Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

coordonnées astronomiques (suite)

Les positions stellaires calculées en fonction des seuls termes de précession sont dites positions moyennes. Si l’on fait intervenir les corrections correspondant aux termes de nutation (en longitude et en obliquité), on obtient les positions vraies. Les catalogues d’étoiles donnent les positions moyennes des étoiles (ascension droite et déclinaison) au premier jour de l’année ou au premier jour d’une année déterminée. Pour pouvoir confronter ces positions avec l’observation il est nécessaire de calculer :
— la correction complémentaire de précession, compte tenu de la date exacte ;
— les corrections de nutation.

Pour un certain nombre d’étoiles, dites fondamentales, les résultats de ces calculs sont donnés dans les éphémérides de dix en dix jours. Il n’y a plus alors qu’à effectuer des interpolations.


Corrections à apporter aux observations

Les observations faites sur les étoiles doivent subir un certain nombre de corrections.
1o Correction de réfraction atmosphérique. La présence de l’atmosphère modifie la valeur de la distance zénithale ζ. La partie principale de la correction de réfraction, qui est négative, a pour valeur ρ = 60″ tg ζ, ρ étant exprimé en secondes. Le calcul exact de cette correction doit tenir compte de la température et de la pression atmosphérique observées au sol au moment de l’observation. Si la correction de réfraction n’est que de 1′ pour une distance zénithale de 45°, elle est de 36′ 36″ pour 90°. L’imprécision du résultat croît naturellement avec la valeur de ρ. Pour des mesures de précision, on doit s’abstenir d’observer des étoiles proches de l’horizon.
2o Correction d’aberration de la lumière. Celle-ci est due au fait que la vitesse de déplacement de l’observateur sur l’orbite terrestre n’est pas négligeable par rapport à la vitesse de la lumière (1/10 000 de radian ≠ 20″). Du fait de l’aberration, l’étoile semble se déplacer dans le sens de la vitesse de l’observateur terrestre. La correction en longitude écliptique a pour valeur

Elle modifie la position de l’étoile dans le sens de la vitesse V de l’observateur. Dans cette formule, les quantités l et β représentent les coordonnées écliptiques de l’étoile, et la longitude écliptique de la Terre.

3o Correction de parallaxe. Elle s’applique à la dizaine de milliers d’étoiles qui sont suffisamment proches du Soleil pour que l’angle sous lequel on voit, à partir de ces étoiles, le rayon Soleil-Terre ne soit pas entièrement négligeable. Cet angle ne dépasse pas 0″,76 pour l’étoile la plus proche de la Terre. (Cette étoile est située dans la constellation du Centaure.)

P. T.

➙ Astronomie / Étoile / Galaxies / Univers.

Copenhague

En dan. København, capit. du Danemark.



Le site

Copenhague est située par 55° 41′ de lat. N. et 12° 34′ de long. E. sur la côte orientale de l’île de Sjaelland et sur l’île d’Amager, face à la Suède. Grand port sur l’Øresund, le plus fréquenté des détroits au débouché de la mer Baltique, la ville est un des plus importants centres industriels de la Scandinavie. Les chantiers navals, la construction des moteurs Diesel, la fabrication de la porcelaine et la production de la bière lui assurent une place de premier rang sur le marché industriel européen. Copenhague est aussi la métropole commerciale et culturelle de la Scandinavie méridionale. Des relations très fréquentes et rapides relient la Suède à la ville, qui étend son rayon d’action à toute la Scanie, ancienne terre danoise. L’aéroport de Kastrup et la gare centrale sont le grand carrefour de l’Europe du Nord. Avec son port franc et son port national, Copenhague possède le plus important organisme portuaire de la Scandinavie. Centre culturel du Danemark avec son université, ses instituts scientifiques, ses musées aux riches collections et ses nombreux monuments, c’est aussi la résidence de l’évêque luthérien de Sjaelland et le siège de l’évêché catholique du Danemark. Couvrant une superficie de 585 km2, l’agglomération du Grand Copenhague rassemble, avec la ville, ses faubourgs de Frederiksberg, de Gentofte et la banlieue, une population de 1 383 000 habitants (596 000 hab. pour la ville seule), soit plus du quart de celle de l’ensemble du royaume.


Le développement urbain

Carrefour où la voie maritime de la Baltique à la mer du Nord par l’Øresund et le Cattégat croise la route reliant à travers l’archipel danois l’Allemagne à la Suède, Copenhague est devenu un lieu de transit international et la capitale d’un État contrôlant le passage des détroits. La ville est installée sur les basses terres entourant le chenal, de 100 à 200 m de large, qui sépare l’île d’Amager à l’est de celle de Sjaelland à l’ouest, où l’on retrouve les traces d’un village viking. Le site portuaire primitif était au cœur de la ville actuelle, autour de l’île de Slotsholmen (dans la partie orientale de Sjaelland), où se dressent le grand château de Christiansborg (l’édifice actuel est du début du xxe s.) et la célèbre Bourse. C’est en 1043 que ce lieu est mentionné pour la première fois sous le nom de Hafn (port), abri sûr, où pêcheurs et commerçants s’étaient installés, attirés par les pêcheries de harengs du Sund. Lorsque Absalon, évêque de Roskilde et seigneur du lieu, fit construire en 1167 un château fort sur l’îlot appelé par la suite Slotsholmen et entoura de fortifications le port et le village primitif, la ville prit le nom de Køpmannaehafn (le port des marchands).

Le développement de Copenhague et de son commerce maritime provoqua rapidement l’hostilité de Lübeck, la plus importante des cités hanséatiques de la Baltique, qui fit incendier la rade en 1249, tandis qu’en 1259 « Jarmer », le prince des Wendes (peuplade slave du nord de l’Allemagne), renouvelait l’opération. En 1369, les gens de Lübeck s’emparèrent de la ville et détruisirent le château et les édifices en pierre. Cependant, quelques années plus tard, la vitalité de Copenhague s’affirmait et le répertoire fiscal foncier de l’évêché de Roskilde indiquait 3 000 habitants pour la ville.