Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

égout (suite)

Traitement des liquides décantés

Lit bactérien

Procédé le plus fréquent, le lit bactérien comporte une couche de matériaux filtrants sur laquelle est amené le liquide pour être traité. Celui-ci est maintenu en mouvement. L’ensemble est ventilé, et l’effluent épuré est soutiré à la base du lit bactérien sous la grille qui soutient les matériaux filtrants.

Activation des boues

L’insufflation d’air dans une eau d’égout fait apparaître des flocons brunâtres qui se déposent en laissant au bout de quelques jours une eau limpide et inodore ; la clarification s’obtient en quelques heures, en « ensemençant » l’eau d’égout non encore traitée par addition de dépôts recueillis lors d’une insufflation d’air antérieure. Les dépôts obtenus sont des boues activées ; c’est un milieu vivant de bactéries aérobies qui s’alimentent de matières organiques grâce à l’insufflation d’air oxygéné.

J. A.

J. A.

➙ Boue / Eau / Voie urbaine.

 C. Dubosch, Égouts publics, construction (Technique des travaux, 1933) ; Égouts publics, épuration (Eyrolles, 1951). / P. Koch, l’Assainissement des agglomérations (Eyrolles, 1935-1937 ; 3 vol.) ; les Réseaux d’égout (Dunod, 1954 ; 3e éd., 1967). / K. Imhoff, Manuel de l’assainissement urbain (Dunod, 1947 ; 5e éd., 1970). / Soc. acad. Hütte, Des Ingenieurs Taschenbuch (Berlin, 1951-1955 ; 5 vol. ; trad. fr. Manuel de l’ingénieur, Béranger, 1960-1962 ; 3 vol.). / A. Renaud, l’Assainissement. Égouts et stations d’épuration (Eyrolles, 1953). / H. Guerrée, Pratique de l’assainissement des agglomérations urbaines et rurales (Eyrolles, 1961 ; nouv. éd., 1967).

Égypte

En ar. Miṣr, État de l’Afrique septentrionale ; envir. 1 million de km2. Capit. Le Caire.


Le milieu naturel

Comprise entre 21° et 31° de lat. N., comme le Sahara et la Libye, la République arabe d’Égypte, entièrement incluse dans la zone aride de l’Afrique septentrionale, serait un désert intégral sans l’étroite incision bienfaisante du Nil. Chargé des eaux tropicales et équatoriales, le fleuve vivifie sa vallée au milieu du monde minéral du désert de Libye à l’ouest et du désert arabique à l’est. Sur plus de 1 000 km — de la frontière du Soudan aux rives de la Méditerranée —, à peine large de 3 à 15 km entre les abrupts des plateaux désertiques encadrants, le ruban de verdure des berges du fleuve et de son delta rassemble la quasi-totalité des 35 millions d’habitants du pays. La densité de la population, qui n’est que de 36 habitants au kilomètre carré par rapport à l’ensemble du territoire, s’élève à plus de 1 000 si l’on ne considère que les terres habitées limitées aux aires irrigables à partir des eaux du Nil.


Le climat

L’ensemble du pays est soumis au climat désertique. Seule une étroite bande proche de la Méditerranée reçoit quelques précipitations (Alexandrie, 166 mm ; Port-Saïd, 173 mm). Les pluies se raréfient rapidement du nord au sud : Le Caire, 42 mm ; Béni-Souef (Banī Suwayf), 6,4 mm ; Louqsor (Al-Uqṣur), 4 mm ; Assouan (Aswān), 1 mm. Elles sont caractérisées par une grande variabilité interannuelle.

Les températures estivales sont partout élevées, avec un accroissement du nord au sud, ainsi qu’en témoignent les moyennes des maximums de juillet : 30,1 °C à Alexandrie, 35,8 °C au Caire, 36,9 °C à Béni-Souef, 39,4 °C à Louqsor, 41,5 °C à Assouan. Cependant, les moyennes des minimums de janvier sont en général de plus en plus accusées vers l’intérieur du pays : Alexandrie, 8,8 °C ; Le Caire, 9,4 °C ; Béni-Souef, 6,6 °C ; Louqsor, 6,3 °C. La température moyenne de juillet est de 28,6 °C au Caire, de 26,2 °C à Alexandrie ; celle de janvier, de 13,8 °C au Caire, de 13,6 °C à Alexandrie. Le caractère aride et continental du pays s’affirme avec la décroissance des taux d’humidité moyenne de l’année : Alexandrie, 68 p. 100 ; Le Caire, 50 p. 100 ; Béni-Souef, 51 p. 100 ; Louqsor, 34 p. 100 ; Assouan, 22 p. 100.


Le relief

L’allure générale est commandée par la géologie et la structure. Les altitudes s’abaissent d’est en ouest et du sud au nord. Le désert arabique entre Nil et mer Rouge est constitué de vieux massifs relativement élevés (djebel Chā‘ib, 2 187 m ; djebel Ḥamāṭa, 1 877 m), dont la retombée sur la mer Rouge, orientée par les grandes fractures de l’Afrique orientale, est assez abrupte et rectiligne. Au nord (plateau de Galala) et vers l’ouest, ces vieux massifs disparaissent sous les couvertures successives des grès de Nubie ainsi que des calcaires crétacés et éocènes, dont les cuestas sont franchies par des percées cataclinales comme celles de l’oued Ṭarfā ou longées par des cours orthoclinaux comme c’est le cas pour la vallée du Nil entre Esnèh (Isnā) et le coude de Kénèh (Qinā) et celle de l’oued Kénèh. Au-delà du golfe de Suez, le bloc triangulaire de la presqu’île du Sinaï présente une structure comparable. Les massifs anciens qui occupent la pointe méridionale et culminent à 2 641 m au djebel Kāthrīna sont recouverts vers le nord par les couches successives des grès de Nubie, des calcaires du Crétacé moyen (djebel al-Tīh) et des calcaires de l’Eocène (djebel ‘Igma).

Le désert libyque, à l’ouest du Nil, n’est plus constitué que des affleurements calcaires crétacés ou éocènes. Les premiers donnent des plateaux aux escarpements sans vigueur au nord du pays. Ils sont coiffés par les couches de calcaire nummulitique qui constituent les immenses plateaux de l’Égypte moyenne étendus jusqu’à Assouan. Leurs corniches dominent la rive gauche du Nil à l’est par des dénivellations de plusieurs centaines de mètres. À l’ouest, le plateau se termine au-dessus des dépressions des oasis de Kharguèh (Al-Khārdja), de Dakhla, de Farafra et de Bahriya (Al-Baḥariyya), qui sont logées sur des accidents structuraux affectant la couverture.

La vallée du Nil est étroitement comprise, de Ouadi-Halfa au Caire, entre les deux lignes des abrupts terminant les plateaux libyque et arabique. Cette partie de la vallée, appelée Haute-Égypte, ne correspond pas à un ruban ininterrompu et uniforme de cultures. Elle ne s’élargit que progressivement d’amont en aval et fort irrégulièrement. Entre Ouadi-Halfa et Assouan, elle était très encaissée dans les grès avant sa submersion par les eaux retenues par le barrage de Sadd al-‘Ālī (ou haut barrage d’Assouan) et formant le lac Nasser (buhayra Nāṣir). Elle s’élargit à partir d’Assouan et autour de Kom-Ombo, se resserre à hauteur d’Esnèh pour s’élargir de nouveau autour de Louqsor-Thèbes. Après le coude de Kénèh, le couloir se normalise quelque peu, mais avec des variations de largeur encore sensibles. À partir d’Assiout (Asyūṭ), la corniche calcaire de la rive gauche diminue de netteté. Le fleuve lui-même se divise en deux bras. Le cours le plus occidental, ou Bahr Youssef (Bahr Yūsif), a été aménagé pour canaliser une fraction régulière du débit du fleuve (canal Ibrahimiyèh). Grâce à lui, les eaux du Nil atteignent la dépression du Fayoum, où les cuvettes salées du Birket Karoun (Birkat Qārūn) et de l’oued Rayan leur servent de déversoir à 45 et 40 m au-dessous du niveau de la mer.