Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

construction navale (suite)

• Manutentions. Le chargement et le déchargement des transporteurs de fret liquide et de gaz sont conduits à partir d’un poste central où sont groupées les télécommandes des pompes et des vannes motorisées ainsi que les indications permettant de contrôler ces opérations. Il en est de même pour le ballastage des navires-citernes et des transporteurs de vrac.

• Navigation. Dans ce domaine, l’introduction d’automatismes n’est pas toute récente. Un exemple est fourni par le pilote automatique, qui assure le maintien du cap, rendant inutile en route libre la présence constante d’un timonier à la barre. De même, le sondeur enregistreur par ultrasons trace automatiquement la courbe des profondeurs des fonds sous-marins, tandis qu’un récepteur enregistreur imprime les cartes météorologiques transmises par des stations terrestres. On peut aussi utiliser un calculateur pour effectuer les calculs nautiques, comme la détermination du point. Le calculateur peut être également très précieux pour prévenir les collisions : couplé au radar, il donne presque instantanément tous renseignements sur la position des navires ou des obstacles dangereux, particulièrement la distance minimale de passage entre un obstacle et le navire ainsi que le moment précis de ce passage.


Considérations générales

• Avantages économiques et techniques. L’automatisation à bord des navires augmente la sécurité de fonctionnement des installations ; elle assure de meilleures conditions de travail ainsi qu’une meilleure utilisation des appareils et réduit les coûts d’exploitation.

• Conséquences professionnelles et sociales. Sur les navires automatisés, les besoins en personnel très qualifié sont évidemment accrus, alors que le travail d’un niveau qualitatif inférieur se trouve sensiblement réduit. En outre, la centralisation des postes de commande favorise le développement de la polyvalence et tend à supprimer la distinction habituelle entre les spécialités pont et machine. Quant aux réductions d’effectifs, il faut distinguer ce qui est dû à l’automatisation de ce qui résulte de la rationalisation et de la mécanisation. En réalité, l’automatisation ajoute ses effets aux divers facteurs qui ont permis, surtout depuis le milieu du xixe s., tout en rendant le travail des hommes beaucoup moins pénible, d’élever considérablement leur niveau de vie. La réduction du nombre de personnes à bord a permis d’améliorer les conditions de logement, chaque officier ou marin disposant sur les plus récents navires d’une cabine individuelle avec local sanitaire particulier. En outre, la diminution des effectifs sur les navires automatisés est compensée, au moins en partie, par l’augmentation du nombre des navires. Enfin, même si le nombre total de marins tend à diminuer, cette réduction est très progressive, et l’automatisation dans la marine marchande, comme dans les autres domaines, entraîne la création d’emplois nouveaux dans d’autres secteurs.

E. C.

constructions rurales

Les constructions rurales pourraient être définies comme étant le patrimoine bâti des zones rurales françaises, quelle que soit sa destination.



Généralités

Ne seront évoquées que les constructions essentiellement agricoles, et plus particulièrement celles qui sont destinées aux logements des exploitants agricoles et de leur personnel ainsi que tous les bâtiments qui constituent en fait des outils de production au niveau de la ferme. Dans cette dernière catégorie sont compris tous les bâtiments qui sont destinés au logement des animaux et tous ceux qui participent aux productions végétales.

Actuellement, le nombre de bâtiments agricoles s’établit en France à environ 10 450 000 ; ils représentent une superficie au sol totale de 900 millions de mètres carrés, soit une superficie moyenne de 85 m2 par bâtiment.

Si on étudie l’âge de ces bâtiments, on constate que :
a) 18 p. 100 des bâtiments agricoles ont été construits après 1948 (soit 21 p. 100 des bâtiments d’exploitation, 20 p. 100 des bâtiments d’habitation et 5 p. 100 des bâtiments mixtes) ;
b) 45 p. 100 ont plus d’un siècle (soit 40 p. 100 des bâtiments d’exploitation, 44 p. 100 des bâtiments d’habitation et 66 p. 100 des bâtiments mixtes).

Les profondes transformations que subit la production agricole ont une influence importante et directe sur les constructions agricoles. C’est ainsi que, selon les experts, sur les 1 700 000 exploitations existant actuellement en France, 900 000 sont appelées à disparaître d’ici 1985.

En admettant un accroissement démographique moyen annuel de 1,5 p. 100 et le maintien de la consommation en produits animaux, la productivité des exploitations restantes devra plus que doubler. Parallèlement, on assiste à des changements importants et rapides dans les structures des services de distribution des produits alimentaires des zones urbaines. Le développement des magasins importants, le groupement des petits commerçants détaillants qui en est la conséquence se prêtent à une économie contractuelle entre la production et la distribution, sur la base d’un approvisionnement régulier en produits standardisés.

Cela implique une organisation stricte de la production dans le cadre d’organismes professionnels et peut susciter par ailleurs la création de véritables unités industrielles. C’est dire que, quelles que soient les structures de production de l’avenir, la recherche de la productivité s’impose de toute façon, et cet objectif ne peut être atteint que par des modifications profondes des structures d’exploitation et par une modernisation inévitable des équipements, dont les bâtiments représentent une large part. Il convient de noter que les mutations des structures de production s’inscrivent également dans un cadre rural appelé, lui aussi, à se transformer.

La création d’équipements socioculturels, le développement des résidences secondaires et des structures d’accueil des citadins recherchant calme et détente nécessitent aussi le développement, ou des aménagements importants, des constructions rurales.