Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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décorateurs de cinéma (suite)

L’expressionnisme a en outre donné naissance à une très riche école de décorateurs : Hans Poelzig (1869-1936), Rochus Gliese (né en 1891), Hermann Warm (né en 1889), Walter Röhrig (1887-1945), Walter Reimann, Kurt Richter, Ernö Metzner (né en 1892), Robert Herlth (1893-1962), Erich Kettelhut (né en 1893), Otto Hunte (1883-1960), Karl Vollbrecht (né en 1886), Albin Grau, Oscar Werndorff.


Les grands décorateurs de cinéma de 1925 à nos jours

Dans un texte de 1918, Louis Aragon écrivait : « Doter d’une valeur poétique ce qui n’en possédait pas encore, restreindre à volonté le champ objectif pour intensifier l’expression, voilà deux propriétés qui contribuent à faire du décor cinématographique le cadre adéquat de la beauté moderne. » Les décorateurs prennent petit à petit une place de plus en plus importante dans l’équipe technique des films, et très souvent les réalisateurs travaillent en collaboration étroite avec eux. En France, Marcel L’Herbier, dans l’Inhumaine (1924), fait appel à Alberto Cavalcanti, Claude Autant-Lara, à l’architecte Robert Mallet-Stevens et au peintre Fernand Léger. Les premiers à imposer leur style sont Jean Perrier (1884-1942), fondateur du rationalisme dans la conception du décor, les émigrés russes Ivan Lochakoff et Boris Bilinsky (1907-1948) et surtout Lazare Meerson, qui, en utilisant le fer, le verre et le ciment, révolutionne entièrement les traditions. À la suite de Lazare Meerson, il faut citer Andreï Andreïev, Jacques Colombier (né en 1901), Lucien Aguettand (né en 1901), Guy De Gastyne (né en 1888), Jacques Krauss (1900-1957) [films de Duvivier], Alexandre Trauner (films de Carné), Eugène Lourié (films de Renoir), Max Douy (films d’Autant-Lara), Léon Barsacq, Georges Wakhevitch, Paul Bertrand (né en 1915), Jean d’Eaubonne (films d’Ophuls), René Renoux (né en 1904), Maurice Colasson (né en 1911), Jean André et, pour les films des années 1960, Jacques Saulnier (né en 1928) et Bernard Evein.

En U. R. S. S., les grands noms sont ceux de Sergueï Vassilevitch Kozlovski (1885-1962), Vladimir Ievguenevitch Iegorov (1878-1960), Ievgueni Ievguenevitch Ieneï (né en 1890), Nikolaï Gueorguievitch Souvorov (né en 1889), Iossif Aronovitch Chpinel (né en 1892), Alekseï Aleksandrovitch Outkine (1891-1965), Vladimir Pavlovitch Kaplounovski (né en 1906), Boris Konstantinovitch Nemetchek (né en 1925), Issaak Mikhaïlovitch Kaplan (né en 1924). En Grande-Bretagne, ceux d’Alfred Junge (né en 1886) — qui avait débuté en Allemagne —, Vincent Korda (né en 1896), Laurence Irving (né en 1897), Paul Sheriff (1903-1965), L. P. Williams, Edward Carrick (né en 1905), Hein Heckroth (né en 1901), Carmen Dillon (née en 1908), Roger Furse (1903-1972), John Box, Ken Adam (né en 1921), Jim Morahan, Ralph Brinton (né en 1895), John Bryan (né en 1912). Aux États-Unis, les décorateurs, sous le nom d’art directors, sont généralement attachés à une maison de production. Ainsi les trois grands d’Hollywood, Richard Day, Cedric Gibbons et Hans Dreier, ont été respectivement les responsables des décors de nombreux films des Artistes associés (Richard Day passa ensuite à la MGM, puis chez RKO, enfin à la Warner), de la MGM et de la Paramount. Les autres grands noms du cinéma américain sont ceux de Van Nest Polglase, Harry Horner (né en 1910), Lyle R. Wheeler (né en 1905), Mark Lee Kirk, Malcolm Bert, W. Cameron Menzies (né en 1896), R. M. Haas, A. Toluboff, James Basevi, Charles D. Hall (né en 1899), Thomas Little (né en 1894), C. J. Weyl, Edwin B. Willis (né en 1893), Alexander Golitzen (né en 1907), Hal Pereira et Boris Leven.

En Italie, Gastone Medin (né en 1905), Guido Fiorini (né en 1897), Virgilio Marchi (1895-1960), Mario Chiari (né en 1909), Ottavio Scotti (né en 1904), Gianni Polidori (né en 1923), Piero Gherardi (1909-1971), Mario Garbuglia, Piero Zuffi (né en 1919), Carlo d’Egidi (né en 1918), Piero Poletto ; en Suède, Bibi Lindström (né en 1904), Nils Svendall, P. A. Lundgren ; au Japon, Hiroshi Mizutani, Takashi Matsuyama et Kisaku Ito ; en Pologne, Roman Mann, Wojcïech Krysztofiak et Anatol Radzinowicz sont des décorateurs dont la réputation a dépassé depuis longtemps les frontières de leur pays respectif.

Le néo-réalisme, les différentes « nouvelles vagues » des années 1960 et le cinéma direct ont sans aucun doute modifié les canons traditionnels de la décoration au cinéma. Mais, comme le déclare Bernard Evein : « Que l’on tourne en décors naturels ou en studio, notre rôle est aussi important. Sauf en ce qui concerne le cinéma document, je ne crois pas au cinéma vérité. Il faut toujours modifier la réalité pour faire plus vrai que le vrai. »

J.-L. P.

 L. Barsacq, le Décor de film (Seghers, 1970).


Quelques grands décorateurs de cinéma


Erik Aaes

(Nordby 1899-1966), décorateur danois. Films d’A. Cavalcanti (Yvette, 1927 ; En rade, 1928 ; la P’tite Lili, 1929 ; Maître Puntilla et son valet Matti, 1955), J. Renoir (la Petite Marchande d’allumettes, 1928), C. Dreyer (Jour de colère, 1943 ; Ordet, 1955), Henning Carlsen (la Faim, 1966).


Andreï Andreïev

ou André Andrejeff (Saint-Pétersbourg 1899 - en France 1966), décorateur russe. Décorateur au théâtre Stanislavski (Moscou), puis chez Max Reinhardt (Berlin). Au cinéma : Raskolnikov (R. Wiene, 1923), Thérèse Raquin (J. Feyder, 1927), Loulou (1928), l’Opéra de quat’ sous (1931), Don Quichotte (1933) de G. W. Pabst, le Golem (J. Duvivier, 1937), le Corbeau (H.-G. Clouzot, 1943).


Léon Barsacq

(Karassoubazar, Crimée, 1906 - Paris 1970), décorateur français. Films de Renoir (la Marseillaise [co-d], 1938), J. Grémillon (Lumière d’été [co-d], 1942 ; Pattes blanches, 1948), M. Carné (les Enfants du paradis [co-d], 1944), R. Clair (Le silence est d’or, 1947 ; la Beauté du diable, 1949 ; les Grandes Manœuvres, 1955 ; Porte des Lilas, 1957), R. Clément (le Château de verre, 1950), H.-G. Clouzot (les Diaboliques, 1954).


Richard Day

(Victoria, Canada, 1896 - Hollywood 1972), décorateur américain. Débute à l’Universal. Du début du parlant à 1938, chef du département décoration d’United Artists. Films d’Eric von Stroheim (dont Folies de femmes, 1921 ; les Rapaces, 1923 ; la Veuve joyeuse, 1925), puis films de John Ford, R. Walsh, K. Vidor, W. Wyler et E. Kazan.


Max Douy