Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
D

désherbage (suite)

Méthodologie du désherbage

L’agriculteur dispose d’une vaste gamme de moyens. Les éléments de choix seront dictés par le système de culture, et les techniques de désherbage seront en rapport avec le mode de peuplement de la parcelle et la sensibilité de la plante cultivée.

Traditionnellement, on classe les cultures en nettoyantes, salissantes, étouffantes ; les nettoyantes sont celles où une technique efficace de désherbage existe (les herbicides ont élargi cette définition).

L’agriculteur pourra suivant les cas introduire une culture plus facile à désherber dans la succession, selon la nature des adventices qu’il peut craindre.

Une question importante se pose aussi : peut-on réduire ou abandonner les travaux profonds et donc coûteux (labour) quand on dispose de méthodes efficaces de désherbage ? C’est effectivement possible si la fertilité du sol n’est pas trop affectée (risques de tassement, de diminution d’aération...).


Conséquences générales des méthodes de désherbage

1. Évolution des flores spontanées. Détruire certaines plantes peut orienter différemment l’évolution d’une flore spontanée (utilisation en forêt ou en pâturages extensifs). Le coût de méthodes chimiques peut en effet être faible.

2. Risques de pollution. Pour les produits commercialisés, la toxicité des résidus est souvent très faible, plus que pour les insecticides ou fongicides.

Les autres risques, plus importants, sont l’accumulation progressive dans des sols (possibilité de stérilisation partielle ou totale) et dans des nappes d’eau, où les possibilités de destruction sont plus restreintes.

Aussi doivent être prévues des règles strictes d’utilisation ; mais l’utilisateur et le consommateur sont trop souvent dépourvus d’esprit critique à ce propos, ce qui rend difficile une législation efficace.

A. F.

De Sica (Vittorio)

Metteur en scène et acteur de cinéma italien (Sora 1901 - Paris 1974), naturalisé français en 1967.


Après avoir passé toute son enfance à Naples, Vittorio De Sica se sent très vite attiré par le théâtre. De 1923 à 1935, il fait partie de plusieurs troupes théâtrales, dont celle de Tatiana Pavlova et celle d’Italia Almirante Manzini, l’une des célèbres divas de l’époque ; il remporte des succès flatteurs en interprétant des rôles de « jeune premier ». En 1935, il fonde sa propre compagnie avec Umberto Melnati et Giuditta Rissone, qui deviendra sa femme en 1937. Sa carrière théâtrale se poursuivra jusqu’en 1950, date à laquelle il décide de se consacrer au cinéma. Ses premières apparitions à l’écran datent du début du cinéma parlant. En quelques années, il devient l’une des vedettes les plus adulées de la comédie cinématographique italienne grâce aux rôles que Mario Camerini lui fait jouer dans ses principaux films : les Hommes, quels mufles ! (Gli Uomini che mascalzoni !, 1932), Ma non è una cosa seria (1936), Il Signor Max (1937), Grands Magasins (Grandi Magazzini, 1939). En 1939, il réalise en collaboration avec G. Amato son premier long métrage : Roses écarlates (Rose scarlatte), que suivront Madeleine, zéro de conduite (Maddalena, zero in condotta, 1940), Teresa Venerdì (1941), Un garibaldien au couvent (Un garihaldino al convento, 1942). Dès 1943, cependant, il se détache de l’influence de Camerini et s’oriente, avec l’appui du scénariste Cesare Zavattini, vers des sujets plus personnels : Les enfants nous regardent (I bambini ci guardano, 1943), la Porte du ciel (La Porta del cielo, 1944). Déjà, De Sica s’écarte des sentiers battus, refuse tout aussi bien de suivre la mode des films « à téléphone blanc » (drames ou comédies bourgeoises en rupture totale avec la réalité politique et sociale de ces dures années de guerre) que celle des élégantes adaptations littéraires prônées par les « calligraphes ».

Le néo-réalisme, qui est né avec Ossessione (1942) de Visconti et Rome ville ouverte (1945) de Rossellini, va trouver en De Sica son plus ardent propagandiste. Le cinéma descend dans la rue, se mêle au petit peuple, qui ressent avec le plus de dureté le contrecoup de la période fasciste. La caméra devient le constat brutal d’une réalité poignante. Après Sciuscià (1946), De Sica s’impose à l’attention du monde entier par une œuvre, le Voleur de bicyclette (Ladri di biciclette, 1948), qui, dix ans après son tournage, était encore considérée (au référendum de Bruxelles) comme l’un des douze meilleurs films du monde. Le film, interprété par des acteurs non professionnels, parut en son temps l’archétype du néo-réalisme. Sur sa lancée, De Sica tourne successivement Miracle à Milan (Miracolo a Milano, 1950) et Umberto D (1952). La collaboration de De Sica et de Zavattini se poursuit dans quelques films mineurs comme Station terminus (Stazione termini, 1953) et le film à sketches l’Or de Naples (L’Oro di Napoli, 1954). Mais, dès 1955, on assiste dans toute la production italienne au reflux du néo-réalisme. Avec le Toit (Il Tetto, 1956), De Sica rend un dernier hommage au mouvement qu’il a contribué à rendre célèbre. Les films qu’il va entreprendre désormais seront plus sensibles aux modes du moment. La générosité du cinéaste ne triomphera pas toujours des compromissions commerciales, et certaines de ses comédies n’échapperont pas toujours à la facilité. Après une période d’incertitudes où l’acteur prend le pas sur le réalisateur (1955-1960), De Sica retrouve une production régulière à partir de La Ciociara (1960) : le Jugement universel (Il Giudizio universale, 1961) ; un des épisodes de Boccace 70 (Boccaccio’70, 1961) ; les Séquestrés d’Altona (I Sequestrati di Altona, 1962) ; Il Boom (1963) ; deux grands succès commerciaux : Hier, aujourd’hui et demain (Ieri, oggi, domani, 1963) et Mariage à l’italienne (Matrimonio all’italiana, 1964) ; Un monde nouveau (Un mondo nuovo, 1965) ; un épisode des Sorcières (Le Streghe, 1966) ; Le renard s’évade à 3 h (1967) ; Sept Fois femme (Woman Times Seven, 1967) ; le Temps des amants (Gli Amanti, 1968) ; les Fleurs du soleil (I Girasoli, 1969) ; le Jardin des Finzi-Contini (Il Giardino dei Finzi-Contini, 1970) ; Una breve vacanza (1973) ; le Voyage (Il Viaggio, 1974). Parmi les interprétations de De Sica comme acteur, il faut citer La nuit porte conseil (1948) de M. Pagliero, Madame de... (1953) de Max Ophuls et le Général Della Rovere (1959) de R. Rossellini.