Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
C

comédie musicale [au cinéma] (suite)

metteur en scène de cinéma américain (Columbia 1924). Danseur devenu chorégraphe, formé par Busby Berkeley, il contribua — souvent avec l’aide de Gene Kelly — au renouvellement de la comédie musicale, dont il fut avec Minnelli le meilleur spécialiste pendant les années 1950-1960 : Un jour à New York (On the Town, 1949), Chantons sous la pluie (Singin’ in the Rain, 1952), les Sept Femmes de Barberousse (Seven Brides for Seven Brothers, 1954), Beau fixe sur New York (It’s always Fair Weather, 1955), Drôle de frimousse (Funny Face, 1956). On lui doit également d’autres films comme Pique-nique en pyjama (The Pajama Game, 1957), Ailleurs l’herbe est plus verte (The Grass is Greener, 1960), Un cadeau pour le patron (Surprise Package, 1960), Charade (1963), Arabesque (1966), l’Escalier (Staircase, 1969).


Frances Gumm, dite Judy Garland,

actrice et chanteuse américaine (Grand Rapids, Minnesota, 1922 - Londres 1969). Elle débuta à douze ans et connut très rapidement la célébrité (grâce à la série des « Andy Hardy » avec Mickey Rooney). Le Magicien d’Oz (The Wizard of Oz, de V. Fleming, 1939) lui apporta une renommée qui ne faiblit guère jusqu’en 1950. Parmi ses principaux films citons Broadway Melody of 1938 (de R. Del Ruth, 1937), la Danseuse des Ziegfeld Follies (Ziegfeld Girl, de R. Z. Leonard, 1941), le Chant du Missouri (de V. Minnelli, 1944), Ziegfeld Follies (de V. Minnelli, 1946), le Pirate (The Pirate, de V. Minnelli, 1948), Une étoile est née (A Star is born, de G. Cukor, 1954).


Eugène Patrick Kelly, dit Gene Kelly,

acteur-chorégraphe et metteur en scène de cinéma américain (Pittsburgh 1912). Danseur dans les night-clubs, puis acteur d’opérettes à Broadway (Pal Joey, 1940), il marqua de sa personnalité la plupart des comédies musicales importantes des années 1940-1950, cumulant les fonctions d’acteur, de chorégraphe et parfois de coréalisateur (avec S. Donen). Parmi ses films les plus importants citons la Reine de Broadway (Cover Girl, de C. Vidor, 1944), le Pirate (The Pirate, de V. Minnelli, 1948), la Vallée heureuse (Summer Stock, de C. Walters, 1950), Un Américain à Paris (An American in Paris, de V. Minnelli, 1951), Chantons sous la pluie (Singin’ in the Rain, de S. Donen, 1952), Brigadoon (de V. Minnelli, 1954), Beau fixe sur New York (It’s always Fair Weather, de S. Donen, 1955), les Girls (de G. Cukor, 1957), les Demoiselles de Rochefort (de J. Demy, 1966). Il réalisa seul plusieurs films, dont Invitation à la danse (Invitation to the Dance, 7954) et Hello Dolly (1969).


Vincente Minnelli,

metteur en scène de cinéma américain (Chicago 1913). Il débuta en réalisant Un petit coin aux cieux (Cabin in the Sky, 1943) et s’imposa comme le grand spécialiste (avec S. Donen) de la comédie musicale : le Chant du Missouri (Meet me in Saint Louis, 1944), Yolanda et le voleur (Yolanda and the Thief, 1945), Ziegfeld Follies (1946), le Pirate (The Pirate, 1948), un Américain à Paris (An American in Paris, 1951), Tous en scène (The Band Wagon, 1953), Brigadoon (1954). On lui doit également d’autres réalisations, comme la Vie passionnée de Van Gogh (Lust for Life, 1956), la Femme modèle (Designing Woman, 1957), Gigi (1958), Quinze Jours ailleurs (Two Weeks in Another Town, 1962), le Chevalier des sables (The Sandpiper, 1965), Melinda (On a Clear Day you can see forever, 1970).


Ginger Rogers,

actrice et danseuse américaine (Independence, Missouri, 1911). Danseuse et chanteuse, elle connut ses premiers succès dès l’âge de quatorze ans à Broadway, avant de se rendre célèbre en interprétant aux côtés de Fred Astaire une série de films musicaux (de 1934 à 1949). Elle fut en outre comédienne dans de nombreux autres films, dont Pension d’artistes (Stage Door, de G. La Cava, 1937), Vivacious Lady (de G. Stevens, 1938), Kitty Foyle (de S. Wood, 1940), Tom, Dick and Harry (de G. Kanin, 1941), les Contes de Manhattan (Tales of Manhattan de J. Duvivier, 1942), Chérie je me sens rajeunir (Monkey Business, de H. Hawks, 1952).

 J. Burton, The Blue Book of Hollywood Musicals (New York, 1952). / F. Astaire, Steps in Time (New York, 1959). / J. S. Springer, All Talking, All Singing, All Dancing (New York, 1966). / D. McVay, The Musical Film (Londres, 1967). / J. R. Taylor et A. Jackson, The Hollywood Musical (Londres, 1971). / T. Vallance, The American Musical (Londres, 1971).

comédien

Paul Valéry range le métier d’acteur parmi les « professions délirantes », sans doute pour marquer le paradoxe d’une activité qui s’efforce de restituer dans la trame de la vie quotidienne et par un travail physique la véracité d’une personnalité imaginaire, donc irréelle...


Mais, dans une large mesure, la fonction d’acteur déborde celle de théâtre : l’acteur — celui qui se tient sous le masque, l’« hypocrite » (hupokritês) dit la langue grecque — existe dans toutes les sociétés humaines. On pourrait même donner de toute vie collective une représentation qui ne serait pas éloignée de la pensée hégélienne suivant laquelle une chose ou une réalité n’existe que lorsqu’elle s’extériorise et se joue : les sociétés représentent leur vie, leurs conflits, leurs hésitations à travers des individus affrontés qui manifestent par des signes les fonctions qu’ils incarnent.

Ainsi, tout rôle de quelque importance (chef, médiateur, sorcier, arpenteur...) s’extériorise devant le groupe. La force de la vie commune tient sans doute à l’intensité avec laquelle sont mimés et joués à tous les niveaux (famille, tribu, groupe, nation) les principaux rôles correspondant à des fonctions définies par la division sociale du travail.

Ici, toutefois, une distinction s’impose : un personnage social est l’acteur de son activité réelle, et les signes qu’il suggère sont immédiatement investis dans l’expérience globale, dont ils éveillent les attentes diverses. L’acteur, lui, représente des figures qui ne sont pas immédiatement investies dans l’expérience, parce qu’elles n’en dérivent pas expressément. Ainsi, le chef joue sa chefferie, mais déjà l’homme qui prend le masque des dieux introduit un élément nouveau, étranger à la sphère de la réalité immédiate.