Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

course-croisière (suite)

 J. H. Illingworth, Offshore (Londres, 1949 ; 5e éd., 1963 ; trad. fr. Course-croisière, Éd. du Compas, 1963) ; Further Offshore (Londres, 1969). / D. P. Birt, British Ocean Racing (Londres, 1960). / E. Bruce, When the Crew Matter Most (Londres, 1961 ; trad. fr. l’Équipage et la course, Laffont, 1965). / A. Gliksman, Au large. Croisière et course (Arthaud, 1968).

courtier maritime

Officier ministériel, propriétaire de sa charge auquel est reconnue la qualité de commerçant et qui, établi dans un port, y effectue pour le compte des capitaines de navires certaines démarches auprès de la douane et des tribunaux de commerce en bénéficiant d’un privilège exclusif donné à sa profession. Sa dénomination officielle est « courtier interprète et conducteur de navires ».


L’institution du courtage maritime est très ancienne ; elle est née de la nécessité d’assister les capitaines étrangers ignorant la langue et les usages locaux dans les diverses formalités qu’ils ont à accomplir au cours de leurs escales. Le premier texte en faisant mention en France est un édit de 1657, dit « Rôle de Ré et d’Oléron », mais c’est l’ordonnance de Colbert de 1681 qui établit le statut du courtage. La suppression par la Révolution de tous les offices et charges ne devait avoir qu’un effet temporaire, puisque, dès l’an IX, le rôle des courtiers maritimes est, de nouveau, reconnu par la loi, puis confirmé par l’article 80 du Code de commerce (1807). Leur privilège exclusif porte sur diverses opérations.
1o Assistance aux capitaines des navires pour l’accomplissement, auprès des autorités douanières et des tribunaux de commerce, de certaines formalités réglementaires (déclaration d’entrée en douane, péage, etc.). Leur intervention n’est pas obligatoire lorsque l’armateur déclare lui-même son navire. Les compagnies de navigation disposent donc souvent, en France, de leur propre service de courtage, qui les dispense de recourir à un courtier. Hors de son siège social, l’armateur peut être remplacé par le directeur de sa succursale ou par le capitaine, mais, s’il est fait appel à un intermédiaire, celui-ci ne peut être qu’un courtier maritime.
2o Courtage d’affrètement. Un armateur et un affréteur sont toujours libres de contracter directement, mais, comme pour l’assistance aux capitaines, lorsqu’ils font appel à un tiers, celui-ci ne peut être qu’un courtier maritime, s’il en existe sur la place. Sinon, le courtage est libre. Cette prérogative a beaucoup perdu de son intérêt pratique, les affrètements se traitant surtout sur certaines grandes places étrangères et à Paris, où il existe de très importantes maisons spécialisées dans ces opérations.
3o Vente publique de navires (sauf sur saisie). Les courtiers bénéficient d’un monopole à l’encontre de tous autres officiers publics (avoués, commissaires-priseurs, etc.).
4o Traduction des documents maritimes, tels que connaissements, chartes-parties, contrats divers pouvant être soumis aux tribunaux.

Les honoraires afférents à ces diverses opérations sont fixés par l’autorité publique.

D’autre part, la pratique commerciale a conduit les courtiers maritimes à déborder le cadre des seules opérations couvertes par leur monopole. En particulier, il leur arrive souvent d’assumer également l’ensemble des activités dévolues aux consignataires. Le principe même de leur monopole s’est, parfois, trouvé contesté, mais, bien qu’à l’étranger le courtage soit généralement libre, notamment en Grande-Bretagne, où les « ship-brokers » ont une importance particulière, il ne semble pas qu’en France le statut actuel des courtiers maritimes soit mis en question.

H. C.

➙ Armement maritime.

 C. Barbet, les Agents terrestres de la navigation maritime (Librairie du Recueil Sirey, 1947). / G. Ripert, Droit maritime (Rousseau, 1950). / R. Rodière, Précis du droit maritime (Dalloz, 1969).

Courtois (Jacques)

Peintre français (Saint-Hippolyte 1621 - Rome 1676).


Il quitte à quinze ans sa Franche-Comté natale pour suivre un régiment espagnol qui se rendait à Milan. De là naîtra sa vocation de peintre de batailles. Il réside à Rome en 1640 et s’y fixe définitivement en 1655. Romain d’adoption, surnommé il Borgognone, il rivalise avec Michelangelo Cerquozzi (1602-1660), qu’on surnommait alors le Michel-Ange des batailles. Il est influencé par la virtuosité du Napolitain Salvator Rosa (1615-1673), fréquente les caravagistes et s’intègre au milieu cosmopolite des bamboccianti, ou peintres de genre*.

Il abandonne la disposition des batailles en frise, telle que la pratiquaient les peintres de la Renaissance à l’imitation des bas-reliefs romains. Créant ainsi un nouveau mode de représentation, il leur imprime une puissance dramatique jusqu’alors sans égale : dans ses Cuirassiers aux prises avec des cavaliers turcs (musée du Louvre), dans son Combat de cavalerie (musée de Grenoble), dans ses batailles du musée de Dresde ou du Prado à Madrid, il confère un dynamisme violent à des compositions en ligne oblique. Les combattants sont saisis dans le feu de l’action, comme dans le Choc de cavalerie (Louvre). Le cliquetis des armes, la rumeur et le cri des soldats sont évoqués avec un rare pathétique. Ce réalisme, ce sentiment baroque du mouvement marquent la non-appartenance de Courtois au classicisme français.

L’artiste innove encore par un sens très aigu du plein air où vivent ses figures et que traduisent bien les nuages de poussière qui s’élèvent entre les cavaliers. Il est d’ailleurs prisé par ses contemporains pour ses peintures de paysages, aujourd’hui disparues. Seuls ses batailles et le rare autoportrait des Offices à Florence, où l’artiste s’est représenté sur un vaste fond aérien, permettent d’apprécier son sens novateur de l’atmosphère.


La peinture de batailles

À la vision réaliste des batailles de Courtois s’opposent bien d’autres formules : celles des vues topographiques d’armées, prises à vol d’oiseau selon la tradition flamande si conventionnelle de Pieter Snayers (1592-1667), dont Adam Frans Van der Meulen (1632-1690), peintre des batailles de Louis XIV, sera l’héritier. Le Brun*, de son côté, développe le caractère épique des Conquêtes de Louis XIV (1672-73) ; il recourt à toutes les ressources de la mythologie pour évoquer le sublime des combats. Cette conception « grandiose » tire son origine de la célèbre Bataille d’Anghiari (aujourd’hui détruite), dont la commande fut l’objet d’un concours entre Michel-Ange* et Léonard* de Vinci, qui l’emporta.