Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
D

diamagnétisme

Propriété des substances qui s’aimantent en sens inverse du champ dans lequel elles se trouvent placées.


Un corps quelconque placé dans un champ magnétique devient un aimant, caractérisé par une certaine aimantation , égale au moment magnétique par unité de volume. On classe les corps en diamagnétiques, paramagnétiques, ferromagnétiques, etc., suivant la nature de la variation de l’aimantation en fonction du champ magnétique et de la température. Dans le cas le plus général, celui du diamagnétisme, est proportionnel à , mais dirigé en sens inverse :

Le coefficient κ, appelé susceptibilité magnétique, est donc négatif. La susceptibilité par unité de masse χ = κd, où d est la densité, est indépendante de la température et, sensiblement, de l’état physique. Le diamagnétisme apparaît ainsi comme une propriété atomique. L’aimantation J reste toujours faible et n’atteint pas, dans les champs les plus intenses que nous sachions produire, le millième de celle du fer : en effet χ est de l’ordre de 10–6.

Pratiquement, le diamagnétisme n’a pas d’applications, mais du point de vue théorique il apporte des renseignements sur l’enveloppe électronique des atomes et sur ses dimensions : il est dû en effet aux modifications que le champ magnétique apporte au mouvement des électrons autour du noyau.

Un électron de charge électrique – e et de vitesse est soumis à la force Un théorème, dû à sir Joseph Larmor, précise qu’en première approximation l’action d’un champ magnétique ne modifie pas les mouvements des électrons qui circulent autour d’un noyau atomique, à condition de les rapporter à des axes de référence tournant autour d’un axe parallèle au champ et passant par le noyau, avec la vitesse angulaire de précession

m est la masse de l’électron. L’enveloppe électronique est ainsi animée d’un mouvement supplémentaire de rotation autour du champ ; un électron à la distance r′ de l’axe équivaut ainsi à un courant circulaire d’intensité Ωe/2π et de moment magnétique – Ωer2/2, dirigé en sens inverse du champ appliqué. À un ensemble de N atomes orientés au hasard correspond un moment magnétique

Le signe Σ est étendu à tous les électrons entourant le noyau, représentant la valeur moyenne du carré de la distance au noyau de l’électron i.

Dans la mesure où la mise en combinaison n’altère pas l’enveloppe électronique des atomes ou des ions, la susceptibilité d’une molécule est égale à la somme des susceptibilités des atomes constituants.

Telle est l’origine de lois d’additivité utiles aux chimistes.

Il arrive que l’enveloppe électronique possède déjà, en l’absence de champ magnétique, un moment magnétique permanent.

Ce moment magnétique subit aussi un mouvement de précession autour du champ magnétique et masque le moment induit diamagnétique, toujours beaucoup plus faible : c’est ce qui se produit par exemple dans les corps paramagnétiques.

L. N.

diaphragme

Muscle en partie charnu, en partie tendineux qui sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale.



Anatomie

Fortement bombé en haut, le diaphragme offre dans son ensemble la forme d’une voûte, d’une coupole, que coiffe et masque le thorax. Sa base répond à la circonférence inférieure du thorax ; sa convexité, qui remonte plus ou moins haut dans l’intérieur de la cage thoracique, répond aux viscères thoraciques ; sa concavité, aux viscères abdominaux.

La voûte diaphragmatique est plus large transversalement que d’avant en arrière. D’autre part, elle descend plus bas en arrière qu’en avant.

La coupole remonte un peu plus haut à droite qu’à gauche, répondant à la 5e côte à droite, à la 6e à gauche au moment de l’inspiration.


Constitution

Le muscle du diaphragme, plat et rayonné, présente en son centre une lame aponévrotique en forme de trèfle à base postérieure, le centre phrénique, qui est percée dans sa partie droite d’un orifice inextensible (fibreux) où passe la veine cave inférieure. Du pourtour de ce trèfle (v. figure) s’échappent des faisceaux charnus qui vont, comme autant de rayons divergents, s’insérer sur la paroi thoracique.

Les faisceaux antérieurs, sternaux, vont à la base de l’appendice xiphoïde.

Les faisceaux latéraux, costaux, vont à la face interne et au bord supérieur des côtes.

Les faisceaux charnus postérieurs vont presque verticalement aux arcades du muscle carré des lombes, du muscle psoas à la face antérieure de la colonne lombaire. Ces derniers faisceaux d’insertion constituent les piliers du diaphragme. Ils limitent un orifice musculaire qui apparaît comme une fente verticale : c’est l’hiatus œsophagien.

En arrière de l’orifice œsophagien et un peu sur sa droite, les piliers limitent avec le rachis un orifice où passe l’aorte.

Par ailleurs, le diaphragme est traversé par des nerfs (splanchnique, sympathique), des veines (lombaires, azygos) et par le canal thoracique.


Vaisseaux et nerfs

Les artères diaphragmatiques inférieures droites et gauches viennent du tronc cœliaque ou de l’aorte abdominale. Les artères diaphragmatiques supérieures viennent des artères mammaires internes. Il existe de nombreuses anastomoses.

Les veines reproduisent la disposition artérielle.

Les lymphatiques mêlent les réseaux sous- et sus-diaphragmatiques, expliquant qu’une infection d’une des faces de la coupole puisse se propager aisément à l’autre face.

Les nerfs sont essentiellement les deux nerfs phréniques, nerfs moteurs du diaphragme.


Physiologie


Diaphragme et ventilation pulmonaire

Le diaphragme se contracte durant l’inspiration. Il y a une relaxation presque complète pendant la plus grande partie de l’expiration. Le diaphragme apparaît comme le muscle inspirateur principal : il assure environ les deux tiers de la capacité inspiratoire. Cette donnée est fondamentale pour la compréhension des paralysies respiratoires et des problèmes d’assistance ventilatoire.