Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

Eitoku (suite)

En 1574, Oda Nobunaga commande au jeune peintre, pour un cadeau officiel, une paire de paravents sur la ville de Kyōto et ses alentours. La composition polychrome renoue avec la tradition purement japonaise des coloris brillants perpétuée à la Cour par l’école Tosa et que Motonobu avait introduite dans la peinture à l’encre de style chinois. Dans cette œuvre apparaît la technique des fonds d’or qui connaîtra un si vif succès chez les disciples d’Eitoku. Des rectangles de papier doré, découpés et collés autour des parties peintes, forment un arrière-plan de grands nuages stylisés. Entre ces nuages, les bâtiments de la capitale sont dessinés avec exactitude, et des scènes de genre pleines de vie évoquent les occupations et les fêtes de la classe influente des marchands de Kyōto.

Il ne reste presque plus rien des immenses ensembles qu’Eitoku décora pour Nobunaga (château d’Azuchi de 1576 à 1580) et Toyotomi Hideyoshi (château d’Ōsaka en 1583, palais Juraku en 1587) et qui firent sa gloire. Seuls les documents de l’époque nous permettent d’imaginer la splendeur des salles où les fonds d’or conféraient au thème du déroulement des saisons un effet puissamment décoratif. Pour la réalisation de ces vastes peintures, Eitoku se faisait aider par un atelier important dans lequel travaillaient de nombreux membres de sa famille.

Écho de ces créations disparues, le paravent aux lions conservé dans les collections impériales et le paravent aux cyprès du musée national de Tōkyō sont les seuls décors officiels de la maturité du peintre que nous connaissions. Le paravent aux cyprès, exécuté sans doute l’année de la mort de l’artiste, montre peut-être plus de sécheresse que les œuvres de jeunesse. Cependant, la beauté de la composition témoigne de la maîtrise à laquelle est parvenu Eitoku dans la décoration de grands formats. Un tronc gigantesque aux branches tourmentées se dresse au-dessus d’une nappe d’eau dont l’intensité du bleu est mise en valeur par la terre et les nuages dorés.

Le style d’Eitoku eut une influence considérable sur son époque. Il restera celui du shōgunat des Tokugawa jusqu’en 1868, en s’imprégnant peu à peu d’académisme.

F. D.

➙ Kanō (école des) / Kyōto / Sanraku.

élaboration des métaux et alliages

Ensemble des opérations permettant d’extraire le métal de son minerai en le séparant des produits stériles, de la gangue et de ses impuretés, puis d’affiner ce métal brut pour obtenir un métal pur. (À partir de plusieurs métaux purs, par différentes techniques, on élabore les alliages.)


La plupart des métaux se présentent dans les minerais sous la forme de combinaisons chimiques. Pour extraire les métaux de ces combinaisons, il faut faire subir aux minerais des traitements successifs physiques, chimiques ou électrolytiques qui nécessitent souvent une notable énergie calorifique. Au cours des siècles, les procédés d’élaboration des métaux se sont toujours développés en fonction des possibilités d’obtention de températures plus élevées sur des masses plus importantes à traiter. L’évolution des procédés sidérurgiques reflète l’utilisation successive de combustibles mieux adaptés permettant d’atteindre de plus hautes températures avec un meilleur rendement thermique : le charbon de bois des bas foyers du Moyen Âge a été remplacé d’abord par le charbon de terre, ou houille, dans les bas fourneaux, puis, à partir de 1730, par le coke, qui permet la construction d’appareils plus importants, les hauts fourneaux. C’est le système de récupération de la chaleur des fumées, inventé par Friedrich von Siemens (1829-1904), qui permet le développement du procédé Martin de conversion de la fonte en acier.

Les progrès des applications industrielles de l’électricité vers la fin du xixe s. ont permis l’élaboration de métaux nouveaux et à haute pureté d’une part par électrolyse, d’autre part par électrothermie. Après les fours à arc et à induction sont apparus les fours à chauffage par bombardement électronique, dont la température peut dépasser 3 000 °C. En combinant la possibilité d’atteindre ces hautes températures avec une atmosphère raréfiée ou inerte, on obtient, par des procédés spéciaux de fusion, des lingots de métaux à très haute pureté, tels que le zirconium, le titane, le niobium, le tungstène, utilisés dans les industries nucléaire et aérospatiale.


Préparation des minerais

Elle consiste à diviser les fragments provenant des gisements afin de mieux séparer les parties stériles, qui forment la gangue, des parties utiles, qui sont ensuite concentrées. Elle comprend les opérations suivantes.

• La division des minerais s’opère par concassage, par broyage, puis par classement des grains de différentes grosseurs par criblage ou par tamisage.

• La séparation proprement dite de la gangue du minerai utile ou la séparation de deux minéraux présents dans le même minerai s’effectue par des procédés physiques ou physico-chimiques. Ainsi, la flottation s’applique à de nombreux minerais qui sont placés dans un milieu aqueux additionné de réactifs (agent collecteur et agent émulsionnant), modifiant la tension superficielle sur les grains que l’on collecte dans une écume riche en minéral, alors que la pulpe rassemble les parties stériles de la gangue. Le triage magnétique permet de séparer les composés ferromagnétiques (séparateurs à basse intensité) ou para-magnétiques (séparateurs à haute intensité).

• L’agglomération des particules minérales présente un intérêt qui varie suivant l’origine et la nature des minerais : soit enrichissement par élimination d’éléments inertes ou d’impuretés (eau, soufre, anhydride carbonique), soit homogénéisation granulométrique des charges et amélioration de leur résistance mécanique pour faciliter leur traitement ultérieur, ou encore récupération de produits fins (poussières de gaz, fines chutes) ou bien enfin intérêt économique par la souplesse des approvisionnements.