Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

Congo (royaume du)

Royaume probablement fondé dans le courant du xive s. aux confins du bas Congo et de l’Angola septentrional, autour de l’actuel São Salvador.


Au point le plus haut de son développement, il déborda légèrement sur la rive droite du fleuve, s’étendant, au nord, de Loango au Stanley Pool, à l’est jusqu’au Kwango et au sud jusqu’au Cuanza. Il coïncidait avec l’aire de langue kikongo et correspondait à une zone de transition entre la forêt dense au nord et la savane arborée au sud.

Le royaume n’est bien connu qu’à partir de la découverte portugaise : Diego Cam atteignit les bouches du Zaïre (Congo) en 1482 ; deux ans plus tard, il remontait le fleuve sur près de 140 km. Les Portugais furent impressionnés par l’apparente cohésion d’un État qui leur parut peuplé. Ils mirent à profit la stupeur des Africains devant l’apparition miraculeuse d’hommes blancs et armés, surgis de l’Océan pour entreprendre l’évangélisation du pays. Une mission de franciscains fut chargée d’assurer la conversion du Manikongo (1491). Bien qu’à peine trois ans plus tard João Ier fût retourné aux pratiques animistes, l’événement fut à l’origine d’un siècle de relations suivies entre le Portugal, le Saint-Siège et le Congo. Le principal artisan de l’entente fut Dom Afonzo Ier, « l’apôtre du Congo » (1506-1543). Son fils Dom Henrique, élevé au Portugal, devint en 1518 le premier évêque noir connu.

Il ne faudrait cependant pas exagérer cette « révolution chrétienne ». Le christianisme fut accueilli comme une magie supplémentaire réservée à la classe dirigeante. Le roi jouissait d’un pouvoir théoriquement absolu, bien que contrebalancé localement par la permanence des structures communautaires d’autosubsistance et politiquement par les ambitions des officiers de sa cour et des gouverneurs de province chargés de percevoir le tribut. Il avait obtenu des Portugais l’aide de conseillers techniques (enseignants, artisans), mais le royaume chrétien du Congo ne résista pas à l’essor de la traite.

Celle-ci était devenue, dès le milieu du xvie s., l’unique objet de l’activité portugaise. Les conquistadores, installés depuis 1575 dans leur nouvelle colonie de l’Angola, avaient fait de Luanda le centre d’approvisionnement du trafic triangulaire, face à São Tomé, dernière escale avant la traversée de l’Atlantique. Les courtiers (pombeiros) allaient s’approvisionner jusqu’au Pool, où les esclaves affluaient de l’amont. L’action corrosive des Portugais, qui excitèrent à leur profit de sanglantes rivalités entre les gouverneurs des provinces, entraîna la décomposition du royaume.

L’effondrement définitif remonte à 1665 : 360 Portugais, assistés de 6 000 à 7 000 Noirs, triomphèrent à Ambuila d’une armée dite « de 100 000 guerriers congolais ». Bien que les Portugais n’eussent pas mis à profit leur victoire pour occuper l’arrière-pays, l’État du Congo disparut. Il fit place à un ensemble disparate de clans inorganisés en « provinces », dont le nombre se multiplia. Quant au christianisme, il n’était plus qu’un souvenir : en 1641, lors de l’occupation de l’Angola par les Hollandais, les Portugais cessèrent de subventionner le clergé congolais. Les démarches pressantes auprès du pape des souverains délaissés du Congo aboutirent, vers 1640, à l’envoi de capucins. Ceux-ci prirent durant un siècle la relève. Mais ils se retirèrent en 1776. Les relations de leurs missionnaires, en particulier celles du P. Laurent de Lucques (1700-1717) et des capucins français (1766-1776), sont exceptionnellement vivantes et colorées. Elles révèlent la progressive dégradation du christianisme au Congo et le syncrétisme qui s’opéra avec l’animisme.

C. C.-V.

 F. Pigafetta et D. Lopez, Relatione del Reame di Congo e delle circonvicine contrade (1591 ; trad. fr. Description du royaume du Congo et des contrées environnantes, Nauwelaerts, 1963). / L. B. Proyart, Histoire de Loango, Kakongo et autres royaumes d’Afrique (Berton et Crapart, 1776). / Biographie de l’Institut royal colonial belge (Bruxelles, 1948-1956 ; 5 vol.). / J. Cuvelier, l’Ancien Royaume de Congo (Desclée De Brouwer, 1949) ; Relations sur le Congo du P. Laurent de Lucques, 1700-1717 (Acad. royale des sciences coloniales, Bruxelles, 1953). / J. Cuvelier et L. Jadin, l’Ancien Congo d’après les archives romaines, 1518-1640 (Acad. royale des sciences coloniales, Bruxelles, 1954). / G. Balandier, la Vie quotidienne au royaume de Kongo du xvie au xviiie siècle (Hachette, 1965). / W. G. L. Randles, l’Ancien Royaume du Congo des origines à la fin du xixe siècle (Mouton, 1968). / G. Mazenot, la Likouala-Mossaka. Histoire de la pénétration de Haut-Congo, 1878-1920 (Mouton, 1971).

Conifères

Ordre de plantes gymnospermes*, comprenant la plupart des espèces actuelles de ce sous-embranchement, en général des arbres ou arbustes au fruit « en cône ».


L’ordre des Conifères comprend une cinquantaine de genres et 250 espèces, réparties en général en trois familles (Taxacées, Pinacées, Cupressacées).

La caractéristique botanique principale des espèces de ce groupe est de porter un cône dans lequel sont réunis les fleurs femelles et surtout les fruits ; certains genres cependant (Cyprès et Genévriers) n’en ont pas.


Caractères généraux

Les Conifères sont des végétaux ligneux, arbres ou arbustes, le plus souvent à croissance monopodique (sauf les Ifs), c’est-à-dire que la tige principale s’accroît sans cesse par son bourgeon terminal en donnant de chaque côté des rameaux axillaires. On distingue plusieurs types de rameaux : les uns longs, à croissance normale, appelés auxiblastes et qui constituent le tronc et les branches latérales ; d’autres courts, à croissance faible, portant des feuilles, les mésoblastes. Certains botanistes décrivent dans plusieurs genres (Pin par exemple) un troisième type de rameau, très court : les brachyblastes, terminés par deux feuilles. Au point de vue anatomique, le bois des Conifères présente une différence fondamentale avec celui des Angiospermes ; en effet, il est constitué non pas par de vrais vaisseaux, mais par des trachéides, c’est-à-dire des cellules allongées plus ou moins placées régulièrement les unes au bout des autres et ayant conservé toutes leurs parois. Les trachéides sont en outre ornées par des ponctuations aréolées caractéristiques, qui se correspondent d’une cellule à l’autre. Ces ponctuations sont constituées par un décollement circulaire de la membrane secondaire par rapport à la membrane primaire, qui subit seulement un léger renflement (torus) axé au centre de la ponctuation. La membrane secondaire est percée d’une ouverture en son centre.