Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

Coran (suite)

On comprend que le Coran soit vénéré. Son texte est copié dans des manuscrits somptueusement enluminés, malgré les réserves initiales des puritains. On ne doit toucher les volumes ou réciter le texte qu’en état de pureté, on ne doit pas laisser toucher ces exemplaires par des membres d’autres religions, etc. C’est une bonne œuvre que d’en copier un. On apprend à l’enfant dans les « écoles coraniques » quelques morceaux essentiels. Des spécialistes (ḥāfiẓ) apprennent par cœur tout le texte : on leur imposait de le réciter à intervalles réguliers et en cas de péril. On récite aussi des textes coraniques au cours des diverses prières ; des versets sont calligraphiés sur les mosquées, les tombes, etc. Copiés, ils servent de talismans. On se sert du Coran dans la divination, pour prêter serment, etc.

L’étude du Coran a stimulé de nombreuses sciences non exclusivement coraniques, comme la lexicographie ou la grammaire, qui permettent de comprendre le vocabulaire et les tournures du texte sacré. Au Moyen Âge, un certain nombre de lettrés musulmans ont contesté sa valeur stylistique, mais ce fut une infime minorité. Tous les musulmans furent (et sont encore en bonne partie) imprégnés de cette phraséologie qu’ils ont entendue à de multiples reprises depuis l’enfance. Cela ne pouvait pas ne pas avoir d’influence sur leur littérature, qui contient de nombreuses citations implicites du texte sacré.

En dehors de l’islām, le Coran a fait de la part des chrétiens l’objet de nombreuses « réfutations » polémiques, qui, peu à peu, ont fait place à une étude objective et critique. Les résultats en sont importants pour la compréhension du texte dans son état originel. Un pas décisif dans ce sens a été franchi par la monumentale Geschichte des Qorâns de Theodor Nöldeke (1860), revue par ses élèves (2e éd., 1909-1938).

M. R.

➙ Arabes / Islām / Mahomet

 T. Nöldeke, Geschichte des Qorâns (Göttingen, 1860 ; 2e éd. par F. Schwally, G. Bergsträsser et O. Pretzl, Leipzig, 1909-1938 ; 3 vol.). / R. Blachère, Introduction au Coran (G. P. Maisonneuve, 1947 ; 2e éd., Besson et Chantemerle, 1959) ; le Coran (P. U. F., coll. « Que sais-je », 1966 ; 2e éd., 1969). / R. Bell, Introduction to the Qur’ān (Édimbourg, 1953). / M. Allard, M. Elzière, J.-C. Gardin et F. Hours, Analyse conceptuelle du Coran sur cartes perforées (Mouton, 1963 ; 2 vol.). / S. El-Saleh, la Vie future selon le Coran (Vrin, 1971).

corde vibrante

Fil mince, homogène, de section constante, tendu entre deux points fixes qui limitent la longueur de la partie vibrante.



Généralités

Si l’on écarte une telle corde de sa position d’équilibre et si on la lâche, elle vibre en formant un fuseau unique et en émettant un son dont l’intensité et le timbre peuvent varier selon les conditions d’attaque de la corde, mais dont la hauteur (donc la fréquence) est toujours la même. Ce son est appelé le son fondamental de la corde. Sa fréquence, N1, ne peut évidemment dépendre que de la longue L de la partie vibrante, de la tension F à laquelle la corde est soumise et de la nature de la corde (matière qui la constitue, dimensions et forme de sa section droite). L’expérience montre que cette fréquence :
1o est inversement proportionnelle à la longueur L ;
2o est proportionnelle à la racine carrée de la tension F ;
3o ne dépend de la nature de la corde que par sa masse linéique μ (masse par unité de longueur) et est inversement proportionnelle à la racine carrée de cette masse linéique.

Les lois précédentes sont résumées dans la formule des cordes vibrantes établie pour la première fois par Brook Taylor en 1715 :

Dans tout instrument de musique à cordes, il y a donc trois facteurs sur lesquels on peut agir pour obtenir des sons différents : c’est sur le facteur tension qu’agissent l’accordeur de pianos ou le violoniste pour accorder leurs instruments, au moyen de chevilles sur lesquelles les cordes s’enroulent à une extrémité ; c’est sur la longueur qu’agit le violoniste pour émettre des sons différents, quand ses doigts pressent la corde contre la touche.

Mais, en général, les cordes de tout instrument sont à peu près également tendues, parce que l’on répartit ainsi uniformément les contraintes que les cordes exercent sur l’instrument et parce que l’on obtient également une plus grande homogénéité de timbre (les cordes trop peu tendues « sonnent » mal). Par exemple, la tension des cordes d’un piano ne varie que de 80 à 110 kg sur toute l’étendue du clavier (encore sont-ce les cordes graves qui sont les plus tendues). Il en résulte que le facteur de pianos ne dispose plus pratiquement que des paramètres L et μ pour couvrir sept octaves. Les cordes du piano sont effectivement d’autant plus longues qu’elles sont plus graves, mais, l’allongement ne permettant pas à lui seul de couvrir l’étendue du clavier, il faut en même temps augmenter la masse linéique vers le grave, et cela dans des proportions telles que, si les cordes étaient faites d’un simple fil d’acier de section circulaire (comme c’est le cas pour les cordes dans l’aigu, dites « cordes blanches »), le diamètre des cordes les plus graves serait de l’ordre du demi-centimètre. On augmente alors la masse linéique de la corde sans accroître sa raideur par l’artifice des cordes dites « filées » : sur un fil d’acier d’un diamètre de l’ordre du millimètre (l’âme), qui constitue la corde proprement dite, on enroule un fil de cuivre à spires jointives (le trait), dont le rôle est d’aloudir la corde tout en lui gardant sa flexibilité. Le même artifice est utilisé pour les cordes des instruments de la famille du violon, excepté pour la chanterelle du violon (mi4), qui est un fil d’acier. La corde la plus grave du violon (sol2) est toujours une corde filée dont l’âme est en boyau. Les deux cordes du médium (3, la3) sont parfois en boyau, mais les bonnes cordes sont, elles aussi, filées sur une âme de boyau plus mince.