Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

Crucifères (suite)

Sous-famille des Lépidinées

Le Cresson alénois, dont les feuilles ont une saveur brûlante, est une espèce du genre Lepidium (une centaine d’espèces, dont une dizaine en France), répandu dans les régions tempérées et chaudes de tout le globe.

Cette plante, originaire de Perse, est cultivée depuis la plus haute antiquité ; elle est employée comme condiment et est parfois préférée au Cresson.

Les Biscutella (30 espèces, surtout méditerranéennes, dont 3 en France) doivent leur nom vulgaire (Lunettière) à leur fruit (silicule), dont les deux loges, presque parfaitement circulaires, plates, sont accolées par un bord.

Les Iberis (50 espèces, dont 13 en France), elles aussi surtout méditerranéennes, sont très employées dans les jardins sous les noms de Juliennes (plantes annuelles) ou de Corbeilles-d’Argent (plantes vivaces) ; I. sempervirens, originaire de Perse, permet de faire de belles bordures blanches au printemps ; elle est parfois associée à certains Alyssum (Corbeille-d’Or).

Citons, pour terminer, le genre Thlaspi (Tabouret), le genre Capsella, petite plante bien connue en France sous le nom de Bourse-à-Pasteur, et les genres Cochlearia, Æthionema, Teesdalia, Hutchinsia et Pringlea, dont une espèce, P. antiscorbutica, très riche en acide ascorbique, vit uniquement dans l’archipel des Kerguelen et se trouve maintenant localisée dans les îlots isolés, car elle a été ravagée par les Lapins importés dans l’île centrale.

Capparidacées

Les Capparidacées, que certains auteurs rangent dans l’ordre des Rhœadales à côté des Crucifères et des Résédacées, ont cependant un certain nombre d’affinités avec les Dicotylédones ligneuses.

Cette famille est formée d’une cinquantaine de genres et de plus de huit cents espèces, vivant surtout dans les régions chaudes du globe, une seule étant indigène en France, le Câprier. Celui-ci, cultivé dans toute la région méditerranéenne, est un petit arbuste à feuilles ovales, à stipules épineuses et à grandes fleurs blanches ; les câpres ne sont que les boutons floraux récoltés juste avant leur ouverture ; on les confit dans le vinaigre pour en faire un condiment.

Dans le genre Cleome, l’espèce C. spinosa, des Antilles, est parfois employée en horticulture pour ses inflorescences très décoratives.

Résédacées

Cette famille, très proche de celle des Crucifères, présente chez certaines de ses espèces des caractères très évolués ; elle est formée de six genres et d’une centaine d’espèces (2 genres et moins de 10 espèces en France), vivant surtout en Europe, dans tout le Bassin méditerranéen et même en Asie centrale et au Cap.

Les Résédacées sont des plantes herbacées ou de petits arbustes à feuilles alternes souvent très divisées et munies de stipules ; les sépales et les pétales sont au nombre de quatre ou de huit, mais le nombre des étamines est variable, même à l’intérieur d’une espèce ; l’ovaire est à deux ou à six carpelles. Le fruit est une capsule dont la déhiscence n’est pas complète.

Le genre Reseda, de beaucoup le plus important, comprend plus de quatre-vingts espèces, presque toutes du Bassin méditerranéen, une dizaine vivant à l’état sauvage en France. R. odorata, originaire d’Égypte, connu sous le nom de Mignonnette ou de Réséda odorant, est très cultivé comme plante ornementale, aussi bien dans les jardins qu’en appartement.

Comme autres genres, on peut citer les Astrocarpus (un représentant en France) et les Caylusea.

J.-M. T. et F. T.

Crustacés

Importante classe d’Arthropodes, vivant ordinairement dans les eaux douces ou marines, dont le tégument chitino-calcaire constitue une carapace protectrice et dont les appendices, variés, interviennent dans diverses fonctions : locomotion, nutrition, respiration, reproduction, etc.


Par rapport aux Insectes, les Crustacés renferment relativement peu d’espèces : on en a décrit actuellement environ trente mille ; mais, dans le domaine océanique, ils constituent une énorme masse de matière vivante par leurs innombrables individus. On distingue les Malacostracés, ou Crustacés supérieurs, de taille grande ou moyenne, qui rassemblent les formes connues de tous (Crevettes, Crabes, Homard), et les Crustacés inférieurs, autrefois réunis sous la dénomination d’Entomostracés et qu’on répartit en plusieurs sous-classes bien distinctes, parmi lesquelles abondent des animaux minuscules, comme les Daphnies, les Cypris, les Cyclopes.


Écologie

Respirant par des branchies, les Crustacés sont des êtres typiquement aquatiques ; leur domaine d’élection est la mer, où ils représentent un élément caractéristique de la faune. Dans le plancton pullulent des Copépodes, les Euphausiacés ainsi que des larves ; ils constituent la nourriture essentielle de nombreux Poissons et des Baleines. Sur le littoral, on rencontre des Crabes, des Crevettes, des Pagures, les Puces de mer, ou Talitres ; les fonds rocheux de quelque profondeur abritent Langoustes et Homards ; Balanes et Anatifes sont de curieux Crustacés fixés de la sous-classe des Cirripèdes. Les grandes profondeurs ont livré des Copépodes, des Amphipodes et des Isopodes.

Les eaux douces sont habitées par les Écrevisses, par le Crabe Eriocheir, dit « Crabe chinois », et surtout par de nombreuses formes de petite taille appartenant aux Amphipodes (Gammare), aux Isopodes (Aselle), aux Copépodes (Cyclope), aux Cladocères (Daphnie), aux Ostracodes (Cypris). Les eaux souterraines recèlent des formes dépigmentées et aveugles, comme Niphargus. Divers groupes ont pu s’adapter à la vie aérienne, comme les Isopodes terrestres de nos régions (Cloportes), qui restent dans l’air humide, ou comme les Décapodes tropicaux Gécarcin et Birgue (Crabe des Cocotiers).

Beaucoup de Crustacés forment des associations avec des animaux souvent très éloignés d’eux dans la classification : divers cas de commensalisme sont connus chez les Bernard-l’Ermite, en particulier avec des Anémones de mer, qui réalisent une véritable symbiose. Le parasitisme est extrêmement répandu chez les Crustacés et offre un large éventail de modalités ; trois groupes sont spécialement touchés par ce phénomène : les Copépodes (Monstrillidés, Lernée, Xenocœloma), les Cirripèdes (Sacculine), les Isopodes épicarides (Bopyre, Entoniscus).