est leur prix élevé, comparé à leur relative fragilité. En effet, les distorsions sur leur axe cassent les fibres de verre, ce qui altère le champ de vision sous forme de multiples petits points noirs. Ils ont cependant supplanté les appareils semi-rigides.