Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

Ellington (Duke) (suite)

De l’exotisme à l’impressionnisme

De 1945 à 1954, Duke Ellington agrandit son univers en composant des suites concertantes de longue durée et en opposant à la raucité des pièces « jungle » et au mécanisme du rythme swing des œuvres descriptives ou impressionnistes souvent interprétées en des tempos nonchalants, où se déploie un exotisme de timbres langoureux et de demi-teintes vaporeuses (Lady of the Lavender Mist).

Il s’assure la collaboration des trompettes Harold Baker, Nelson et Francis Williams, Willie Cook et Clark Terry, des trombonistes Claude Jones, Wilbur De Paris, Tyree Glenn et Quentin Jackson, des saxophonistes Russell Procope, Willie Smith et Paul Gonsalves, des bassistes Oscar Pettiford et Wendell Marshall, des batteurs Dave Black et Louie Bellson et des vocalistes Kay Davis et Yvonne Lanauze.


La mise à jour d’un univers

À partir de 1954, Ellington entreprend une synthèse de ses premières œuvres. Par touches insensibles, il actualise le meilleur de son passé, jouant son œuvre et jouant avec elle. Outre cette sorte de mise à jour, il présente de plus en plus souvent l’un des meilleurs solistes de son orchestre : lui-même au piano. Ses anciennes vedettes, après des fortunes diverses, ont rejoint les rangs de l’orchestre : Cootie Williams, Lawrence Brown, Johnny Hodges (qui mourra en 1970). Ceux-ci sont les principaux solistes avec Cat Anderson, Ray Nance, Buster Cooper, Paul Gonsalves, Jimmy Hamilton, Norris Turney, Harold Ashby et le fidèle Harry Carney, qui est aux côtés de Duke depuis 1927. Dans la section rythmique se succèdent les contrebassistes Jimmy Woode, Aaron Bell, Ernie Shepherd, John Lamb, Joe Benjamin, les batteurs Sam Woodyard, Louie Bellson et Rufus Jones, et l’organiste Wild Bill Davis, qui, engagé après la mort de Strayhorn, en 1967, écrit quelques arrangements pour l’orchestre.

Si l’essentiel du répertoire est surtout constitué de thèmes anciens toujours rajeunis, Ellington compose de nouvelles suites, réalise des versions très personnelles de Peer Gynt de Grieg et de Casse-Noisette (Nutcracker Suite) de Tchaïkovski, et participe, pour des séances d’enregistrement, à des rencontres avec Ella Fitzgerald (1956 et 1965), Louis Armstrong (1961), Count Basie (1961), Charlie Mingus et Max Roach (1962), Coleman Hawkins (1962) et John Coltrane (1962).

F. T.

 B. Ulanov, Duke Ellington (New York, 1946). / S. Dance, The World of Duke Ellington (New York, 1970).

Moments et lieux

1899

Le 29 avril, naissance de Duke Ellington à Washington.

1914-1917

élève de l’Armstrong High School à Washington.

1923

il joue à New York, d’abord avec Wilbur Sweatman, puis avec Elmer Snowden.

1924

il dirige les Washingtonians, à l’affiche du Kentucky Club.

1927-1931

4 déc. 1927 - févr. 1931 : engagement de l’orchestre au Cotton Club de New York.

1933

première tournée en Europe ; l’orchestre joue en Grande-Bretagne et à Paris.

1939

seconde tournée européenne, en Grande-Bretagne, en Suède, en Belgique, au Danemark et en France.

1940

Billy Strayhorn devient l’arrangeur de l’orchestre.

1943

concerts au Carnegie Hall de New York.

1948

retour en Europe, en trio avec Ray Nance et Kay Davis.

1956

triomphe au festival de Newport.

1960-1963

tournées au Moyen-Orient, au Japon, en Inde, au Sénégal et en Amérique du Sud.

1961

enregistrements avec Louis Armstrong.

1962

enregistrements avec John Coltrane.

1965

l’orchestre accompagne Ella Fitzgerald.

1967

mort de Billy Strayhorn.

1969

réception à la Maison-Blanche pour fêter le 70e anniversaire.

1970

mort de Johnny Hodges.

1971

tournée en U. R. S. S.

1974

le 24 mai, mort à New York.

Repères discographiques

1927

Black and Tan Fantasy

1928

The Mooche

1930

Mood Indigo

1931

Rockin’in Rhythm

1932

It don’t mean a Thing

1933

Sophisticated Lady

1934

Solitude

1935

Showboat Shuffle

1936

Echoes of Harlem

1937

Caravan

1938

Prelude to a Kiss

1940

Koko

Concerto for Cootie

1941

Take the A Train

1942

Main Stem

1944

Black, Brown and Beige

1946

Jam a Ditty

1947

Lady of the Lavender Mist

1953

Who knows (solo de piano)

1954

Happy go Lucky Local

1956

Unbooted Character

Diminuendo and Crescendo in Bine

1960

Kinda Dukish

1961

Battle Royal (avec Count Basie et orch.)

1962

Money Jungle (avec Charlie Mingus et Max Roach)

The Feeling of Jazz (avec John Coltrane)

1965

Imagine my Frustration (avec Ella Fitzgerald)

1967

And his Mother called him Bill

1969

70th Birthday Concert

1970

New Orleans Suite

ellipsoïde de référence

Surface mathématique de forme et de dimensions bien définies, sur laquelle sont projetés par des verticales les différents points de la surface terrestre.


Depuis le xviiie s., on a tenté, en géodésie, de représenter le géoïde, ou surface du niveau moyen des mers, supposé prolongé sous les terres, par un ellipsoïde de révolution aplati. Cette surface de référence est commode pour donner des points terrestres et de la verticale en un lieu quelconque une expression approchée, suffisante pour de nombreux besoins.

Au début du xxe s., en 1924, un premier modèle, calculé par John Hayford, a été adopté internationalement et utilisé en gravimétrie et dans certains travaux géodésiques, notamment la triangulation européenne de 1950. En 1967, le modèle de Hayford a été officiellement remplacé par un modèle plus approché, dont l’établissement a été possible en particulier grâce aux connaissances nouvelles acquises par l’analyse des trajectoires de satellites artificiels.

Un grand géodésien : John Fillmore Hayford

(Rouses Point, New York, 1868 - Evanston, Illinois, 1925). En 1890, il débute à Washington comme calculateur au Coast and Geodetic Survey et, à partir de 1898 jusqu’en 1909, assume dans cet organisme la direction de la Division de géodésie. On lui doit la réunion en un seul bloc de toutes les triangulations de l’Amérique du Nord, mais surtout la détermination et le calcul des dimensions de l’ellipsoïde s’adaptant le mieux à ces triangulations, les verticales physiques étant corrigées des reliefs apparents et sous-jacents selon la théorie gravimétrique de l’isostasie. En 1924, il fait adopter l’ellipsoïde dit « international ». À sa mort, il était directeur du Collège d’ingénieurs de la Northwestern University, à Evanston.