Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

comédien (suite)

 F. et C. Parfaict, Histoire du théâtre français depuis son origine jusqu’à présent (Amsterdam, 1735-1749 ; 15 vol.). / D. Diderot, Paradoxe sur le comédien (Sautelet, 1830 ; rééd. dans Œuvres complètes, t. VIII, Garnier, 1875). / L. H. Lecomte, Un comédien au xixe siècle : Frédérick Lemaître (chez l’auteur, 1888 ; 2 vol.). / M. Mauss, Esquisse d’une théorie générale de la magie (l’Année sociologique, 1904 ; rééd. dans Sociologie et anthropologie, P. U. F., 1950). / M. Apollonio, Storia del teatro italiano (Florence, 1938-1950 ; 4 vol. ; 3e éd., 1954 ; 3 vol.). / R. Caillois, l’Homme et le sacré (Leroux, 1939 ; nouv. éd., Gallimard, 1963) ; les Jeux et les hommes, le masque et le vertige (Gallimard, 1958 ; nouv. éd., 1967). / R. M. Guastalla, le Mythe et le livre (Gallimard, 1940). / H. R. Lenormand, les Pifoëff (Lieutier, 1943). / C. Dullin, Souvenirs et notes de travail d’un acteur (Lieutier, 1946) ; Ce sont les dieux qu’il nous faut (Gallimard, 1969). / A. Villiers, la Psychologie du comédien (Lieutier, 1946) ; la Psychologie de l’art dramatique (Colin, 1952). / S. G. Pitoëff, Notre théâtre (Messages, 1948). / K. S. Stanislavski, « Mise en scène et commentaires sur Othello », dans W. Shakespeare, Othello (Éd. du Seuil, 1948) ; Ma vie dans l’art (trad. du russe, Libr. théâtrale, 1950) ; la Formation de l’acteur (trad. du russe, Perrin, 1958). / J.-L. Barrault, Une troupe et ses auteurs (Vautrain, 1950) ; Nouvelles Réflexions sur le théâtre (Flammarion, 1959). / Y. Bélaval, l’Esthétique sans paradoxe de Diderot (Gallimard, 1950). / P. Francastel, Peinture et société (Audin, Lyon, 1950 ; nouv. éd., Gallimard, 1965). / R. Bray, Molière, homme de théâtre (Mercure de France, 1954). / L. Jouvet, le Comédien désincarné (Flammarion, 1954) ; Molière et la comédie classique (Gallimard, 1965) ; Tragédie classique et théâtre du xixe siècle (Gallimard, 1968). / J. Copeau, Notes sur le métier de comédien (Michel Brient, 1955). / J. Vilar, De la tradition théâtrale (l’Arche, 1955). / R. Picard, la Carrière de Jean Racine (Gallimard, 1956). / B. Brecht, Schriften zum Theater (Berlin, 1957 ; trad. fr. Écrits sur le théâtre, l’Arche, 1963). / J. Cazeneuve, Les dieux dansent à Cibola (Gallimard, 1957). / M. Descotes, les Grands Rôles du théâtre de Jean Racine (P. U. F., 1957) ; l’Acteur Joanny et son journal inédit (P. U. F., 1957). / E. Morin, les Stars (Éd. du Seuil, coll. « Microcosme », 1957). / M. Leiris, la Possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar (Plon, 1958). / R. Bastide, le Candomblé de Bahia, rite Nagô (Mouton, 1959). / A. Metraux, le Vaudou haïtien (Gallimard, 1959). / Zéami, la Tradition secrète du Nô (trad. du japonais, Gallimard, 1960). / R. Barthes, Sur Racine (Éd. du Seuil, 1963). / V. Meyerhold, le Théâtre théâtral (trad. du russe, Gallimard, 1963). / A. Artaud, « le Théâtre et son double », dans Œuvres complètes, t. IV (Gallimard, 1965). / J. Duvignaud, Sociologie du théâtre (P. U. F., 1965) ; l’Acteur. Esquisse d’une sociologie du comédien (Gallimard, 1965) ; Spectacle et société (Denoël, 1970) ; le Théâtre, et après (Casterman, 1971) ; Fêtes et civilisations (Weber, 1973). / L. Strasberg, Strasberg at the Actors Studio (New York, 1965 ; trad. fr. le Travail à l’« Actors Studio », Gallimard, 1969). / W. Benjamin, Versuche über Brecht (Francfort, 1966 ; trad. fr. Essais sur Brecht, Maspero, 1969). / J.-J. Lebel, le Happening (Lettres nouvelles, 1966) ; Entretiens avec le living Theater (Belfond, 1969). / G. Tarrab, « le Happening » (numéro spécial de la Revue d’histoire du théâtre, 1968). / P. Bugard, le Comédien et son double (Stock, 1970).

Comenius

Nom latinisé de l’humaniste tchèque Jan Amos Komenský (Nivnice, près d’Uherský Brod, Moravie, 1592 - Amsterdam 1670).



La vie d’un humaniste européen

Sa famille appartenait à l’Union des Frères moraves et cette appartenance va marquer sa vie.

Chassé de son pays pour faits de religion, Comenius se rend à Herborn (Hesse), puis retourne dans sa province natale, à Přerov, où il dirige une école. Ordonné prêtre, puis placé à la tête d’un important centre des Frères moraves, il doit fuir l’invasion espagnole et la persécution contre les Réformés. Il se réfugie à Leszno (auj. voïvodie de Poznań) en 1628 avec ses paroissiens. C’est là qu’il publie sa Janua linguarum reserata (Porte ouverte sur les langues, 1631), ouvrage dans lequel il jette les bases d’une méthode pédagogique, et qu’il rédige, d’abord en tchèque, sa Grande Didactique. La version latine de cet ouvrage (Didactica magna), achevée vers 1638, fut imprimée pour la première fois à Amsterdam en 1657.

Cet ouvrage, dont le manuscrit a circulé dans les cours d’Europe, rend immédiatement illustre son auteur. Invité en Suède (1642-1648), Comenius revient à Leszno (1648-1650), puis commence une réforme pédagogique dans les écoles de Transylvanie. En 1656, après la perte de tous ses biens au cours d’un incendie, il se rend à Amsterdam, dont le sénat lui assure des crédits et où il finira sa vie.

Parmi ses autres ouvrages, citons l’Orbis sensualium pictus (1658) et surtout le De rerum humanarum emendatione consultatio catholica (Consultation générale sur la réforme des affaires humaines), comportant sept parties, dont deux seulement parurent du vivant de l’auteur (Amsterdam, 1666) et dont les autres (Pansophia et Pampaedia notamment) furent découvertes à Halle en 1935.

L’importance de son œuvre est à la fois politique et pédagogique.


Ses idées politiques

Elles sont contenues dans le De rerum humanarum... Dans cet ouvrage, Comenius se rattache à la grande tradition politique de l’utopie*. Son originalité est de concevoir l’État idéal qu’il envisage non comme une île de bonheur séparée du reste de l’humanité souffrante, mais comme un système de politique de paix fondé sur une organisation internationale à l’échelle mondiale et supposant une coopération scientifique et économique entre les peuples. Pour lui, une telle organisation internationale ne suppose pas l’intervention d’individualités politiques surpassant les autres ; elle est le résultat d’une coopération au niveau des hommes d’État et des responsables de l’éducation de chaque nation, responsables parmi lesquels Comenius inclut les représentants des Églises, y compris les Églises non chrétiennes.