Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
D

dévaluation (suite)

Les formes d’une dévaluation

Les formes d’une dévaluation peuvent être nombreuses. Elles peuvent consister à laisser fluctuer les taux de change, comme le recommande depuis longtemps Milton Friedman*. Cette mesure, qui semble la plus satisfaisante, risque cependant de mettre en péril des économies faibles. La forme la plus classique consiste à établir une nouvelle parité avec un étalon (or ou monnaie de réserve). D’autres formes peuvent être choisies : subvention à l’exportation et surtaxation des importations, mais ces mesures annoncent souvent une dévaluation.


Les conséquences de la dévaluation

La conséquence principale de la dévaluation est qu’elle risque d’entraîner une augmentation des prix à l’intérieur : d’abord à cause de l’insuffisance d’élasticité de l’offre nationale ; ensuite parce que les pays modernes sont importateurs de matières premières qu’ils incorporent à leur production et qui voient leurs prix augmenter du fait de la dévaluation. Un autre effet est psychologique : la dévaluation est souvent assimilée à une amputation du pouvoir d’achat à l’intérieur. Elle risque d’entraîner à l’égard du gouvernement qui la pratique un fort mécontentement. Enfin, si les mesures d’accompagnement sont trop fortes ou si la demande extérieure est languissante, elle risque de précipiter le pays dans une récession.

A. B.

➙ Inflation / Monnaie / Prix.

développement et différenciation

Ensemble des transformations importantes qui conduisent de l’œuf fécondé, première cellule diploïde représentant la nouvelle génération, à l’organisme animal ou végétal adulte.


Qu’il s’accompagne ou non de croissance, le développement correspond à l’acquisition pour la cellule ou l’organisme de qualités nouvelles, différentes d’une partie à une autre (différenciation). Pendant la première partie de la vie, chez l’embryon, se mettent en place les tissus différenciés aux fonctions spécifiques, se construisent les organes, s’édifie l’architecture anatomique et fonctionnelle de l’être vivant, selon un schéma d’organisation propre à chaque espèce. Mais c’est de la même cellule initiale, l’œuf, que dérivent aussi bien les cellules nerveuses ou les cellules glandulaires que les cellules de l’épithélium cutané. L’œuf doit donc être totipotent et renfermer dans son génome l’information nécessaire et suffisante pour déclencher, orienter et régler, au moment convenable, les diverses étapes de la différenciation d’un organisme donné, si complexes qu’elles puissent être.


Le développement embryonnaire

Il s’agit de cette partie du développement, bien étudiée notamment chez les animaux métazoaires, qui va de l’œuf jusqu’à un organisme à l’état juvénile, voire larvaire, mais capable, cependant, de mener une vie autonome. Cet organisme n’est alors plus tributaire des réserves alimentaires accumulées dans le vitellus de l’œuf ou dans l’albumen de la graine, ou des matériaux fournis par l’organisme maternel chez les espèces vivipares. Toutefois, cette indépendance vis-à-vis des parents n’est pas une règle absolue : chez les Vertébrés les plus évolués, les Mammifères par exemple, l’autonomie totale n’est acquise que longtemps après la naissance.


Les étapes du développement embryonnaire animal

C’est le mérite, déjà ancien, de l’embryologie descriptive que d’avoir, avec beaucoup de précision, établi la chronologie du développement embryonnaire. Bien qu’il puisse sembler conventionnel, le découpage en un certain nombre de phases des événements continus qui suivent la fécondation de l’ovule par le gamète mâle — segmentation, gastrulation, organogenèse — confirme l’unité remarquable de l’embryogenèse des Métazoaires et constitue l’une des preuves les plus convaincantes de l’évolution.


La segmentation de l’œuf

Elle est la conséquence de l’amphimixie. Aussitôt après celle-ci commence la première des nombreuses divisions de la segmentation, qui aboutissent à la constitution de la blastula, embryon creusé d’une cavité centrale. Malgré le nombre maintenant important des cellules qui la composent, la blastula conserve la taille de la cellule initiale. À ce stade, en effet, l’embryon ne grandit pas. Il est classique de décrire la segmentation de l’œuf des Amphibiens, dont les dimensions (de 1 à 5 mm) permettent les observations et l’expérimentation avec une relative facilité. L’œuf, au vitellus abondant et inégalement réparti (la masse essentielle étant située du côté du pôle végétatif), est dit hétérolécithe. La charge en vitellus freine la segmentation de ce côté : bien que totale, elle devient rapidement inégale (fig. 1). Le premier plan de segmentation est méridien et donne naissance à deux blastomères ; le second, également méridien, est perpendiculaire au premier. Dès le stade à huit blastomères atteint, la segmentation devient inégale. Peu à peu se constitue la morula, dont l’aspect rappelle celui d’une petite mûre. La morula se creuse d’une cavité interne, le blastocèle, excentrée vers le pôle supérieur, ou animal, et qui a son développement maximal dans la blastula. L’ensemble de ces phénomènes dure vingt-quatre heures à 18 °C.

La structure et la composition de l’œuf, son abondance de vitellus varient notablement d’une espèce à l’autre. On est amené à distinguer, très schématiquement : les œufs alécithes, pratiquement dépourvus de vitellus ; les œufs oligolécithes, très pauvres en vitellus ; les œufs hétérolécithes ; les œufs télolécithes, dont la richesse en vitellus est telle qu’elle peut empêcher la segmentation de se produire dans certains secteurs. Or, dans l’ensemble des Métazoaires, l’allure de la segmentation dépend plus de la structure de l’œuf que du groupe auquel on s’adresse : les œufs télolécithes des Mollusques Céphalopodes, par exemple, de nombreux Poissons et des Sauropsidés présentent une segmentation très partielle, qui n’intéresse qu’un disque réduit de cytoplasme au voisinage du pôle supérieur de l’œuf, la partie inférieure ne se segmentant pas (segmentation discoïdale). Notons, pour être complet, l’existence des œufs centrolécithes des Insectes, dont le vitellus, abondant, est localisé au centre et qui se segmentent d’une manière qui leur est propre.