Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

élasticité (suite)

 H. Bouasse, Théorie de l’élasticité et résistance des matériaux (Delagrave, 1920 ; nouv. éd., 1931). / G. Pigeaud, Résistance des matériaux et élasticité (Gauthier-Villars, 1920 ; nouv. éd., 1948-49 ; 2 vol.). / A. Mesnager, Cours de résistance des matériaux (Dunod, 1928). / M. M. Frocht, Photoelasticity (New York, 1941-1948 ; 2 vol.). / A. Pirard, la Photoélasticité (Dunod, 1947). / J. Arrambide et M. Duriez, Nouveau Traité de matériaux de construction (Dunod, 1961-62 ; 3 vol.).

élastomère

Matière qui, à la température ambiante, peut être étirée à au moins deux fois sa longueur et revenir à sa dimension originale dès que cesse la traction. La définition a été élargie aux matières retrouvant seulement de 90 à 50 p. 100 de leur longueur initiale dans les cinq minutes suivant le relâchement de la tension.


Le caoutchouc est l’élastomère naturel type. Ses propriétés élastiques sont révélées par l’opération de vulcanisation, qui provoque la saturation des doubles liaisons de la molécule par le soufre.

Les élastomères sont classés selon leur constitution en élastomères réticulables (diéniques ou saturés) et en élastomères non réticulables.

• La classe des élastomères diéniques (insaturés) comprend les nombreux caoutchoucs de synthèse commerciaux (Elastons), mis en œuvre par des moyens similaires à ceux qui sont utilisés pour le caoutchouc naturel. Ils peuvent être réticulés (vulcanisés) par le soufre et des accélérateurs, par des peroxydes ou des radiations.

• La classe des élastomères saturés réticulables comprend des polymères et des copolymères d’oléfines, vulcanisables par le soufre et des accélérateurs, par des peroxydes, des radiations ou des polyamines.

• Les élastomères non réticulables sont peu nombreux. Le plus important est le polychlorure de phosphonitrile, qui ne contient pas de carbone et qui est donc totalement inorganique, très résistant à l’eau et aux solvants aromatiques.

Les élastomères de synthèse ont, sur le caoutchouc naturel, l’avantage de posséder de bien meilleures propriétés de résistance aux huiles, aux produits pétroliers, aux solvants ; certains sont aussi plus résistants à l’abrasion ; d’autres ont une meilleure tenue à la chaleur ou en présence d’oxygène ou d’ozone ; il existe des élastomères ayant une meilleure résistance mécanique, notamment aux basses températures.

Ces caractéristiques permettent de les utiliser dans des applications techniques où le caoutchouc naturel ne conviendrait pas ou d’améliorer la qualité de produits manufacturés traditionnels, tels que les pneumatiques. Très souvent, on emploie des mélanges contenant aussi du caoutchouc naturel, ou des combinaisons de deux élastomères, pour unir les avantages respectifs.

J. D.

➙ Caoutchouc / Polymérisation.

Elbe (île d’)

En ital. Elba, île italienne de la mer Tyrrhénienne, appartenant à la région de Toscane*, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Bastia (Corse) ; 223,5 km2 ; 28 500 hab. Ch.-l. Portoferraio.


Nommée Aithalía par les Grecs, Ilva par les Romains, l’île appartint successivement aux Étrusques, aux Carthaginois, aux Phocéens, puis aux Romains, qui y exploitèrent les célèbres mines de fer (toujours extrait aujourd’hui). Elle appartint ensuite aux Pisans au xie s., puis à Gênes en 1290. C’était une conséquence de la victoire navale des Génois sur les Pisans à la Meloria en 1284.

L’île d’Elbe fut ensuite un objet de convoitise entre les Espagnols, les Français et les Turcs. Charles Quint la donna au duc de Toscane Cosme Ier de Médicis en 1548. Ce prince la réunit à la seigneurie de Piombino et fonda la capitale Portoferraio. Au xvie s., l’île connut un bel essor artistique. En 1738, elle passa sous la domination du royaume de Naples.

Au traité d’Amiens en 1802, elle fut attribuée à la France. Napoléon l’octroya d’abord au royaume d’Étrurie, puis à la principauté de Piombino, où régnait Elisa Baciocchi, princesse de Lucques, avant de la réunir à la France. En 1814, les Alliés la donnèrent en toute souveraineté à Napoléon après sa première abdication. L’Empereur y résida du 3 mai 1814 au 26 février 1815.

Durant son court séjour, il y organisa l’administration, y développa les cultures, en faisant principalement des plantations de mûriers, et l’industrie locale, en encourageant l’exploitation des carrières de marbre et des mines de fer sur une plus grande échelle. On sait comment, parti de l’île sur le brick l’Inconstant, Napoléon entreprit sa dernière aventure, celle des Cent-Jours*.

Donnée par le congrès de Vienne au grand-duché de Toscane, l’île devint finalement italienne en 1860. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle fut reprise aux Allemands par des commandos français les 17-19 juin 1944.

P. R.

Éléates (les)

École philosophique grecque.


La philosophie des Éléates correspond à une réaction contre la tradition des Ioniens*. Le monisme des Ioniens, en particulier, marqué par l’idée du mouvement inhérent à ce qui existe, est rejeté au profit d’un monisme de la fixité, et le matérialisme milésien est mis en procès. Lorsque la doctrine éléatique a commencé d’être diffusée, elle a éliminé presque complètement l’héritage ionien.


Éléments fondamentaux de la philosophie éléatique

On comprendra l’importance de cette école si l’on sait qu’elle a fixé les caractères élémentaires de la conception de l’être, conception qui, en dépit de ses variantes, demeurera pour l’essentiel identique à elle-même au cours de l’histoire de la philosophie et de la culture helléniques.

Au premier chef — et sur ce point les Éléates s’opposent radicalement aux Ioniens —, figure une intronisation de la vérité logique : loin d’exiger l’enquête, l’observation pour découvrir la nature de ce qui existe, le critère qui permet de valider la connaissance est désormais la seule rigueur formelle du raisonnement, dont la cohérence fait office de preuve. C’est avec les Éléates que commence le rejet explicite de la contradiction que la pensée philosophique va s’employer à fuir, se cantonnant dans le domaine abstrait de l’identité et de l’homogénéité ontologiques. La métaphysique jette ses bases, cerne le lieu où elle va se déployer : c’est la sphère d’une réalité plus vraie que le réel, séparée de celui-ci et opposée à lui, dont le propre est d’être pensée et pensable sans contradiction. La nature de l’être est ici définie comme correspondant aux principes élémentaires de la logique formelle.