Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
D

digue et jetée (suite)

Dans certains cas, d’autres dispositions doivent être adoptées. En Hollande, par exemple, on ne dispose guère que de sable de mer, en raison de la pénurie de carrières de matériaux. On constitue alors une digue de sable armée au moyen de fascines, disposées en couches horizontales et fixées par des pieux verticaux qui traversent les différentes couches ; le matériau de remplissage est constitué uniquement par du sable, recouvert extérieurement par des dalles jointives ; ce sable est parfois légèrement agglutiné par un liant bitumineux. Les fascines et les pieux de bois peuvent demeurer intacts durant des siècles s’ils sont totalement immergés.


Digue verticale

Elle est constituée par une muraille épaisse, verticale, qui oppose une barrière étanche à la houle. Cette muraille peut être en maçonnerie de moellons, mais le plus souvent en béton compact à très fort dosage en ciment résistant aux attaques de l’eau de mer : ciments pouzzolaniques ou pouzzolano-métallurgiques, ciment de laitier ou ciment Portland dit « prise mer ». Elle peut également être édifiée en blocs artificiels, de grande dimension, ou au moyen de caissons descendus par havage ; on utilise aussi des caissons que l’on échoue sur l’assise de fondation et que l’on remplit de blocs et de béton coulé sous l’eau.

Si le fond est rocheux, la digue peut y reposer directement avec un encastrement suffisant ; mais, plus généralement, la muraille repose sur un lit de fondation en matériaux pierreux et en enrochement formant un matelas répartissant les pressions sur une base large.

Sur une digue verticale, la houle subit une réflexion totale qui double l’amplitude de la houle incidente. Il n’y a pas dissipation d’énergie comme dans la digue à talus, mais apparition simplement d’une légère agitation caractéristique (clapotis). Si le sol de fondation est affouillable (sable fin) et si, en même temps, il n’est pas dans une zone de repos, c’est-à-dire suffisamment profonde, le ressac agit à la base et l’ouvrage peut, à la longue, basculer ou s’effondrer.

Une digue verticale doit être édifiée à une hauteur supérieure à celle qui serait assignée à une digue à talus et doit, en outre, être fondée à un niveau suffisamment profond pour éviter les effets du clapotis et du ressac.


Digue mixte

Dans ce type, le massif inférieur a plus d’importance qu’un simple massif d’ancrage et de répartition.

J. A.

 G. de Joly, C. Laroche, P. H. Watier et A. G. de Rouville, Travaux maritimes (Dunod, 1939 ; nouv. éd., 1952). / M. Blosset, Théorie et pratique des travaux à la mer (Eyrolles, 1951). / Société académique Hütte, Des Ingenieurs Taschenbuch (Berlin, 1951-1955 ; 6 vol. ; trad. fr. Manuel de l’ingénieur, Béranger, 1960-1962 ; 2 vol.). / R. B. Thorn, The Design of Sea Defense Works (Londres, 1960). / M. Duriez et J. Arrambide, Nouveau Traité de matériaux de construction (Dunod, 1961-62 ; 3 vol.). / J. Larras, Cours d’hydraulique maritime et des travaux maritimes (Dunod, 1961). / A. D. Quinn, Design and Construction of Ports and Marine Structures (New York, 1961). / J. J. Dronkers, Tidal Computations in Rivers and Coastal Waters (New York, 1964). / J. S. Murphy, Docks and Harbours (Londres, 1966). / R. B. Thorn (sous la dir. de), River Engineering and Water Conservations Works (Londres, 1966).

Dijon

Capit. de la Région Bourgogne et ch.-l. du départ. de la Côte-d’Or ; 156 287 hab. (Dijonnais) [plus de 210 000 pour l’agglomération].


Dijon est en passe de devenir une très grande ville. Son développement est rapide depuis une génération ; la ville entraîne dans sa croissance une couronne de petits centres qui dépendent de plus en plus étroitement d’elle et dessine une région d’une trentaine de kilomètres de rayon où se concentre l’essentiel des activités de pointe de la Bourgogne contemporaine.


Site et situation

Dijon est une ville de la Côte, mais en un point où le talus perd de sa vigueur et de sa raideur : au sud de l’Ouche, la Côte d’Or est élevée et rigide, alors qu’au nord, au niveau de Talant, le relief s’amollit. Pas de point de vue donc d’où l’on domine de près la ville, pas de rivière non plus qui l’aère et offre à son centre le miroir d’un plan d’eau.

Dijon ne se saisit jamais d’un coup d’œil. Son centre ne manque pas d’unité : des maisons menues qui lui créent une atmosphère de petite ville, des toits polychromes de tuiles vernissées parfois, les églises et le palais ducal qui la dominent. Ce vieux noyau est entouré d’une ceinture de boulevards et de quartiers de la fin du siècle dernier : il en a la belle ordonnance et l’aspect un peu froid.

La voie ferrée vient longer la vieille ville au sud-ouest. Elle a longtemps gêné le développement des constructions dans cette direction, sur la rive droite de l’Ouche, de même que la gare de triage de Gevrey-Chambertin et l’aérodrome de Longvic ferment aujourd’hui le sud-est. La croissance contemporaine a profité des lacunes laissées antérieurement : les grands quartiers d’immeubles ont multiplié la population de Chenôve, au sud-ouest, et celle du quartier du lac (lac artificiel de 43 ha créé en 1962 - 1964), au débouché de l’Ouche dans la plaine. Elle se fait aussi en direction de l’est et du nord-est, où se sont installés des quartiers denses, le domaine universitaire, le centre hospitalier régional et, au-delà, vers Quetigny, des lotissements de maisons individuelles.

La fortune de Dijon ne s’est décidée qu’assez tard. La situation est bonne, mais d’autres sites présentent à peu près les mêmes avantages le long de la Côte : celui d’une croisée entre la voie qui quitte la Saône à Chalon et conduit vers Langres, les pays de l’est du Bassin parisien, la Lorraine et les routes qui viennent de la Seine et de ses affluents, et courent vers le sud-est, en direction du Jura, de la Suisse et, au-delà, de l’Italie. La vallée de l’Ouche échancre la Côte plus profondément qu’aucune autre, mais cela importait peu avant que la raideur des pentes ne devienne un facteur limitant pour les moyens de communication modernes.

P. C.