Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

Alès (suite)

Le xixe s. a marqué aussi l’apogée du textile. En 1850, près de 50 ateliers filent la soie. En 1932, la dernière usine ferme ses portes. L’installation d’une fabrique de sous-vêtements (dont le siège est à Nîmes) reflète mal la splendeur passée de la sériciculture. Les entreprises les plus importantes sont la Société des ateliers et fonderies de Tamaris, les Établissements Richard-Ducros (charpentes métalliques), Saltel (articles chaussants). À quelques kilomètres d’Alès, Salindres, berceau de la firme Pechiney, fournit des produits fluorés et de l’alumine. L’importance des salariés peut faire illusion dans un Languedoc peu industrialisé, mais les industries de pointe dédaignent Alès.

La courbe de population traduit bien la réalité économique. Dans le premier quart du xixe s., la ville ne compte pas plus de 10 000 habitants, mais, sous le second Empire, la population double, non par le jeu d’un solde naturel positif, mais grâce à la descente des montagnards qui quittent les hauts cantons cévenols pour le carreau de la mine et la métallurgie. Le marasme de la sériciculture explique la stagnation démographique qui se poursuit jusqu’en 1890. Les 30 000 habitants sont atteints à la veille de la Première Guerre mondiale, la couronne de bourgades rurales s’industrialise et se peuple, Salindres et La Grand-Combe plus rapidement qu’Alès. Le repli et l’afflux de travailleurs chassés des mines du Nord permettent de compter 40 000 habitants entre les deux guerres, mais la population baisse et le chiffre de 1962 est inférieur à celui de 1926 ; seuls les derniers recensements montrent une reprise.

Les étapes de la croissance se marquent dans la morphologie urbaine. La ville est née sur la butte qui domine le méandre du Gardon et la « Prairie », longtemps zone maraîchère. Le site originel s’inscrit en amphithéâtre, du fort Saint-Jean à la boucle du fleuve. La ville s’étend ensuite vers la gare et les constructions gagnent la rive droite. Le quartier de Tamaris reste « populaire », alors que Chantilly, en position d’adret, conserve sa vocation résidentielle. Depuis une dizaine d’années, un important effort de rénovation est en cours, les quartiers neufs remplaçant les îlots de bâtiments vétustés et insalubres. Alès a perdu sa réputation de ville minière, sombre et malsaine, où Espagnols et Italiens, immigrants d’Europe centrale et d’Afrique du Nord peuplaient les taudis.

Alès est le centre d’une petite agglomération qui, avec notamment Salindres, regroupe environ 90 000 habitants, mais sa position demeure marginale, à l’écart du couloir rhodanien et de l’axe urbain languedocien. Son aire d’attraction s’exerce sur la montagne beaucoup plus que vers le plat pays, d’un accès plus facile mais gravitant dans la zone d’influence de Montpellier et de Nîmes.

R. D. et R. F.

alésage

Opération d’usinage de finition utilisée pour donner un bon état de surface et une forme précise à des parties généralement cylindriques de surfaces de révolution, préalablement dégrossies par perçage, poinçonnage, forgeage, fonderie, etc.


L’alésage est possible avec tous les métaux et alliages usuels. Enlevant relativement peu de matière, cette opération consiste essentiellement à calibrer les trous en question et à améliorer leur état de surface. Elle permet d’assurer de bonnes tolérances (5 μm environ). Les surfaces ainsi usinées sont le plus souvent cylindriques, mais elles peuvent également être coniques et, dans certains cas, de forme quelconque. L’alésage des surfaces cylindriques améliore à la fois les tolérances en diamètre moyen, en ovalisation, conicité et direction.


Mode d’exécution

On peut exécuter un alésage : à l’aide de divers types d’alésoirs ; à l’aide d’une tête d’alésage qui se guide dans la partie déjà alésée et porte en avant les arêtes coupantes (forage) ; à l’outil de tour, la pièce étant montée en mandrin ; avec divers types de têtes porte-outils à aléser ; avec un outil (grain fixe) sur une barre d’alésage en porte à faux ou sur deux appuis.

Ces méthodes utilisent un outillage essentiellement différent, mais, dans presque tous les cas, l’outil tourne autour d’un axe de rotation rigoureusement confondu avec l’axe de l’alésage à réaliser, et il avance suivant cet axe à l’inverse de l’outil de fraisage, qui, lui, avance presque toujours perpendiculairement à la direction de son axe de rotation. En pratique, on alèse essentiellement des surfaces cylindriques intérieures, les surfaces cylindriques extérieures étant obtenues par tournage et, si la précision l’exige, par rectification. Toutefois, avec certains porte-outils à aléser, on peut également usiner des surfaces cylindriques extérieures.


Alésage à l’alésoir

Cette technique ne s’utilise que pour la finition de trous peu profonds et pour des alésages de diamètre inférieur à 50 mm. Les alésoirs sont des outils spéciaux possédant des lèvres latérales comme les forets. Ils sont soit en acier rapide, soit en acier avec lames rapportées, faites d’acier rapide ou de carbure de tungstène. L’alésoir comprend un corps cylindrique présentant des arêtes de coupe, terminé à l’avant par une partie conique. La matière est enlevée par cette partie conique, la partie cylindrique égalise l’alésage et sert en même temps de guide. L’opération peut être manuelle et, dans ce cas, l’alésoir est fixé dans un tourne-à-gauche ; mais cette technique de finition n’est utilisée que pour ajuster des pièces réalisées en très petite série. Le plus souvent, l’alésoir est fixé dans le mandrin d’une machine-outil du type perceuse, fraiseuse ou aléseuse. Les alésoirs à main ont une partie conique assez longue ; les alésoirs à machine ont une partie conique réduite au 1/8 du diamètre seulement. Les alésoirs hélicoïdaux ressemblent extérieurement à des forets, mais ils n’ont pas de pointe. Les lèvres de coupe sont latérales et non pas en bout. Grâce à trois ou quatre lèvres de coupe latérales et autant d’hélices de guidage, on supprime l’ovalisation des trous et on améliore l’état de surface.