Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
D

dermatoses (suite)

Dermatoses avitaminosiques

Certains états kératosiques : ichtyose, kératose pilaire, pityriasis rubra pilaire, maladie de Darier sont améliorés par la vitamine A.

L’avitaminose B 2 (ariboflavinose) détermine au visage : érythème, face enluminée avec concrétions épaisses (peau de requin), chéilite avec perlèche, glossite. Ces manifestations peuvent survenir également par avitaminose B 6. L’avitaminose PP conditionne la pellagre (affection déclenchée par le soleil chez les sujets carences [mal del sol]). Elle se manifeste par un érythème rouge vif, pseudo-érysipélateux des régions insolées, lequel s’efface en quinze à vingt jours en provoquant desquamation et pigmentation. Aux symptômes cutanés s’associent des troubles gastriques et nerveux. Il existe des érythèmes pellagroïdes ne comportant que des troubles cutanés.


Dermatoses dysmétaboliques (dues à l’anomalie d’un métabolisme)

Xanthomes et xanthomatoses sont dus à un dépôt de cholestérol. Le plus fréquent est le xanthélasma, siégeant avec prédilection aux paupières supérieures. De disposition symétrique, il consiste en plaques jaunes ou chamois, lisses et un peu saillantes. De durée indéfinie, ces dermatoses récidivent quel que soit le mode de destruction pratiqué.


Xanthomatose héréditaire essentielle

Familiale, transmise en dominance incomplète, elle s’extériorise entre trois et six ans par des xanthomes tubéreux. Ceux-ci, de taille variée, forment des masses saillantes jaune-orangé molles, puis fermes en vieillissant. Ils se groupent aux points de pression (genoux, coudes, tendon d’Achille). L’hypercholestérolémie peut atteindre 8 g et le taux des lipides totaux 20 g. Un gérontoxon et des signes d’athérome précoces sont associés. Le pronostic est sévère, de par la survenue de crises angineuses ou d’infarctus.


Xanthomatose secondaire

Des xanthomes peuvent apparaître au cours de diabète, de pancréatites chroniques et dans l’hyperlipémie essentielle.


Xanthomisation secondaire

Des tissus inflammatoires tumoraux, cicatriciels, peuvent se xanthomiser en s’infiltrant de cholestérine.


Xanthochromie palmo-plantaire (carotinémie)

De par une alimentation trop riche en carottes, en épinards, en oranges, en citrons, les paumes des mains et les plantes des pieds prennent une coloration jaune-orangé. Celle-ci est la conséquence de l’hypercarotinémie par excès de provitamine A.


Dyslipoïdose cutanée

La nécrobiose lipoïdique (Oppenheim-Urbach), plus fréquente chez la femme, siège à la région prétibiale. Elle se traduit cliniquement par des placards polymorphes de coloration jaune soufre et de surface brillante d’aspect collodioné. Divers types sont observables : atrophiques, syphiloïdes, sclérodermiformes. Annulaire sept fois sur dix, l’affection atteint des diabétiques avérés ou latents.


Dysprotéinoses

La peau est épargnée au cours de l’amyloïdose généralisée secondaire, mais des dépôts amyloïdiens isolés sont observables dans l’amyloïdose cutanée primitive, dont il existe deux types. Le premier, bénin, est l’amyloïdose isolée papulo-nodulaire, comportant des papules rondes, bombées, fermes, brun foncé ou cireuses. Le second est de pronostic très grave. C’est l’amyloïdose systématisée primitive (syndrome de Lubarsch), qui associe des lésions cutanées papuleuses à des lésions muqueuses (macroglossie) et à des troubles viscéraux, particulièrement cardiaques. L’association avec un myélome plasmocytaire diffus (maladie de Kahler) est possible.


Goutte*

Les tophi, manifestation cutanée de cette diathèse, sont dus à des dépôts d’acide urique, transparents aux rayons X. Tantôt extra-articulaires, ils siègent aux oreilles, aux paupières, au coude, à la rotule, au tendon d’Achille. Tantôt articulaires, ils s’observent aux orteils et aux doigts.


Calcinose cutanée

Atteignant les adultes jeunes, elle détermine de petits nodules (tête d’épingle) qui grossissent lentement (noisette). Rouges, durs, siégeant dans l’hypoderme, ils sont opaques aux rayons X. Leur pronostic est bénin.


Dermatoses de cause inconnue


Pityriasis rosé de Gibert

Bénin, non contagieux, il comporte des taches rosées non squameuses et des médaillons de bords saillants, squameux et de centre chamois, d’aspect froissé. L’éruption siège sur le tronc, le cou, les membres et respecte la face. Elle a été précédée cinq à quinze jours antérieurement d’un grand médaillon (plaque première de Brocq). La guérison s’opère spontanément si elle n’est pas contrariée par un traitement local inutile.


Pityriasis rubra pilaire

Dermatose rare, faite de papules cornées folliculaires donnant au toucher une sensation de rape. Elle siège symétriquement aux coudes, aux genoux, ainsi qu’au dos des premières phalanges. Sauf certaines formes aiguës, le début est insidieux. La durée se chiffre par années.


Pityriasis rubra de Hebra-Jadassohn

Cette affection rare et grave, faite d’une rougeur généralisée et squameuse (érythrodermie) avec tendance à l’atrophie du tégument, mène à la mort dans les deux ans (cachexie, tuberculose).


Acrodermatite continue d’Hallopeau

De cause inconnue, rapprochée par certains du psoriasis pustuleux, elle est faite de vésicules, pustules ou phlyctènes survenant aux extrémités digitales. Rebelle à toute thérapeutique, elle entraîne à la longue un état atrophique des doigts.


Lichen plan

Sans rapport avec les lichens végétaux, c’est une dermatose faite de papules plates, rosées, polygonales, brillantes, tantôt isolées, tantôt groupées en stries, anneaux, ou confluentes en nappes. Elles pigmentent en s’effaçant. Elles se disposent avant tout sur les poignets, les avant-bras, les jambes, les cuisses, le bas de l’abdomen, les hanches et le cou. Au cuir chevelu, elles déterminent une alopécie cicatricielle. Prurigineux dans quatre cinquièmes des cas, le lichen cutané revêt de nombreux aspects atypiques. Il évolue par poussées de durée et de fréquence variables, souvent en rapport avec l’état névropathique du malade. Du lichen muqueux peut exister seul ou coexister avec du lichen cutané. Il offre sur la langue un aspect en « pain à cacheter » et sur la face interne des joues une disposition en « feuille de fougère ». Le pronostic du lichen cutané est bénin. Mis à part le lichen érosif, le lichen muqueux ne dégénère pas en cancer.