Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Algérie (suite)

• viiie s. : le pays n’est que théoriquement soumis aux Omeyyades ; il se morcelle en émirats plus ou moins indépendants. Les Berbères recourent à la protestation religieuse : beaucoup adhèrent au khāridjisme, mouvement hérétique nomade, puritain et égalisateur, dont le centre principal est d’abord Tlemcen (où domine Abū Qurrā, de la secte khāridjite ṣufrite). Des principautés khāridjites se constituent dans le Maghreb central : la plus célèbre est le royaume des Rustémides de Tāhert (Tiaret) [de la secte khāridjite ībaḍite], qui, pour mieux résister à ses voisins arabes, les Arhlabides*, reconnaît la suzeraineté de l’émir de Cordoue.


Les Fāṭimides

• 909 : les Fāṭimides* s’installent dans le Maghreb, non sans rencontrer une vive résistance de la part des Berbères Kutāma (région de Constantine), sur lesquels ils s’étaient d’abord appuyés.

• 944-947 : dans l’Aurès, formidable révolte du khāridjite Abū Yazīd, qui s’empare de Kairouan. Mais les Fāṭimides réussissent à mater la rébellion.

• 973 : installés en Égypte, les Fāṭimides abandonnent le gouvernement du Maghreb à des vassaux, les Zirides.

• xie s. : les Zīrides se rendent indépendants des Fāṭimides, mais ils doivent accepter l’indépendance des Ḥammādides, fortement installés en Algérie centrale et orientale. Zīrides et Ḥammādides reconnaissent l’autorité du calife ‘abbāsside.

Pour les punir, les Fāṭimides lancent contre le pays des tribus arabes guerrières et pillardes, les Bédouins Hilāliens, qui repoussent progressivement les Berbères dans les montagnes. L’agriculture régresse au profit du nomadisme ; l’arabisation triomphe, et la vie urbaine se réfugie sur le littoral. Mais la décadence économique et politique du pays et une piraterie endémique seront les fruits amers de ces invasions.


Almoravides et Almohades

• V. 1080 : tandis que végètent les principautés ḥammādides, le pays est envahi par des Berbères sahariens, les Almoravides*, qui, déjà maîtres du Maroc, s’emparent de l’Algérie occidentale avant de partir pour l’Espagne, où ils remplaceront le califat de Cordoue.

• 1145-1159 : d’autres Berbères, les Almohades*, battent les Almoravides et le dernier prince ḥammādide. Ils se rendent maîtres de tout le Maghreb ; mais c’est surtout l’Espagne qui les intéresse.

• La branche des Almoravides des Baléares réagit ; ceux-ci prennent Alger et Bougie, et assiègent Constantine. Mais ils ne peuvent s’imposer à l’est, où les Almohades les battent et constituent une vice-royauté, noyau initial de la dynastie ḥafṣide, dont dépendra l’Est algérien.

• 1235 : l’émir de Tlemcen fonde dans le Maghreb central le royaume des ‘Abdalwādides*, qui lutte d’abord contre les Almohades, puis s’allie avec eux contre leurs vainqueurs, les Marīnides marocains, qui, en 1377, s’emparent momentanément du Maghreb central. Le royaume des ‘Abdalwādides subsiste trois siècles (1235-1550), mais, au milieu de l’anarchie générale qu’aggravent les incursions espagnoles, il subit tantôt la suzeraineté des Marīnides* du Maroc, tantôt celle des Ḥafṣides* de Tunis.


L’Algérie turque


Sous le protectorat ottoman

• 1516 : deux corsaires turcs, ‘Arūdj et Khayr al-Dīn (les frères Barberousse), répondent à l’appel des Algériens, qui allaient être submergés par les Espagnols, installés à Mers el-Kébir, Oran et Bougie.

• 1518 : maître d’Alger et de Tlemcen, Khayr al-Dīn se place sous le protectorat du sultan ottoman.

• 1533 : l’Algérie est rattachée à l’Empire turc ; le Sultan y est représenté par un beylerbey, qui commande la milice turque, l’odjaq.

• 1587 : réduit au rang de régence, le pays est administré par un pacha, nommé pour trois ans. Ainsi protégé, le nouvel État se livre à la piraterie en Méditerranée, ce qui lui procure d’importantes ressources en butin et en esclaves, malgré les tentatives et les pressions des Espagnols, puis des Anglais et des Français.


Le temps des deys

• xviie s. : les pachas perdent toute autorité au profit d’abord de l’arha de la milice, puis (1671) du dey, investi par le Sultan, mais, en fait, pleinement autonome : le dey est l’homme de l’aristocratie des corsaires et des militaires ; aussi est-il souvent écarté par la force, l’émeute ou l’assassinat.

• Le dey gouverne avec l’aide d’un conseil (diwān) où siègent le khāzinedār (trésorier général), l’arha du camp (chef de l’armée), le wakīl al-khardj (ministre de la Marine), le bayt al-māldji (curateur aux successions vacantes), le khodjat al-khawl (receveur des tributs). L’administration locale est dirigée par des caïds dans la zone d’Alger, divisée en sept régions, et par des beys dans le reste du territoire, constitué en trois provinces. Nommés et révoqués par le dey, les beys sont des percepteurs doublés de fermiers généraux. Ils sont tenus de verser chaque année des sommes dont le montant est fixé par le gouvernement central.

• Les préoccupations financières du gouvernement sont d’autant plus pressantes que, depuis le déclin de la course au xviiie s., la Régence est privée de l’essentiel de ses ressources. Le dey institue alors un système fiscal qui prête à la « Taïfa des ra’is », corporation des capitaines corsaires, qui, jusqu’au milieu du xviiie s., détient la réalité du pouvoir.

• L’influence considérable des Juifs livournais, maîtres du commerce extérieur au début du xixe s., contribue aussi à l’impopularité du régime turc : ici ou là, des confréries fomentent la révolte.

Algonquins ou Algonkins

Ensemble de tribus indiennes de l’Amérique du Nord, autrefois réparties sur un vaste territoire, de l’Atlantique aux Rocheuses.


Quelques siècles avant l’arrivée des Blancs en Amérique, les grandes forêts du Nord, à l’exception des rivages canadiens, ont été le domaine de tribus très diverses qui parlaient des dialectes voisins, dont l’ensemble a constitué la langue algonquine.