Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
E

économique (science) (suite)

Ainsi, un dégrèvement, une subvention, un droit de douane, une limitation des heures de travail ne sont pas incompatibles avec le mécanisme des prix si on laisse ceux-ci librement jouer suivant la loi de l’offre et de la demande dans la situation que l’on a créée. Par contre, les taxations autoritaires des prix, du taux de l’intérêt, du cours du change déséquilibrent le marché. Selon que les prix ont été fixés au-dessus ou au-dessous des prix d’équilibre, il y a mévente ou pénurie. Dans cette critique du fonctionnement des économies contemporaines, Maurice Allais, avec son planisme concurrentiel qui se veut au-delà du libéralisme et du marxisme, va encore plus loin. Pour assurer à l’organisation concurrentielle son maximum d’efficacité, il admet une planification des structures pouvant aller jusqu’à l’appropriation par l’État des rentes de rareté et des profits inflationnistes. J. E. Meade a développé des idées semblables.

Une formulation du néo-libéralisme a été proposée par J. Rueff. Pour cet auteur, le néo-libéralisme s’identifie au « marché institutionnel ». Pour vaincre la résistance des intérêts privés qui s’opposent à la fusion des marchés, il faut imposer, par voie d’autorité politique, un cadre institutionnel, comme celui qui institue le Marché commun et l’Euratom. « Le marché institutionnel se distingue du marché manchestérien en ce sens que, s’il est une zone de laisser-passer, il n’est pas une zone de laisser-faire. » C’est toujours le même souci d’assurer à la division du travail et à la concurrence leur maximum d’efficacité.

En Allemagne, la Soziale Marktwirtschaft, patronnée par Ludwig Erhard (né en 1897), Wilhelm Röpke (1899-1966) et Alexander Rüstow (1885-1963), est une variante du néo-libéralisme, mais ses critères restent flous.

G. R.

➙ Activité économique / Agriculture / Anthropologie économique / Banque / Besoin / Bien-être / Bourgeoisie / Budget / Capitalisme / Commerce international / Comptabilité nationale / Concentration / Concurrence / Consommation / Crédit / Crises et cycles économiques / Croissance économique / Échanges internationaux / Économétrie / Économique (politique) / Emploi / Industrialisation / Juridiques (sciences) / Monnaie / Planification / Socialisme.

 C. Rist, Histoire des doctrines relatives au crédit et à la monnaie depuis John Law jusqu’à nos jours (Sirey, 1938). / J. R. Hicks, The Social Framework (Oxford, 1942 ; 3e éd., 1960). / K. E. Boulding, Economic Analysis (New York, 1948 ; 4e éd., 1966 ; 2 vol.). / P. Samuelson, Economics (New York, 1948 ; nouv. éd., 1970 ; trad. fr. l’Économique, A. Colin, coll. « U », 1972-73, 2 vol.). / J. A. Schumpeter, History of Economic Analysis (Londres, 1954). / E. James, Histoire de la pensée économique au xxe siècle (P. U. F., 1955 ; 2 vol.). / J. Marchal, Cours d’économie politique, t. I (Libr. de Médicis, 1956). / M. Allais, Cours d’économie générale (Impr. Sennac, 1957). / A. Cotta (sous la dir. de), Dictionnaire de la science économique (Mame, 1968). / N. Georgescu-Roegen, la Science économique ; ses problèmes et ses difficultés (Dunod, 1970). / G. Mathieu, Vocabulaire de l’économie (Éd. universitaires, 1970). / A. Barrère, Histoire de la pensée économique et analyse contemporaine (Montchrestien, 1973). / Les Sciences de l’économie (Hachette, 1974). / R. L. Heilbronner, les Grands Économistes (Éd. du Seuil, 1977).

Écosse

En angl. Scotland, partie septentrionale de la Grande-Bretagne. Avec le pays de Galles et l’Angleterre, l’Écosse constitue l’une des trois composantes nationales de la Grande-Bretagne et, si l’on ajoute l’Irlande du Nord, l’une des quatre composantes du Royaume-Uni. Son originalité physique et humaine est marquée dans l’ensemble des îles Britanniques.


Géographie

Elle a d’abord les plus hautes latitudes de l’archipel : 55° N. près de la frontière anglaise, 56° (la latitude de Moscou) à Édimbourg ; les Shetland, traversées par le 60e parallèle, sont plus proches du cercle polaire que de Manchester. Les contrastes d’éclairement solaire sont donc très forts d’une saison à l’autre : très longs jours l’été, très longues nuits l’hiver.


Le milieu

L’Écosse présente aussi la plus vaste surface d’un seul tenant de roches métamorphiques (gneiss, quartzites, micaschistes) et de roches cristallines profondes (granite). Ces roches forment les racines de très anciennes chaînes de montagnes, construites au milieu de l’ère primaire ; le plissement qui leur donna naissance, qui affecta aussi le nord de l’Angleterre, le nord du pays de Galles, le nord de l’Irlande, a reçu l’appellation de Calédonien, du nom latin de l’Écosse, Caledonia. Ces roches, parmi les plus vieilles du globe et la plupart très dures, affleurent surtout dans les Highlands, auxquels elles donnent une grande rigidité ; elles ont répondu aux efforts tectoniques hercyniens et tertiaires par de nombreuses cassures, dont certaines sont accompagnées de volcanisme (îles de Skye et de Mull). Trois de ces cassures, la faille du Glen More, la faille bordière nord et la faille bordière sud des Lowlands, découpent l’Écosse en quatre blocs bien délimités : les Highlands du Nord-Ouest, au-delà du Glen More ; les Grampians et leur bordure littorale, entre le Glen More et la faille bordière nord des Lowlands ; les Lowlands elles-mêmes ; enfin les Uplands, au sud de la faille bordière sud.

En dépit des longues phases d’érosion qui, depuis le milieu du Primaire, ont raboté la chaîne calédonienne, l’Écosse constitue la principale masse de hautes terres des îles Britanniques, sans doute en raison de soulèvements épirogéniques répétés et, depuis la fusion des glaciers quaternaires, d’un soulèvement isostatique d’une cinquantaine de mètres. Les trois quarts de l’Écosse ont une altitude supérieure à 200 m, et le point culminant des îles Britanniques est le Ben Nevis (1 343 m). Les termes de Highlands (Hautes Terres) et de Uplands (Terres élevées) dénotent bien l’étendue des régions d’altitude relativement haute. Les Lowlands elles-mêmes (Basses Terres), loin de former une plaine continue, contiennent de petits blocs assez élevés.